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2 janvier 2012 1 02 /01 /janvier /2012 14:47

 

 

  Béton imbibé de solitude
nous voyons les toits trempés filer lentement
dans l'entre-deux mondes opaque
l'opale a terni et lape les rues
il n'y a plus d'existence
pas un fantôme ne glisse ici-bas
quelques cristaux se disloquent
et crépitent au fond du silence

  Ecoute, écoute ce vide étouffé
c'est là qu'il faut tendre les mains
retrouver les formes perdues
et danser dans l'ambre qui vient
nous voilà presque nus, isolés par les ombres
où quelque chose remue
fiché dans un verrou
nous voici presque fous parmi tous nos décombres

  La ville éponge nos dettes
tout ce qu'on doit au ciel
nous sommes à la fenêtre
où s'écoulent des lueurs fanées
un souffle léger va et vient
comme un balancement dans le fracas du temps
nous nous serrons l'un contre l'autre
en face, un mur muet entend tous nos murmures.

 

 

 

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2 janvier 2012 1 02 /01 /janvier /2012 14:45

 

 

  C'est pas fini tout ça
l'espoir d'un bel enfer
rassemble tes riens
en un grand bouquet d'acier
c'est pas fini, tu sais
quand il flambe, le ciel
des odieux réveils
tu peux encore chanter
c'est pas fini demain
ton sang va son chemin
dans les veines de la ville
sous la lune, il scintille
c'est pas fini, et garde
tes doigts sur l'horizon
de l'infini à caresser
des illusions en chantier

  Là-bas, vois, c'est ton âme
comme un fantôme ardent
sur les toits tordus et luisants
elle chasse, mais quoi, ton âme?

un reste de magie
des fossiles enfouis
une vaste rupture
se dissoudre enfin dans l'azur

elle chasse, elle sait,
ton âme
où aller lécher
la liqueur des étoiles

elle sait comment
s'offrir en naufrage
dans les mers incendiaires
où trouver les héritages...

 

 

 

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29 décembre 2011 4 29 /12 /décembre /2011 15:40

 

 

  Je l'ai vue, parfois
minuscule, ici ou là
au coeur d'une erreur, un tic, un lapsus
Vibrante dans une carcasse de voiture rouillée
Dans un slogan à demi effacé d'un sac plastique revenu avec la septième vague
Exprimée par la rigole de pisse issue de l'entre cuisse avachi
d'une vieille clocharde, son ru d'urine parcourant toute la largeur du
trottoir et scintillant dans l'or des lampadaires du soir
Dans la mort, mains croisées sur la potrine en un médaillon gothique
Je l'ai vue dans la musique
et la puanteur trempée d'images
Je l'ai vue bras ballants à la terrasse d'un café, le nez dans l'alcool
Dans le couloir, troisième étage, porte de gauche
sous forme d'hallucination, cavalant et pourchassant les internés

  dans les larmes et la destruction progressive
dans l'aliénation de nous-mêmes
dans l'idée de la falaise
nimbée d'un crépuscule violet

  J'ai vu son manque ou son absence
dans des orbites creusées jusqu'au tréfond de l'être
et qui bavaient sur le monde un regard décharné

  et
que j'angoisse au réveil de la savoir enfuie loin de moi
que je la saisisse un instant entre mes mains moites
ou même en la contemplant, ravi, les iris en feu
le coeur enflé comme un soleil sur le point de s'effondrer

  je me demanderai à jamais ce qu'est AU FOND
la poésie
et si elle existe VRAIMENT.

  II

  Et tu l'as injuriée?
oui, moi aussi, souvent
et j'ai déclaré l'amour impossible,
et j'ai enculé l'amour contre un portique grinçant
et sali jusqu'à la moëlle, aux confins de mon dégoût pour le non-être
je me suis demandé si mes larmes étaient obscènes
rendu à genoux au bout de ma voie sans issue
je l'ai encore injuriée
entre les interstices des planches vermoulues de la nuit
quelque chose: lumière ténue et senteur de forêt
éclipse
en relevant la tête sur une ombre
je me suis vu debout, face à moi, à genoux
l'autre moi a ri, il a bien ri avant de prendre une dizaine de filles
tout en improvisant des poèmes atroces
ces coïts urbains me flanquèrent la nausée
et le désir me brûla comme un prurit à s'arracher les chairs

  Belles créatures, tableaux de maîtres, mélodies enivrantes
cristal et saveur, pleurs champagne de l'âme atterrée
je vous vis passer, inerte, cloué au sol, sans force
et sans injures à votre impériale démesure...

 

 

 

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27 décembre 2011 2 27 /12 /décembre /2011 14:13

 

 

  On aimait la nuit
pour voir crever la ville
procession de lumières
et vents qui rugissent
quatre-cent fois à faire le tour
des nocturnes fêlures
sous les remparts orange
qui ne cachent pas nos écarts
on aimait la nuit
pour ses anges pourris
perdus, stériles
souviens-toi qu'on pouvait gueuler
des inepties poétiques
sous les orages violets
des percussions
sans souci d'altérité
on avait pas d'espoir
pas de lignes au loin
jamais peur le soir
des fausses notes
on aimait la nuit
pour ne plus se cacher
on aimait le soir
et ses yeux de suie
on aimait la nuit
aux champs de bitume
son velours noir
étalé sous la brume

 

 

 

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27 décembre 2011 2 27 /12 /décembre /2011 13:45

 

 

  La réalité est là-dedans
comprise dans une diagonale variable
la réalité, ainsi, est abordable

  au-dehors, des gens
prétendent à la vie
dans un espace plus profond
leurs problèmes sont incompréhensibles
et leurs réactions... pas toujours logiques

  la plupart d'entre nous naviguent contre leur gré
entre ces deux manifestations du réel

  nous ne sommes maîtres d'aucune des deux
nous n'appartenons à aucune des deux

  tandis que ces deux mondes-miroirs s'hypnotisent
le soleil tourne autour de la terre

 

 

 

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24 décembre 2011 6 24 /12 /décembre /2011 12:11

 

 

  J'ai voulu un iPhone

une télé incroyablement plate

et une femme aux seins remarquables

puis un matin, j'ai préféré me branler

essuyer mon gland dans mes draps.

Etrangement, seul et vidé

je me suis senti bien

les couilles légères

je me suis pris à imaginer

tous les anges et les saints

transformés en couleurs

et versés en cascade dans mon regard libéré

quelques secondes absurdes

plénitude, extase inexplicable

puis

mon iPhone a sonné

c'était ma femme aux seins remarquables qui voulait me rappeler

d'acheter une nouvelle télé

encore plus incroyablement plate.

 

 

 

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24 décembre 2011 6 24 /12 /décembre /2011 12:06

 

 

  J'aimerais vous donner l'impression de ne pas faire de poésie

vous éclairer sans lumière visible

insidieusement d'un éclat immanent

que ça vous explose à la gueule

sans vous décoiffer

musique issue d'un instrument caché

ne jamais dire "je t'aime"

être brume sèche

maladie virale anodine

la clarté qu'on devine

gaz électrique

dans l'instant

gratouiller l'arborescence

plantée sous vos peaux

parler comme tout le monde

parler à tout le monde

avec vos mots...

 

 

 

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21 décembre 2011 3 21 /12 /décembre /2011 12:11

 

 

  Ménage ta rage
c'est qu'on est foutus, cramés
boursouflés, tendus
merveilleux, rose et violés
ce rêve ressemble à tant d'autres
quand nos paupières se lèvent
et que rien ne tient le choc
va donc voir ailleurs, si tu l'oses

  Ménage ta rage, ménage ta rage
ménage ta rage, ménage ta rage
laisse-la comme dans le Livre
croître et multiplier

  On espère plus rien de c'qu'on a jamais eu
ni les balades en voiliers
ni le repos et la santé
au royaume des illusions, soyons borgnes et bien contents!
chargés de force et d'ambition
va jusqu'au bord de l'horreur
et ramènes-en qui exhale l'odeur
écarlate des passions

  Ménage ta rage, ménage ta rage
ménage ta rage, ménage ta rage
pour voyager au loin
du béton redevenu sauvage

  Ménage ta rage
et va enflammer Roma
mais surtout n'obéis pas
aux destructeurs de Carthage
les civilisations ont perdu
le droit de parler d'humanité
les civilisations sont perdues
nous les avons vues sombrer

 

 

 

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21 décembre 2011 3 21 /12 /décembre /2011 12:03

 

 

  Admettons que je sois poète
admettons que nous sommes bons
que nos enfants feront la fête
sans bouffer trop de cachetons

  Admettons que notre âme existe
admettons les anges et le ciel
que le vin est le sang du Christ
que nous aime un père éternel

  Admettons la paix en Europe
admettons aussi le football!
et de tout voir au microscope
d'un petit esprit trop banal

  ça ne changerait pas grand chose
que nous admettions tout cela
ça ne changerait pas grand chose
que nous ne l'admettions pas

 

 

 

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19 décembre 2011 1 19 /12 /décembre /2011 13:02

 

 

  Je ne sais plus, tu sais, qui je suis
mon être s'étale dans l'air
passé présent à venir
je suis né dans une rue oubliée depuis
parmi des carcasses broyées
de vieilles guenilles de poète
des professeurs désespérés
par les sourires analphabètes

  Je ne sais plus, tu sais, qui je suis
le merveilleux brûle ma chair
d'ici, de là et d'ailleurs
je crains que tu crames aussi
dans mes couloirs sempiternels
où parfois j'ose dire je t'aime
quand je crois voir un bout du ciel
où je te nomme mon théorème

  Je ne sais plus, tu sais, qui nous sommes
abreuvés de beautés acides
quand nous marchons dans les musées
d'Avignon, d'Athènes ou de Rome

  Je ne sais plus, tu sais, qui nous sommes
pourtant la vie est là qui ronfle
entre les dents d'un lendemain
tout baveux de succès informes

  Je ne sais plus, tu sais, qui je suis
quand le soleil rampe à nos pieds
et que ton regard s'alvéole
d'autant de cristaux que la nuit
je ne sais plus, tu sais, qui nous sommes
je ne sais plus, tu sais, qui je suis
ce sont peut-être les symptômes
de la plus belle des agonies.

 

 

 

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