Overblog Suivre ce blog
Administration Créer mon blog
29 décembre 2012 6 29 /12 /décembre /2012 13:22

 

 

  comme qui dirait qu'il n'y a pas grand-chose
ce matin
de drôles de roses sont écloses
ailleurs c'est sûr
une plage se perd dans le brouillard
l'océan fabrique de jolis tessons
je ne peux pas sortir pour voir ça
comme un ordinateur mon ventre
fait des additions
gargouillis arithmétiques
quand je comprends, je meurs
et c'est enfin la nuit
repose-toi, oublie
les herses et la chair
repose-toi, oublie
là-bas, sur l'autre rive

  quand le vrai silence viendra il
sera trop tard

  (dernière pensée)

  et au matin comme qui dirait
pas grand-chose

 

 

Repost 0
Published by ignatius
commenter cet article
22 décembre 2012 6 22 /12 /décembre /2012 12:21

 

 

  Je suis face à la cheminée

là j'ai peur

peur parce que tout va bien

je viens de comprendre deux-trois trucs

que j'ai compris depuis longtemps

cette force va et vient

et laisse des cendres sur son passage

il faut alors marcher sur les braises

 

  je tremble comme un viel alcoolo

et j'ai peur

 

  je remets du bois dans la cheminée.

 

 


Repost 0
Published by ignatius
commenter cet article
22 décembre 2012 6 22 /12 /décembre /2012 12:18

 

 

  J'aimerai un truc

café chaud, verre de vin

couverture

observer un oiseau mort

une baguette pour ordonner

la symphonie chaotique

des machines dans la maison

que mes cheveux tiennent en place

(non, ça je m'en fiche)

un nuage en forme de croix gammée

un bon cigare

j'aimerai un truc, mais quoi ?

je vais seulement attendre

peut-être que cette molécule

la "venlafaxine"

est aussi merveilleuse

que ce qu'on m'a dit.

 

 


Repost 0
Published by ignatius
commenter cet article
17 décembre 2012 1 17 /12 /décembre /2012 14:11

 

 


Tandis qu'une nuit
                         orange
doucement incendie
les formes accrues
                          étranges
la peau des bâtiments

  je me tais enfin
ne pense plus
la destruction programmée de chacune de mes pulsions
s'enraye devant

la consciencieuse fantasmagorie
qui s'empare du ciel
et s'écoule aussi dans les rues ;
l'air s'habille de lambeaux vermoulus

le silence se recueille
s'étale comme un chant
entre les particules noires
et le voile vert des lumières urbaines

J'en prends plein la gueule et je me tais
fenêtre ouverte
dix minutes que j'ai fini de chier
je suis là, cul nu, à contempler.

 

 

 

Repost 0
Published by ignatius
commenter cet article
11 décembre 2012 2 11 /12 /décembre /2012 09:34

 

 

c'est vain, c'est vain
nous ne savions dire que ça
et s'enivrer avec
c'est vain d'aimer, mon amour
de se planter là
après s'être tant perdus
la ville est vaine et vilaine
au loin des îles vont et viennent
et si le ciel verveine
au soir des lubies
nous offre des lueurs articielles
le coeur bleu
pâle, piteux
s'emballe pour trois fois rien
on va hurler comme des gamins
sous la peinture céleste
magnétique
tout comme la mer
enfle et se fait chasser
on retrouve des trucs au matin
qu'on contemple en disant
c'est vain, c'est vain.

 

 

 

Repost 0
Published by ignatius
commenter cet article
9 décembre 2012 7 09 /12 /décembre /2012 11:59

 

 

  Rome à la fenêtre
de la chambre d'hôtel
une cour intérieure
où tombent les mégots.

  Il pleut aujourd'hui
notre chambre est minable
tout à portée de main
sèche-cheveux, en panne.

  L'écran de télé
tout en haut dans le coin
héberge des scorpions

  Filmés en gros plan
pendant que nous baisons
dans la ville éternelle.

 

 

 

Repost 0
Published by ignatius
commenter cet article
9 décembre 2012 7 09 /12 /décembre /2012 11:56

 

 

  C'était sûrement
après le Colisée
le forum impérial
aux vendeurs de cochons

  Fascinants cochons
qui s'écrasent et s'étalent
en une large flaque
puis se reconstituent 

  Piazza Navona
entre les deux fontaines
au moins cinq cents personnes

  Un coq en plastique
vole sous les vivats,
un vieux fait du hip-hop.

 

 

 

Repost 0
Published by ignatius
commenter cet article
5 décembre 2012 3 05 /12 /décembre /2012 19:35

 

j'ai crevé des abcès inutiles
pendant que le vent soufflait
j'ai voulu du sang
étoilé sous la chair
pendant que les ombres mangeaient
tout ça pour me prouver que je suis un homme
la preuve est faite
et ça n'avance à rien
le vent souffle encore et
les ombres se renouvellent
la nuit couve le jour
et mes prochains abcès.

 

 

 

Repost 0
Published by ignatius
commenter cet article
5 décembre 2012 3 05 /12 /décembre /2012 13:18

 

 

  Tout est calme aujourd'hui
je maudis la parole
quelque écho frappe encore
je suis couvert de trous

  tout est calme aujourd'hui
mes doigts vont jusqu'à terre
en sursis dans les ombres
j'appartiens au silence

  tout est calme et j'entends
une rage étouffée
l'entrechoc des cellules

  nous allons nous croiser
puis nous emporterons
nos cris tus dans nos ventres.

 

 

 

Repost 0
Published by ignatius
commenter cet article
1 décembre 2012 6 01 /12 /décembre /2012 13:54

 

 

      Mon pote, mon frère, je suis désolé, je ne tiendrai pas ma promesse. Je suis faible, juste trop faible. J'ai essayé d'aimer ce monde, de comprendre, d'en tirer quelque chose. Tu le sais. Tu m'as vu besogner, m'entraîner, tenter de bâtir, suer, cracher, me battre, exalter, monter les chemins, les descendre... Ne m'en veux pas. Rappelle-toi que tout est parti de ce rocher.

 

      Il n'y avait qu'un arbre en haut de ce rocher. D'ailleurs il n'était même pas tout en haut ce petit arbre, ce pin malingre et tordu, mais sa pointe désétoilée grelottait dans le ciel. En bas, l'écume roulait, tourbillonnait, moussait comme un champagne trop remuant.

 

      Et là, au bord de la mer, face à son apparente infinité, j'ai commencé à comprendre deux ou trois petites choses. Pardonne-moi. Il faut que je sois franc. Je trouve la poésie dégueulasse, voilà c'est dit. Je ne peux plus. Quelqu'un m'a affirmé récemment que la poésie était à inventer. Un voisin en bas, là, au présent, annonce à la cantonade qu'il doit déboucher ses chiottes. La lumière sans couleur du soleil vient pervertir mon œil qui retient sa larme. Si tu savais... je ne peux le dire qu'à toi, je pleure tous les jours. Retournons sur le rocher.

 

      Et je n'y suis jamais allé sur ce rocher ! Toi, si. J'en porte la culpabilité, et je l'emporterai.

 

      Élégance. Les mots ne s'accrochent plus les uns aux autres.

 

      L'Émoi c'est tout dans la vie !

      Faut savoir en profiter !

      L'Émoi c'est tout dans la vie !

      Quand on est mort c'est fini !

 

      Je préfère laisser parler Céline, même si j'ai quelques doutes. Sur le dernier vers. Je ne suis pas bien sûr que ça soit fini quand on est mort. Toi seul comprends mon charabia.

 

      Retournons sur le rocher. Enfin, disons que moi j'y monte pour la première fois. Et tu es là-haut. Je sais que tu interroges tout ce qui se meut. Aujourd'hui je déteste ma bouche car elle a trop parlé. Tu vois tous ces poètes noyés ? Pardon, mais je connais le goût âcre, obscène, fielleux, de la victoire, quand les tripes se déploient et se mêlent aux fibres de l'horizon. Je me sens plus sale qu'après cent branlettes, plus vide aussi. Ma place n'est pas en haut du rocher. S'il te plaît,

 

      Redescends.

 

      Là, sur la grève, au bord de l'eau. Les clapotis couvriront les gesticulations bruyantes de mon ventre. Pour ma pudeur, redescends. Préserve mon élégance. Taisons-nous. Dans cette parenthèse, je veux entendre se coucher l'immensité sur le duvet noir de la mer, ici :

      (                                                                                                                                                       )

                         

      Comment veux-tu parler après ça ? Comment veux-tu vomir notre poésie ? Comment veux-tu vivre après ça ?

 

      Ah, oui... c'est vrai.

 

      Restons dans le même pays, mais remontons le temps. Tout nous est permis. Je crois que j'ai sept ans, quelque chose comme ça. Nous sommes seuls, tout le monde est parti. Oui, allons à la plage, perpétuels allers-retours. Et comme je suis très con, que je m'handicape, je marcherai pieds nus, avec mes petits pieds de gosse, ma chair encore fragile, neuve, si vulnérable. Et j'aurai mal aux pieds de te suivre, je m'écorcherai, je me planterai des tout petits cailloux pointus, mais je serrerai les dents, je ferai comme si c'était rien, comme si j'étais courageux, comme si j'étais bien plus fort qu'en réalité. Nous descendons la colline, la vallée, nous traversons la nature exténuée, pâle et sèche et sûrement que je ne dis pas grand-chose, que je guette chacune de tes paroles. L'aveugle et le boiteux. Cette putain de route est si longue ! J'y aurai passé ma vie.

 

      C'est peut-être sur cette route que le serpent de la poésie m'a mordu au talon. Comment faire la part des choses ?

 

      Aujourd'hui, je les laisse filer, les choses. Je ne suis bon qu'à caresser les chats, pour le reste, c'est trop dur.

 

      Ta position : là-haut sur le rocher à interroger tout ce qui se meut. Finalement, j'envie les contemplatifs, ils supportent tant ! Chez moi le poison hurle. Nous ne serons compris que par le silence, n'est-ce pas ? Alors je le dis haut et clair : la poésie est dégueulasse. Je ne veux plus la combattre avec ses propres armes. Mon poison ne fait qu'un tour, j'en ai des frissons.

 

      Qu'as-tu ressenti, exactement, là-haut, sur le rocher ? As-tu pleuré ? Quel murmure est venu envelopper tes pensées ? As-tu vu les Rois et les Chiens se faire des mamours ? Maintenant je me sens prêt à y monter, à te rejoindre. À me taire. Me taire sur le rocher. Je me sens prêt à comprendre le silence, à être compris par lui.

 

      Précieuse solitude. La nuit, mystérieuse, irréelle avec la conscience des autres enfin supportable. Là, nous sommes nombreux. Symbiotiques. Le jus noir des dieux, cet éther, guirlande nos âmes comme des petites planètes. Tout est pâle et pudeur. L'amour n'est même plus vulgaire. Les jambes pliées en un losange accouché de mon ventre, mes bras en son centre, j'accepte le souffle mort de la poésie.

 

      Je te regarde. Paysage. Je te scrute. Caresse à tous les chats du monde. Les chats ronronnent dans les impasses. Je sais ton sourire actuel, rivière de compréhension au lit de tristesse. Je sais que tu souris, je n'ai rien à répondre à ça.

 

      Il doit déjà être cinq heures du matin. Le couperet du jour va tomber terriblement lentement. Mes pieds vont m'emmener. Intenable. Quoi qu'il arrive, je trahirai. Le courage de m'échapper pourrait me fuir.

 

      Le rocher s'éloigne.

 

      Tout est mangé par l'aurore.

 

 


Repost 0
Published by ignatius - dans Nouvelles
commenter cet article

Présentation

  • : Digitus-Impudicus / le blog d'Ignatius
  • Digitus-Impudicus / le blog d'Ignatius
  • : Chroniques acides et amours incontrôlables. Nouvelles, poésies, roman
  • Contact

AU MENU

- Roman :    A la Connaissance de tous, Mordred le Mort-Né

 

- Nouvelles :    Table des matières

 

- Sélection de poésies :   Faites-en ce que vous pouvez

 

- Poésie (Toutes) :    Ce qu'il ne faut pas dire

 

-  Articles humoristiques : A voir en Archives, ou en liste complète d'articles

 

- Cohues : Webzine gratuit de nouvelles et poésies

Recherche

Ce qu'il ne faut pas dire

 

Taisons-le.

 

D'émaux d'où

 

Pot pourrissant et Belles Choses

 

A crever la Fortune

 

Cinq doigts itinérants

 

Sous la pluie, les mauvais sentiments

 

Image sourde

 

Des versets, des averses

 

Pizzicato sur les ligaments

 

Poèmes éhontés

 

Le mal ceint

 

Malheurs Classiques et bonheurs renouvelables

 

Motus et doigts décousus

 

Les raisons de ma colère

 

A garder pour soi

 

Regardons-la tomber en silence

 

Reflux de silence

 

A voix basse

 

Aveux impossibles et deux sonnets

 

Organes à étaler

 

Gardons-le pour nous

 

Poisson moisi

 

Cause organique du Mystère

 

Cinq points de suture

 

Mots qui ne trouvent pas l'oreille

 

Face à l'abreuvoir de lumière fade

 

Chemin de l'Affreux Paradis

 

Devant l'ombre de la Perfection

 

Sous peine d'en avoir

 

Joie sans cause

 

Montagne et décadence

 

Six pièces en forme d'échecs

 

Trois fois rien

 

Un sonnet, un hommage et une merde

 

Crépuscule et feedback

 

Deux raisons de vivre

 

Tous comptes rendus

 

Papa et maman ont baisé (sans raison apparente)

 

Manifeste foutatif suivi de trois documentaires

 

Triple effort de guerre

 

A penser à part soi

 

Coming out

 

Apocalypse

 

Hécatombe de regards sous la lune invisible

 

Humains, trop humains

 

Paroles dominicales

 

Renaissance quotidienne

 

Une vie de merde

 

Interrogatoire des âmes

 

Trinité d'une finalité

 

Luttes intestines

 

Effroi lancinant du bien-être

 

Elégance

 

Aller-retour

 

Aveux spontanés

 

Balade immobile dans Babylone

 

Epure

 

Des vies seconde

 

Bluette cuisante

 

CyberLove

 

Réponse à Houellebecq, et à d'autres

 

Les phrases

 

Eau de vie

 

Rupture

 

Ex perfecto nihil fit

 

De petites histoires

 

Eternité

 

Mais la lune...

 

Dépouille

 

Sonnets fantaisistes

 

Deux poèmes métaphysiques

 

Souvenir du présent

 

Grave Bêtise

 

Scénettes ferrovières

 

Oreille cherche musique

 

Simple comme une rivière (triplement sonné)

 

Miroir maritime

 

Concert sans fin

 

Je suis Madame Bovary

 

Buvez-moi (6 intros et 7 sonnets)

 

Vous

 

L'étoile des toilettes

 

Retour de boîte

 

Hommages

 

Le diable, le ciel et les hommes

 

Beauté des échecs

 

La nuit n'en a jamais fini

 

Un matin, une journée, une nuit, une vie, enveloppés d'une malédiction

 

Chansonnette, plus un machin

 

Des minutes, des myriades

 

Voyez ce violon

 

Après

 

1

 

Découverte des astres

 

Cent matins

 

Dissertation

 

L'émoi c'est toi

 

Demi-poème

 

Supplique

 

Tarentelle d'Avignon

 

La belle hécatombe (miroir maritime II)

 

La bande du Big Bang

 

Duende

 

Strange fruit

 

Soumission

 

Nos agapes

 

Tentative de cosmogonie

 

Lourd et léger

 

Hija de punta

 

Ca va, ça va, ça va aller

 

Love letter

 

Looking fort he next rain

 

Partition poétique pour Gnossienne n°1

 

Home sweet home

 

Sonnet sépulture (mignonne)

 

El murmullo silencioso

 

Tentative de Tristesse

 

Las huellas sutiles

 

Partition poétique pour Gnossienne n°4

 

365 jours à regarder des photos

 

Toujours les mêmes...

 

Hommage à I.D

 

Etude n° 827

 

Inquitétude contemporaine sans Dieu

 

L'éphémère

 

Ainsi soit-il

 

Quelques minutes de bonheur

 

Hyperalgie de l'âme

 

window on your world

 

Je suis un constructeur de voitures

 

La marche pathétique

 

Derniers vers

 

Post-apocalypse

 

Saints-Sacrements

 

Particules

 

Combat perpétuel...

 

Une belle journée

 

Goutte dans l'océan

 

Passé, présent, futur...

 

Nous

 

Scène de 18h00

 

Long temps

 

PIOU PIOU

 

Dans la poussière

 

Aucun

 

La victoire ou la mort!

 

En un combat douteux

 

Vagabondage mélancolique

 

Hygiène de la solitude

 

Méthode pour un optimisme réaliste

 

Pile et face

 

Roulez, jeunesses

 

Bilan

 

La belle au béton dormant

 

Vision

 

Tout est parfait...

 

Comme toujours, comme souvent

 

Les amants de Maldoror

 

Zeus révélé

 

Face aux abysses

 

Dilution nocturne

 

...

 

Jadis, j'ai essayé

 

Douleur du retour

 

Echec

 

Prose du mécréant

 

Eros et thanatos?

 

Au-dedans

 

Rencontre solitaire

 

Ad libitum

 

en tous cas

 

Un soir entre potes

 

Romance

 

A hurler dans la foule

 

Je crains de tout détruire dans un accès de lucidité

 

Il le fallait

 

De l'inconvénient de se réveiller

 

Le jour est monté

 

Décalage vers le froid

 

Quarantaine

 

Au-dehors, en-dedans

 

Le mal des aurores

 

Western

 

Ici et là-bas

 

Considérations peu utiles

 

Papillote amère

 

Tragédie avec fin heureuse envisageable

 

Les consolantes

 

Nocturne Eden

 

Parenthèse

 

Iles

 

Je ne sais plus rien

 

Bêtise

 

Arrose l'orage

 

Idéal

 

Eternel retour

 

Circuit fermé

 

Nuit de bitume

 

Et tu l'as injuriée?

 


Jeuxplus

jeux