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1 avril 2011 5 01 /04 /avril /2011 13:59


                 Poésie hitlerienne, amours et camps de concentration


  Sa silhouette traumatique entre en scène comme un ver sort d'un fruit empoisonné. C'est Desdichado dans l'embrasure de la nuit qui se présente à nous, dans le bar, il est drapé de gazole marron. Plus schopenhauerien que le Maître lui-même, largué au front. Il semble revenir d'un tumulte inimaginable, ou avoir coulé là depuis les gouttières de la façade du pub. Il entre tout à fait, me voit, fait deux pas et s'encroûte là, à mon côté, face au comptoir. Avant que j'aie pu le saluer, il écarquille les deux boules noirâtres de ses orbites et décrète:

  "J'arrête la poésie!"

  (tiens, ça me fait penser aux toxs qui sont fiers d'annoncer pour la millionième fois: "j'arrête la came". Sauf qu'il est pas fier Desdichado, pas du tout.)

  "J'arrête la poésie, je me mets à l'économie à la fac et après je ré-ouvre les camps."

  Lui, il était en délicatesse avec une nana, c'était évident. Je savais laquelle en plus: une gamine de vingt ans avec des jolis yeux et pas de conversation du tout, un coup minable au pieux, j'en étais certain. Vraiment pas de quoi se mettre l'âme à l'envers.

  J'étais avec une copine de Desdi avec qui j'avais vaguement fricoté une fois. Elle devait me payer des verres, mais en fait c'était un vieux gitan Andalou qui nous allongeait les bières. Un groupe jouait dans le pub, le chanteur, très jeune, souffrait d'une calvitie naissante; comme il chantait plutôt bien je me focalisais sur la calotte de chair apparente au sommet de son crâne, ça m'évitait d'être trop jaloux.

  La fille prend Desdi dans ses bras pour le réconforter. Elle est au courant: jolis-yeux-mauvais- coup, c'est sa copine.

  Desdi me serre la main (d'habitude il me fait la bise, beurk), enfin non, il pose un chiffon entre mes doigts, ce chiffon, c'est sa main.

  "Ou alors je vais me jeter dans le Rhône. Ou je me pends à un lampadaire.

  "Je t'ai toujours dit que tu me faisais penser à Nerval..."

  D'accord, c'était pas très drôle, mais c'était vrai.

  Suite à ma blague un peu stupide je sais plus quoi dire. Alors je fais dans le très con:

  "T'es venu noyer ton chagrin?

  "Si tu me payes un verre, j'ai pas une thune."

  (Vraiment très très con.)

  Pris à mon propre piège je lui refile trois euros. Le gitan en rajoute un ou deux autres. Ca paye, le désespoir.

  "On s'est embrassé hier" qu'il me fait, tout piteux.

  "Ah. Et elle embrasse bien?

  "Non, très mal.

  "Je t'avais dit que c'était un super mauvais coup, ça se sent à dix mètres.

  "Ensuite elle me dit 'je vais te faire voir les étoiles', et puis elle a couru auprès de son mec, un Noir.

  "Bah, les étoiles qu'on peut voir, à part le soleil et une ou deux autres, elles sont toutes déjà crevées, tout le monde sait ça.

  "Je vais ré-ouvrir des camps de concentrations, mais pour nègres.

  "C'est un bon programme, t'auras des voix pour toi. Pas la mienne par contre.

  "C'est la pire humiliation que j'aie vécue ces dernières années."

  (Je serais curieux de connaître les autres, mais j'ose pas demander dans cet instant ô combien dramatique...)

  Bon, on est là, nous quatre, le gitan, la nana, Desdi et moi avec le malheur mazouté de Desdi qui s'étend comme l'ombre d'une cathédrale gothique. La nana le reprend dans ses bras. Si j'étais une fille avec des bras, je ferais pareil.

  "Mon pauvre ami, que je dis pour lui redonner du baume au coeur, le plus ironique c'est que dans quinze jours tu écriras sûrement un beau poème avec une garce et des étoiles moribondes. C'est un peu ça la poésie, avoir une bassine de merde à portée de la main pour y tremper sa plume et dessiner des fleurs malodorantes.

  "J'arrête la poésie je t'ai dit.

  "Ah oui, c'est vrai."

  Je change de méthode:

  "Ma grand-mère est en train de crever."

  je lui annonce ça en secret de la petite et de l'Andalou, déjà je suis pudique et en plus j'ai pas envie de leur péter le moral à eux.

  "Ah. Désolé." Et il lève les yeux au ciel sans étoile; normal, c'est le plafond du pub, noir et rouge, et donc plutôt pompier.
 
  Ce zoo pue la tristesse mortifère des charniers en cours de formation. On file se foutre dehors. Dehors c'est aussi con, mais au moins l'air circule sous les lampadaires de lumière poussive, lampadaires que Desdi zieute toujours comme un futur possible. La petite est absolument pétée, elle rigole pour rien, elle rigole pour tout. Pratique. Ca encourage Desdi à un peu de légèreté. L'Andalou ne nous a pas suivi, il a pas bougé de son chapeau gris et blanc, de sa moustache fine style code-barre, de son Duende à lui, de ses bretelles, de son comptoir et de son ballon de rouge.

  Mamamia que nous sommes malheureux sur cette croûte bétonnée et insensible! Sauf la petite qui est pétée (qui cache peut-être son malheur, allez savoir), sauf moi qui ne l'avouerai jamais. Bref, Desdi est malheureux, mais il l'est pour trois, c'est ça ETRE un poète. Merci Christo-Desdi (Christo c'est son vrai nom. Très forts les parents pour ça).

  Et puis! ô diabolique miracle! El Desdichado voit passer sa seule étoile morte au coin de la rue. Elle le mate subrepticement. Sûr qu'elle le fait exprès, la pute. Et lui, il court. Normal.

  Bon. La petite et moi on s'intensifie. C'est le moment. En plus y'a personne et il est même pas tard, pas encore vingt-deux heures. Les rats quittent le navire. Elle habite juste à côté. Bien foutu ça. J'achète une bouteille de 1664 pour la forme, style je la suis pas que pour "ça". Une fois chez elle on fait ça vite. Elle veut que je reste, je reste pas: Desdi est un bon prétexte -je vais pas abandonner un pote quand même! on est pas des bêtes! ah si? ah bon. Je trace. Je me serai même pas absenté deux heures.

  Banco. Desdi est là, à table avec sa méchante greluche. Il a les pieds dans le magma gelé du centre de la terre et la tête qui dépasse à peine du permafrost. Ses sourcils s'enfoncent dans sa bouche et ses épaules se sont déplacées au niveau des hanches. Alors petite garce! tu jouis de le voir comme ça? d'observer les effets de ton pouvoir sur une toute petite race d'hommes? oui? je te comprends. Petite garce, va. Je vais me prendre une bière, parce qu'une bière c'est grand et pas cher. Quand je ressors le micro succube sadique s'est barré. Reste plus que Desdi à sa table comme l'anachorète en haut de sa colonne. Il lit Libé pour pas devenir dingue. Je suis pas certain que cette méthode soit agréée par le syndicat des dépressifs mais je fais pas de commentaire, je reprends place avec lui.

  "C'est une vraie pute" qu'il lâche comme ça, comme un pet qu'on peut plus retenir et qui sort en douce.

  "Hum...

  "Qu'est-ce que vous avez foutu, je vous ai cherché...

  "J'ai raccompagné la petite.

  "c'était bien?

  "Efficace, elle est chez elle maintenant, et bourrée comme elle l'est, elle doit déjà dormir.

  "Pendant que t'étais pas là j'ai vu Esthera et deux ou trois mecs du RADAR, elle m'a dit qu'elle revenait.

  "Ok".

  Je partage ma bière avec lui, parce que bien sûr il est pas plus riche que deux heures plus tôt. Si, il est un peu plus riche de haine, mais ça s'échange pas contre de l'alcool, pas dans ce bar-ci.

  Il me raconte comment et à quel point sa pute est une petite pute perverse. J'en conviens sobrement. Faut pas jeter de l'huile sur le feu. Ah, les crocodiles et leurs amours suburbaines! On est tous rampants dans les égouts! Hein, Desdi?! Sauf que c'est pas des larmes de crocodiles qui lui coulent sur la gueule, d'ailleurs il pleure pas, il est tout sec, tout déshydraté. Plutôt  un sac en croco que l'animal avec la queue qui battrait le pavé.

  V'là Vince, le casse-couille de l'autre fois avec sa drague à deux balles et son armure de Léo Ferré.

  "Je m'assois hein, ça vous gêne pas.?."

  (Je m'assieds, crétin)

  "Ben non, assieds-toi donc".

  Desdi lève des yeux de six pieds de long, ça met une heure, et les replonge au sol, encore une heure.

  Et puis oui, arrive Esthera, au milieu de RADARIENS errants. Y a Vlad le grand qui pue et qui fait des blagues, Sun-Tzu avec ses bras immenses et un pro du billard. Tiens, vlad pue pas aujourd'hui. Etrange. Tout le monde brasse, jacte, rigole, c'est fatiguant. J'apprends que le RADAR est en vente.

  (NOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOONNNNNNNNNNNNNNNNN!!!!!)

  Les RADARIENS restent debout, Esthera prend une chaise. Ils ont un grand  projet les RADARIENS: se peindre les poils de la bite chacun d'une couleur arc-en-ciel, genre pub Benetton. Magnifique. Ils bougent, ils vont à l'intérieur du pub, ils reviennent, ça arrête pas. Je vois bien que ça tue Desdichado, qu'aux oeillades qu'il fait, il ouvrirait bien son futur camp de concentration à ses amis aussi, pas de raison qu'il y ait que les Noirs qui en profitent. Il va devenir sage Desdichado, à la longue.

  Vince, il faut le buter, on le fera un de ces quatre. Il veut faire la leçon à tout le monde, sur toutes choses. Y aurait un lièvre variable avec nous qu'il lui recommanderait une teinte de fourrure pour l'hiver alors qu'on arrive au printemps.

  La nature est bien faite. La providence gentille. A quelques pas (quelques pas pour nous, une demi-heure de zig-zag pour lui) je vois Paul Fort, le vieux poète cramé qui godille jusqu'à nous, de façon très hasardeuse: le plus court chemin d'un point à un autre, il connait pas. Ca va faire du bien à Desdi de se confronter à lui, il va se sentir fort et heureux, en comparaison. Paul Fort a presque la corde à la main. En fait, c'est "Une saison en enfer" qu'il tient à la main, mais dans son cas, ça ressemble trait pour trait à une corde avec tous les tours et le noeud coulant, comme dans les Westerns. Il dodeline péniblement en cherchant une chaise. Pus de chaise. Il fait la danse de la liane dans le vent, au bord de notre petite assemblée.

  Paul Fort aussi il est amoureux, il le dit pas, mais tout le monde le sait. D'une gamine qu'a trente ans de moins que lui et qui n'en a rien à foutre ni de sa culture, ni de sa vieille tronche de poivrot, ni de sa veste beige de maquereau des années soixante-dix. La saison en enfer, il est en plein dedans. Ironie. Il reste là, mi debout mi mort, un oeil ouvert, un oeil mi-clos. Il est sujet à des pulsions. D'un coup il se tire. D'un coup il réapparait. Il est un peu magicien, Paul Fort. Et tout à fait imprévisible. Il revient avec une chaise, il tombe dedans, on se dit que là cette fois c'est bon, qu'il va rester en place, et puis trois minutes après, SHLOUF, il s'éjecte comme un cotillon et puis, POUF, le revoilou.

  Desdi crache encore son aigreur au travers de quelques saillies vaguement surréalistes, parfois drôles, que tout le monde ne comprend pas. Vince surtout, il comprend que d'chie. C'est au tour de Desdi de s'échapper. Vince se tourne vers moi, d'un genre gestapiste:

  "Il fait quoi ce mec?

  "Christo? C'est un poète.

  "Un poète?! mais... un vrai poète?

  "Ben il écrit de la poésie quoi. A mon sens ça suffit pour en faire un poète, après si tu me demandes si c'est un bon poète, si il deviendra immortel, là je me prononce pas.

  "Non mais je veux dire, y'en a qui font de la merde et qui appellent ça de la poésie, tu vois, quoi?

  "Bof... Disons alors que c'est plutôt un 'bon' poète.

  "Ah..."

  Retour de Desdi. C'est bien réglé ces allées et venues, on se croirait au théâtre.

  Vince a encore envie de dézinguer quelqu'un:

  "Il parait que t'es poète? quel genre?

  "Ouais. En ce moment je fais des poèmes de haine".

  Paul Fort en était à avoir la tête totalement parallèle avec la table. Son malheur amoureux statufié par l'alcool lui faisait défier les lois immuables de l'apesanteur. Impossible de savoir si il dormait ou pas.

  Vince est content, il a trouvé LA faille:

  "De haine? ah ben d'accord, moi aussi je peux être poète alors!

  "Mais tout le monde est un peu poète". Ca c'est Esthera qui en casque bleu des discussions d'ivrogne essaie de prévenir le conflit. Raté.

  Paul Fort surgit de sa rêverie comme un diable à ressort comprimé dans sa boîte de Pandore qu'une imprudente vient d'ouvrir.

  "TOUT LE MONDE EST POETE! BEN VOYONS! HITLER AUSSI ETAIT POETE ALORS!"

  Esthera évalue mal le danger:

  "Peut-être qu'il écrivait des petits poèmes, Hitler, on sait pas...

  "HITLER POETE!!!!!! ON AURA TOUT ENTENDU!!! HITLER POETE!!! BEN MERDE, ALORS HITLER, MUSSOLINI, MILOSEVIC, PINOCHET, CEAUCESCU ET STALINE, TOUS DE GRANDS POETES, AUSSI BONS QUE RIMBAUD! PUTAIN, C'EST L'HORREUR!!!"

  (Je crois bien que Staline écrivait des poésies, mais je suis pas sûr de mon coup, alors je la ferme sur ce point.)

  Vince est heureux, c'est le bordel, il nous improvise deux vers comme ça, deux vers hitleriens, qu'il ressortira au moins trois fois:

  "Ah ouais, je connais un poème d'Hitler moi, ça fait ça:
   Vos races sont dégénérées,
   il faut les brûler".

  Il est très fier de son éloquence, il nous le montre en crachotant un petit rire satisfait.

  "HITLER POETE!!! BEN MERDE!!!

  "Mais j'ai pas dit ça, j'ai dit que 'peut-être il en avait écrit'...

  "Ah ouais trop bons les poèmes d'Hitler: vos races sont dégénérées, il faut les brûler! hin hin hin hin hin!"

  "SI!! TU AS DIT QU'HITLER ETAIT UN POETE!! NON MAIS VOUS ENTENDEZ CA???"

  Et il lève les bras au ciel d'un geste puissant pour prendre à témoin les anges, les dieux, les morts, tous les grands poètes du monde ainsi que tous les gens de la place, qui commencent à reluquer franchement vers notre table.

  Desdi intervient, avec une tenue de pompier:

  "Non, mais elle a jamais dit ça, t'es lourd là, tu saisis aucune nuance ce soir..."

  "QUELLES NUANCES??? TU L'AS PAS ECOUTEE! HITLER UN GRAND POETE! NOM DE DIEU!!!"

  "Hin hin hin: vos races sont dégénérées..."

  Comme je l'ai pas ouverte depuis un moment, je sais que ma voix portera:

  "Bon écoute, vous vous êtes pas compris du tout, elle a pas dit ce que tu crois, alors stop".

  Gagné. Paul Fort me scrute (difficilement derrière sa barrière éthylique), enregistre le message, puis il s'éteint. Ouf.

  Vince se taille en ricanant, puis il est remplacé par Vlad. Les serveurs commencent à ranger la terrasse. Vlad a du rhum chez lui et un peu de bière. Très bonne idée. On abandonne Paul Fort à son "bien triste, bien triste sort".

  On en revient au plus important. Le désordre amoureux de Desdichado. Rhums, bières et putes. Pour se marrer on se met "Chagrin d'amour" des Inconnus.

  C'est plus calme, plus feutré, plus intello aussi. Même Vlad a des choses à dire, et surtout il a du rhum.

  Je lance l'idée d'un sonnet cadavérique, sur le principe des cadavres exquis. Comme on est quatre, ça fait trois vers chacun, plus deux à se partager, ça peut quand même être sympa. L'idée plait, mais le côté métrique ça fait flipper Esthera et Vlad, du coup on fait ça sans métrique, en vers libres. Ca prend presque une heure et le résultat ne vaut rien.

  J'ai tellement siroté de rhum agricole que je suis même plus maître à bord. Il est trois heures. Esthera préfère me raccompagner.

  Dans mon lit, y'a du roulis, beaucoup, je peux pas fermer les yeux. Esthera (qu'elle est gentille!) me dégote une petite loupiote, comme celles qu'on met aux gosses pour qu'ils se laissent pas manger par les monstres de la nuit. Elle est gentille Esthera.

  "Notre race est dégénérée, il faut la brûler..."

 

 

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Published by ignatius - dans Nouvelles
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commentaires

Nounedeb 03/04/2011 17:04


Salut! Normalement, je ne lis que des poèmes. Et encore, pas trop longs. Il faut bien vivre. Mais chez toi, je lis tes horreurs jusqu'au bout, parce que quand même, l'écriture! Et puis je n'ai pas
envie d'en rater une, style moustache en code barre ou magma gelé et permafrost.
Signé Ignaria, la vieille qui maintenant se croit géniale (il ne faut jamais dire des trucs comme ça).


ignatius 04/04/2011 11:14



Ben voilà, moi aussi je suis flatté maintenant. Je crois que c'est le travail d'une vie d'aimer le monde avec ses horreurs... Quitte à en prendre plein les dents.


Sourire priodonte


merci de tes gentilles paroles,


Ignatius



el duende 03/04/2011 09:14


Saches que je ne me souviens pas de quoi parle "mort à crédit", car je l'ai lu il y a bien longtemps mais à la lecture de ton texte, dans mon cerveau s'est affiché, "mort à crédit"...
Quand aux cacographes, mot inventé par un critique littéraire amer, donc à la dent dure, ce sont les écrivants nuls ...:-))


ignatius 03/04/2011 15:26



Ah oui, suis-je bête. Hi hi. J'aurais pu me douter pour "cacographe" que ce ne sont pas ceux qui font des fautes. Comme quoi à 2h du mat, avec quelques gr d'alcool qui flottent dans le sang, on
est pas toujours hyper subtil... Hum...


"Mort à Crédit" raconte l'enfance de Céline, il est à part dans l'oeuvre de cet écrivain (probablement le plus révolutionnaire du XXè siècle) parce que c'est dans celui-ci que son style épique et
argotique se met véritblement en place. Même si le chef d'oeuvre reste pour beaucoup de gens le "Voyage au bout de la nuit", ce dernier n'est que l'ébauche, le germe du style célinien. En fait,
les fameux "trois points" sont apparus dans "Mort à crédit".


 


ps: par contre je ne vois pas pourquoi je donne cette impression d'ostraciser les "cacographes" (d'ailleurs "ostraciser" impliquerait que je les craignisse... tiens, à développer). Etant moi-même
une sorte de cacographe en mouvement, je leur voue une grande tendresse...



el duende 03/04/2011 00:10


Tu as créé tout un petit monde digne d'intérêt. Ca se lit très bien. C'est intelligemment mené. Les dialogues sont justes. On y croit, on ne s'ennuie pas une minute... ça me fait penser à ..." mort
à crédit" !
Donc je te pardonne ton ostracisme au sujet des "cacographes" :-)) :-)) :-))


ignatius 03/04/2011 01:38



Pouahouuu. "Mort à crédit" c'est le premier Céline que j'ai lu, à 17 ans. Je me souviens qu'ensuite pendant deux ans je ne pouvais écrire autrement qu'en imitant piteusement son style. J'avais
été bouleversé par sa verve, par le côté effroyablement vivant de son écriture. C'est un compliment qui me touche tellement que j'ai même du mal à l'intégrer.


Quant aux "cacographes"... bon je fais des fautes moi aussi (je viens d'en relever une d'ailleurs). Je publie souvent très vite après avoir écrit, et j'aime pas me relire dans la foulée (en plus
le texte est encore trop vivant dans ma tête, je ne vois même pas les mots, je les repense, du coup je me corrige très mal). Mais c'est vrai que j'ai ce côté pédant parfois un peu déplacé...


Beau dimanche à toi chère El duende... à bientôt.



lizagrèce 02/04/2011 14:35


L'acool et l'amour c'est visiblement un cocktail très nuisible !


ignatius 02/04/2011 15:37



Mes sujets d'étude de prédilection... sourire



lizagrèce 01/04/2011 17:14


Un pote qui me dirait :
-" Je vais réouvrir les camps de concentration pour les nègres" ...
Direct, il se prend mes 5 doigts sur la tronche et en plus c'est plus mon pote. L'alcool n'excuse pas tout ...
Au fait, en vrai, il s'appelle pas
John Galliano ton pote ?


ignatius 02/04/2011 09:52



Mais c'est pas l'alcool, c'est l'amour qui rend méchant.



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