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31 juillet 2010 6 31 /07 /juillet /2010 09:34

 

 

  Un lit sanguinolant occupe la scène, il surgit de l'obscurité mieux qu'une peinture phosphorescente. Sur ce lit, on y attend la mort. Une nonne prie, un vieillard écarlate et décrépit comme un sentiment passé tend un verre de vin au mourant. Sur le devant de la scène, à la chevelure de traine en or, un personnage à genoux, inquiètant, immobile et mutique.

 

  La robe du vin rouge, ses parfums, ses jambes déposées sur les parois du verre, tout enivre l'homme alité, ses souvenirs sont exaltés. C'est Casanova, au seuil du trépas. Il parle. Mais c'est un monde! il parle en bulgare! C'est le théâtre! on aura tout vu, tout entendu. Un Giacomo Bulgare! pourquoi pas un Raspoutine Mexicain?! un Byron Croate?! Pour les âffres de l'agonie, il faut le reconnaître, la langue slave s'y prète bien, elle a ce qu'il faut de mortuaire. Mais on y comprend rien. On croirait qu'ils devisent en yogourt, mais non c'est bien du bulgare, et ça veut dire quelque chose! pour preuve les surtitres qui s'affichent peniblement au dessus du décor.

 

  Giacomo! Giacomo...! C'est à peu près tout ce qu'on percevra de la langue de Dante.

 

  Une Française pleure les voluptés que le séducteur lui refuse désormais. Elle reviendra tout au long de la pièce, comme un fil rouge de lamentation, ici geignant, là trainant une pierre qui devrait l'entrainer par le fond des eaux si elle s'y plongeait. Ce n'est que menace. Plus loin, la voici répétant qu'elle est sienne jusqu'après la fin à venir, un couteau à la main. Elle est électrisée d'un amour hystérique, désespéré. La Belle chouine en français! Ce serait donc la langue des amours suppliantes, bafouées. Méfions-nous des maîtresses françaises, voilà le message.

 

  L'épisode de la nonne séduite est des plus cocasses, burlesques. Rien n'est traduit, mais bien évidemment, on comprend tout ou presque des paroles sulfureuses du héros qui parvient à détourner la religieuse de son serment fait à Dieu. Puis vient Charlotte, jeune fleur qui s'évanouit dix fois dans une heure, comme un murmure dans la tempête. On rit beaucoup. La Russe hypocondriaque et nymphomane n'est pas mal non plus.

 

  Diana Dobreva a travaillé une mise en scène brillante, orchestrée, millimétrée, les tableaux s'enchaînent et s'articulent avec maestria, suivant un code couleur bien établi.

 

  Le personnage mystérieux et silencieux du début, c'est bien sûr l'Amour, le vrai, qui s'incarnera dans la vie de Casanova sous les traits de Maria de Liattio, mais son nom n'est jamais cité. Est-ce vraiment elle? en tous cas elle l'accompagnera jusqu'au bord de la vie. Le final est grandiose, enlevé, virtuose, à la limite du baroque, ses femmes, mues en harpies ténébreuses reviennent le hanter en dansant une gigue macabre sous les jupes du vieillard érubescent. Elles persécutent le beau et finissant Giacomo, elles le séparent, ou lui interdisent l'Amour Véritable qui reste bras croisés, tête baissée, toujours sur le devant de la scène. On ne peut pas tout avoir! seuls les enfants y prétendent avec quelque espoir.

 

  Alors il redevient enfant, et l'Amour le prend, ou est-ce la Mort? en tous cas le rideau tombe. On applaudit à se desquamer les digitales.

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Published by ignatius - dans Actualité
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