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21 janvier 2010 4 21 /01 /janvier /2010 17:50

  A tous les pervers un tantinet pyschopathes qui se réjouissent du malheur d'autrui, l'époque est faste. Bien sûr, chaque jour apporte son lot de cadavres en Haïti, deux-cent mille dit-on, ce qui m'a poussé à aller vérifier le reservoir humain de cette petite île. Ca va, ils sont encore plus de huit millions à profiter de cette publicité inéspérée. Super Nanny est morte. Ne sachant pas exactement qui c'est, je peine à trouver un motif de réjouissance dans cette tragique disparition people. Gasquet n'a pas passé la nuit à Melbourne, ce qui est à peine moins surprenant que les soldes en Janvier. Il y a bien le lait de soja de marque Bonsoy qui serait susceptible dans les jours qui viennent, si l'alerte sanitaire n'est pas  entendue, et que le soja est bien moisi, de faire un peu monter la mortalité infantile française. Alors je précise, pour les mères équipées d'un grand congélateur et qui envisagent d'acheter ce bon lolo: il n'est pas commercialisé en France! Il faudra faire une recherche internet. Mais la faim justifie les moyens.

  Avant de m'arrêter sur l'info qui excite véritablement mon neurone sadique, je veux faire un détour par ce commentaire de Regis Debray tiré de "moment fraternité", son dernier ouvrage. Il y note que l'Islam est une religion dure, au contraire de  "nos" religions qui sont devenues molles. A l'attention des plus jeunes comme on dit, je rappelle que Regis Debray n'a rien d'un crétin congénital (il est médiologue, imaginez! je ne sais même pas ce que ça veut dire...), il a eu pour ami Pablo Neruda et Allende! Mais il a aussi soutenu Chevènement en 2002. Comme quoi, au bon observateur, il y avait  des signes de vacillement intellectuel, des prodromes... Dire que l'Islam radical est une religion "dure", et qu'il fascine pour cela dans nos cités, où les repères identitaires sont inexistants, c'est tellement boulversant d'à-propos que je ressens comme des séries de chocs internes successifs, à la manière d'une poupée russe branchée sur vibreur.

  Non, aujourd'hui, en ce 20 janvier, ce qui m'incite aux ricanements les moins chrétiens, c'est bien la décision par Air-France KLM de surtaxer de 75% les passagers en très forte surcharge pondérale. Je traduis pour les rappeurs qui pourraient me lire: les gros sacs vont banquer leur mère dans les avions. J'entrevois déjà dans les agences et les aéroports les désopilantes scènes de pesée, petite balance disposée à coté de la caisse, avec un lampion rouge qui s'allume et buzz lorsque le candidat dépasse la charge limite. Et les vivat des spectateurs, ou les huées, suivant le résultat. Les grands flippent, ils se demandent s'il sera question d'un indice de masse corporelle ou, ce qui les discriminerait injustement au titre d'obèse, d'un poids fixé à l'avance, aussi intransigeant qu'une employée de mairie.

  De toutes façons, je comprends très bien la problématique rencontrée par les compagnies aériennes. C'est évident. Les gros prennent de la place, c'est aussi géométrique qu'arithmétique. Et les gros sont de plus en plus nombreux. Ils sont communautaristes, et nous regardent nous les maigres avec envie, c'est flippant. Ils sont pervers, nevrosés, s'adonnent aux plus vils calculs pour manger plus, et auraient bientôt envahi nos avions en répandant leurs arrogants excès adipeux sur la belle feutrine bleue des classes éco. Nous avons évité de peu une catastrophe de type implosion graisseuse en plein vol New-York/ Paris, comme il en survient avec les implants mammaires. Il était temps d'y mettre le hola.

  D'un autre côté, nous devenons de plus en plus gros, nous en occident. Mais d'un autre côté encore, si vous suivez ma reflexion triangulaire, il n'y aura bientôt plus de kérozène pour faire voler les navions. Alors les gros, soit vous faites fortune rapidement, soit vous attendez vingt ans pour ricaner à votre tour; d'ici là, affutez votre digitus impudicus tout boudiné.

  Ps: pour ce qui est de la médiologie, je préfère laisser planer un mystère des plus opaques.
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21 janvier 2010 4 21 /01 /janvier /2010 17:49
  On nous avait promis des dialogues intergalactiques, plusieurs guerres mondiales (dont la dernière), le vaccin contre le Sida en même temps que la connaissance précise du point G par tous, les Ferrari volantes et les toilettes jamais bouchées. Cependant le tableau n'est pas tout noir, notre réalité n'est pas si éloignée de cette utopie technologique: il suffit pour s'en convaincre de regarder la mouture moderne du "Juste Prix" sur son bel écran plasma HD.

  En résumé on peut dire que les industriels ont su mentir à nos politiques, d'autres petits bonshommes aussi crédules que convaincants.

  L'an 2010...! Excusez-moi de me répéter, mais quand je m'imagine petit môme de huit ans dans la fin vague des années quatre-vingt, 2010, c'est pas rien.

  Malraux, qui n'a pourtant pas fait fortune dans les horoscopes, et qui était bourré de tics nerveux, fut l'un des visionnaires français les plus avisés, au contraire, par exemple, d'un Paco Rabanne, au calme olympien dans sa transe téléguidée mais incapable de prévoir avec précision le temps de cuisson d'un oeuf coque. Malraux avait vu les dangers du turban, alors que Paco Rabanne ne voit même plus qu'on se fout de sa gueule (je précise que ce n'est pas de ma faute si Paco Rabanne est grotesque depuis le temps de Desproges jusqu'au notre) ! Pour ce qui est de la célèbre formule -de Malraux donc- sur le "monde qui tremblera quand la Chine s'éveillera", elle est de Napoléon Bonaparte, et n'a donc rien à foutre ici.

  Enfin tout ça pour dire que des véritables visionnaires, il n'y en a pas tant que ça, et le plus con, c'est que lorsqu'on les a sous les yeux, impossible de savoir s'ils sont de vrais prophètes ou des charlatans; quoique s'ils vendent des fringues et du parfum à leur nom, on peut avoir un doute légitime.

  Cherchons nos visionnaires. Et écoutons-les. Parce qu'aujourd'hui quand on pense à 2040, il n'est plus question de voiture volante, il n'est même plus question de voiture du tout. Finalement il n'y a que l'ordinateur qui ne nous a pas déçu. Ce n'est pas très bandant, mais c'est sûrement l'avenir de l'homme.

  L'an bionique 2010 est là sous nos yeux. Il a neigé en Avignon, de parfaits petits cristaux de glace en tous points identiques à ceux que j'essayais d'absorber avec la langue, comme tous les gosses débiles de huit ans, dans ma cour de primaire, en un temps où le futur se vendait comme une superproduction Hollywoodienne.

  Il parait que l'argent disparu pendant la crise financière créé d'infimes vrombissements dans la matière noire, et que les bosons de Higgs menacent de faire s'effondrer la masse gravitionnelle de notre galaxie sur elle-même, il en résulterait un hypothétique méga trou-noir dont l'amplitude reste incertaine à cause de Madoff qui a pas rendu tout le fric.

  Je ne sais plus trop quoi penser, en des temps normaux, je vous aurais souhaité bonne année, et la tartine habituelle de meilleurs voeux. Mais la situation est tellement désespérée que je ne suis pas certain d'arriver au bout de cet article avant la prochaine crise humanitaire ou la découverte d'une pierre sumériene annonçant en cunéiforme la fin des  temps pour après-demain.

  Ce cher Desproges avait laissé comme message sur son répondeur, pour l'an 86 si ma mémoire est bonne, "bonne année mon cul! ". Au siècle qui est là et bien là, à nos contemporains qui sont là pour l'instant, ayons ce geste exquis, cette ultime dignité dans l'outrage, cette grace et cette pertinence dans la génuflexion pantalon baissé, le cul serein et triomphant à la face de l'an qui vient, ou à tout le moins, un digitus impudicus. Bonne année!
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21 janvier 2010 4 21 /01 /janvier /2010 17:41

(mais comme je suis pas prêtre, je ferai ce que je peux)

  L'Autriche a donné au monde beaucoup de scientifiques de renom et assez peu de footballeurs brésiliens: c'est une bizarrerie que l'on ne saurait expliquer sans passer pour un eugéniste convaincu.

  Au rang des étrangetés, on notera également:

  -1°, qu'il suffit de substituer au i de l'Autriche un u pour obtenir, sans aucun effets spéciaux: une autruche. Il va de soi que cette particularité sémantique suscite la plus grande méfiance de la part de la communauté linguistique internationale. Il serait pourtant exagéré de soutenir que ce peuple fût ovipare.

  -2°, que l'Autrichien n'a pas de langue propre, mais il compense cette carence par une hygiène irréprochable.

  L'Autriche, qui est au centre de l'Europe politique, n'en conçoit aucune supériorité déplacée: elle a le bon goût de ne jamais se moquer, par exemple de la Réunion, aussi éloignée de l'Europe que Frederic Beigbedder de la littérature. Sa localisation géographique la prive de tout accès à la mer, c'est pourquoi Johann Strauss nous emmerda tant avec son Beau Danube bleu.

  Cette république fédérale est divisée en neuf états, alors que sa population ne se répartit qu'en trois catégories: les compositeurs classiques, les psychiatres et les Tyroliens. Le génie des premiers ne peut suffire à excuser les coutumes vestimentaires des derniers, que seules les fières Bigoudaines Bretones parviennent à égaler dans le grotesque.

  Historiquement, L'Autriche se spécialisa longtemps comme agence matrimoniale des rois d'Europe, la devise de Maximilien Ier, sorte de précurseur hippie, était "si vous faisez la guerre, nous nous ferons l'amour" le français n'étant pas sa langue maternelle, on lui pardonnera bien volontiers certaines petites lacunes.

  Pourvoir en reines les souverains alentours fut une entreprise lucrative et pérène jusqu'à ce que la populasse régicide française tranchât le cou de l'une d'entre elles pour une histoire de brioche. L'empereur François Ier d'Autriche, neveu de la reine étêtée, décida pour un temps que les juppons royaux demeureraient clos. Il fit ensuite de son pays, par la grâce d'une inaptitude martiale sans équivalent dans l'Histoire, un souffre-douleur et faire-valoir en titre de Napoléon, qui n'aurait jamais été Napoléon sans l'Autriche. Il perdit tant de batailles et de territoires que le Saint Empire Germanique ne repoussa jamais plus après lui. Humilié, et à court de soldats, il dut se résigner aux vieilles méthodes: marier sa fille à son bourreau afin d'obtenir par le ventre la paix qu'il n'avait su conquérir par les armes.

  La stabilité de l'Europe reposait donc autrefois sur la beauté des femmes Autrichiennes, particulièrement de leurs princesses. Quand les canons de la beauté s'en détournaient, ceux des armées devaient faire sonner mort et désolation sur le vieux continent. Une sorte de malédiction qui se vérifia encore lorsque le vieil Archiduc François Ferdinand, dont je ne me permettrai pas d'affirmer qu'il fût incontinant, jeta son dévolu sur une femme Tchèque au lieu d'épouser une dame bien de chez lui. On sait ce qu'il advint par la suite: Gavrilo, le mari cocu assassina le couple Archiducal, déclenchant ainsi la première guerre mondiale (heu, le cocu, c'est pour rire hein, allez pas raconter ça dimanche au repas de famille).

  L’infrastructure de transports autrichienne est liée directement à sa situation, d’une part au sein des Alpes, et d'autre part à sa situation de carrefour du centre de l’Europe centrale, que ce soit du point de vue des liaisons routières autant que ferroviaires. Bon j'arrète de recopier Wikipédia, ça va se voir et il y a là comme un double plagiat.

  Pour résumer on se souviendra de l'Autriche comme le pays qui a légué à l'Humanité Mozart, Freud, Schiele, Klimt, Musil, à l'Amérique Arnold Schwarznegger, et à l'Allemagne Adolf Hitler. L'Autriche, c'est comme la loterie.

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20 janvier 2010 3 20 /01 /janvier /2010 15:13
 Libérez Ma-doff! Libérez Ma-doff! Ho je sais par cette revendication combien je vais choquer d'ovins hystériques bêlants de haine dans le troupeau de la vindicte, laquelle vindicte est directement téléguidée par de lumineux experts, les mêmes que ceux qui couraient il y a encore peu après les rendements exeptionnels proposés par Bernard Madoff. Alors tant pis si la singularité de mes positions m'aliène la sympathie de la masse des panurgistes, déjà bien aliénée elle aussi. Libérez Ma-doff!

  Et il y a deux bonnes raisons à cela, dont chaque est suffisante seule. Primo: c'est un Robin des Bois qui vole aux très riches afin d'enrayer la pauvreté, la sienne, d'accord, mais si tout le monde faisait comme lui... Secundo: Madoff n'est pas plus un escroc que n'importe quel Etat, et particulièrement l'Etat Français, mais je vais m'expliquer.

  Un beau jour de Septembre Deux mille huit, car les sales histoires prennent toujours pour origine un jour sup- -posément beau, c'est pour le contraste, un beau jour de Septembre Deux mille huit donc, la vue fut rendue aux analystes financiers américains. Alors qu'il s'éclataient jusque là comme des bossus aveugles et hilares dans les vastes cathédrales de l'insouciance spéculative en s'échangeant des titres plus pourris que le royaume d'Angleterre, les uns après les autres, pris d'une subite pandémie de vertu, décidèrent que ce n'était plus possible de continuer comme cela. Et hop.

  Il n'en fallait pas plus pour précipiter la planète dans un grabuge pas imaginable. Partout à la télé surgissent des tronches de six pieds de long qui nous racontent le nez dans les chaussures comment c'est possible de pas voir deux couilles de diplodocus flotter dans un potage. Ce fut l'avènement des couilledediplodocussologues à rebours.

  Ils expliquaient ces gens, comment l'enfant sauvage du capitalisme, la spéculation galopante, s'était laissée emporter par sa folie: une obsession boulimique de croissance exponentielle dopée par des méchants beaucoup moins scrupuleux que nous autres, les gentils français pas mercantiles pour un sou. La recherche du profit à tous crins serait le moteur de le ruine. Mais, l'objectif d'un profit personnel n'est-il pas le Graal du capitalisme? Je n'étais pas preum's de ma classe en économie, mais tout de même, faudrait voir à pas trop nous prendre pour du canard laqué d'élevage.

  Quel est le crime au fond de cet ancien maître-nageur, dont la ressemblance avec Droopy n'aura échappé à personne? Comment passer en quelques jours du statut d'icône intouchable, de grand timonier de l'investissement à qui l'on aurait donné, sans confession, les derniers centimes de sa vieille maman, à celui, plus médiatique mais moins enviable, de charogne du siècle obligée de déformer ses chemises à huit mille dollars avec des gilets-par-balles pour rester en vie? Comme disait Icare, "plus dure sera la chute".

  L'année 1882 fut une année exécrable pour le bordeau, à cause de ce satané mildiou, qui est à la vigne ce que la droite sarkoziste est à la culture: à savoir son prédateur naturel. Elle fut en revanche propice à la musique, au théâtre et aux militaires espagnols. Stravinsky y poussa son premier soupir, Giraudoux nacquit hors de la Grèce Antique, et Franco qui ne s'appelait pas encore Franco, y songeait déjà. Or, tous ces grands noms venus au monde cette même année ne sont rien dans leur discipline respective par rapport à ce que fut Charles Ponzie pour le capitalisme encore juvénile du XIXè siècle.

  En réalité, Ponzie, pourtant industrieux, n'inventa ni les pyramides, ni le fil à couper le beurre, ni même l'eau chaude, que le Britanniques conservaient jalousement à l'abri dans un thermos de thé volé aux Hollandais trois-cents ans plus tôt. Non, l'immigré Italien se contenta de reproduire une escroquerie improvisée à la hâte par un ancien patron à lui, mis en déroute par de fumeux investissements. Là réside tout son génie.

  Déshabiller Pierre pour habiller Paul, parole injustement attribuée à l'enfant Jésus supposément troublé devant ses playmobils, alors qu'elle est de Mickaël Jackson courant après sa plaie mobile, fut le leitmotiv du jeune Charles Ponzie, leitmotiv qui le rendit pharaoniquement riche en six mois à peine.

  L'escroquerie pyramidale, qui procède d'une fuite en avant dans le remboursement des investisseurs afin de payer les premiers grace à l'arrivée des derniers était née, testée, et approuvée.

  Bon, mais ce système est délictueux, donc, me direz-vous, pourquoi exiger une telle clémence pour Madoff, qui en plus d'être un bandit, n'est qu'un plagiaire dénué de génie?

  L'absence de génie n'est, hélas, pas un chef d'inculpation retenu par les tribunaux, qu'ils soient Américains, ou même Français.

  Et quand on se penche un tout petit peu sur le mode de fonctionnement des échanges financiers de part le monde, de la gestion économique véritable des flux monétaires, de ce que se vendent et s'échangent les sociètés en titres, en warrent et autres obligations, et plus particulièrement comment font les états comme la France pour rembourser leur dette en empruntant à d'autres, on en vient à se dire que le système capitalistique dans son ensemble, est une gigantesque pyramide de Ponzie à l'échelle planétaire.

  C'est pourquoi je réclame, en premier, la libération immédiate et sans condition de Bernie Madoff que je verrais bien au ministère des finances, et en second lieu, le prix nobel d'économie, à titre posthume, pour Charles Ponzie dont le schémas dit de la pyramide est le modèle d'investissement le plus répandu au monde, et pour la raison que rien de neuf n'a été inventé depuis.

  Il y a dans cet article prétentieux au moins deux plagiats et un trait de génie, à vous de découvrir lesquels. Merci pour eux.
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20 janvier 2010 3 20 /01 /janvier /2010 15:04

  (Ici une superbe illustration de ce livre, par Kako)    

 

  Demain, j'irai fleurir la tombe de Kennedy. Ho bien sûr, c'est moins classe que d'aller serrer la main d'Obama -on a tellement de respect pour Obama ici, que j'allais mettre une majuscule au d' de "D'Obama"- c'est moins classe donc, mais que voulez-vous les morts sont plus abordables que les vivants pour les petites gens. Et même chez les petits Présidents Européens, y'en a qui galèrent.

  J'irai donc fleurir la tombe de Kennedy. Mais certainement pas celui auquel vous pensez, bande d'ignares sursaturés de télé-réalité visqueuse et de lectures impropres (et pour une fois je ne citerai pas de noms), Fitzgerald Kennedy, le satyre précurseur des Simpsons, est mort un 22 Novembre -ça même un Américain le sait- selon la CIA, la tête explosée par un tir extra-terrestre . Non, le mien -enfin le mien! John Kennedy Toole, lui, à force de désespérer de lui-même d'abord, de l'Amérique ensuite, de sa mère et des éditeurs enfin, décida un 26 mars 1969, il y a tout juste quarante ans, d'inhaler un volume suffisant de gaz carbonique afin que son corps cesse aussitôt de vivre, habitude qui lui était devenue franchement incommodante.

  Hélas, oui hélas. ho, je sais je ne tirerai pas de vous le millième de l'océan lacrymal qui s'épandra à la mort de johnny ou de Marc Levy -on peut rêver!- mais pensez un peu ce qu'il serait advenu si Simon And Schuster par exemple avait accepté le manuscrit maudit de "La conjuration des imbéciles". Quand on compare le progrès qui a été accompli depuis la "Bible de Néon", écrit à seize ans s'il vous plaît, on ne peut que subodorer dans un vertige littéraire virtuel ce qu'aurait pu donner une troisième oeuvre.

  Mais ce n'est qu'un vertige mental, un fantasme que je mets à votre disposition librement, car Simon and Schuster n'ont pas acheté le roman. Ils le rejetèrent poliment, car certains éditeurs sont polis, arguant de cette critique futée et perspicace, et dans la langue de Shakespeare, comme quoi y'en a qui ont pas honte, en parlant du livre: (it)"is'nt really about anything".

  Pour ceux qui parlent anglais comme un ministre français, je traduis: "ce livre ne traite d'aucun sujet précis".

  Ôôôôôôôôôô insondable abysse de la stupidité humaine, où sur les parois étanches de son insensibilité abjecte se répercute, inlassable, l'écho de ce jugement inaudible. Oui c'est une oxymore, je vous remercie. Mieux vaut lire ça que d'être sourd, mais quand même.

  "isn't really about anything". Ô toi, engeance indécise née de l'union fautive d'un bacille de l'esprit et d'un métazoaire analphabète, toi qui osas porter ton regard péremptoire et chitineux de scarabée coprophile sur l'œuvre admirable d'un authentique génie, je te félicite de cette sentence qui, aujourd'hui encore quand j'y pense, me coupe la chique et le sentiment d'appartenir à la race humaine.

  C'est pas parce que t'as rien compris au livre qu'il faut en priver l'humanité, hé, patate!

  Bon, pour la postérité, je vais te dire moi de quoi il retourne dans ce bouquin, petit con probablement décédé.

  C'est l'histoire d'un monsieur un peu bizarre et très très gros. Il met des casquettes vertes si mes souvenirs sont bons. Ca se passe à l'époque où l'Amérique était l'Amérique, tonitruante de jazz, de paranoïa anti "communis" et de méfiance à peine polie vis-à-vis des nègres. Le monsieur y parle étrangement, avec des phrases ouille ouille ouille qu'elles sont longues, un peu comme moi quand je ne m'adresse pas à un idiot trépassé. Le gros monsieur, qui lutte tout autant contre son estomac, gâce à un anneau pylorique, que contre le monde moderne, en se réfugiant dans des livres d'un autre temps, n'a pas beaucoup d'amis. Il ne trouve ou ne conserve aucun travail à cause de patrons obtus qui ne voient en lui qu'un génie propre à semer le chaos dans l'entreprise. Quant à sa sexualité, un peu de pudeur, nous passerons là-dessus.

  Bien voilà pour les bases." Ce livre n'a pas de sujet précis". Un être humain a-t-il un sujet précis? Picasso traite-t-il de cubisme dans ses peintures? De quoi Céline parle-t-il, précisément? Miller? Rabelais? Précisément? encore faut-il un peu de phosphore dans les circonvolutions pour aborder la question. Vous n'en eûtes pas de votre vivant, vous n'en
aurez pas plus dans la mort. Je vais donc vous éclairer afin que vous passiez une bonne fois pour toutes dans l'outre-monde.

  Ignatius est l'expression emphatique d'une singularité touchante dans l'univers creux, inculte, violent et dégénéré de l'Amérique triomphante. C'est le cri incarné du philosophe: il hurle pour haranguer son monde. Comme un faux-prophète parachuté à la Nouvelle-Orléans, ou sur sa colonne, un anachorète fiché en plein New-York. La "Conjuration" est un pamphlet d'amour sincère, une histoire de tumulte absurde dans le génie de l'existence.

  Demain donc, j'irai fleurir la tombe de Kennedy, le vrai, et je lui apporterai ma modeste contribution au monde pour le rendre "plus géométrique, plus théologique et plus convenable", et en son honneur je continuerai à brocarder les demi-mongoliens qui le peuplent. Attention, je n'ai rien contre nos amis mongoliens, ce sont les demi-mongoliens qui sont dangereux.

  Et vous, monsieur l'employé de Simon and Machin, régression génétique de l'espèce sapiens, je vous donne rendez-vous dans l'au-delà, où je compte bien vous infliger l'expression de mon fou rire éternel.

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20 janvier 2010 3 20 /01 /janvier /2010 14:27
pour les curieux

    Dans le règne animal, certains individus sont mieux nommés que les autres. Ainsi Arnold Schwarzenegger n'est ni noir ni nègre, contrairement à ce que la connaissance de l'Allemand pourrait nous laisser présager; à ce titre, il ne mérite pas son patronyme. Le blobfish, si.

  Si le psychrolutes marcidus savait parler, il gueulerait. Nul doute qu'il blasphèmerait assez légitimement contre le créateur afin d'obtenir sinon compensation, au moins une sorte de squelette grâce auquel il aurait l'air moins con. Il pourrait ainsi quitter les obscures profondeurs marines du grand large australien où le plonge son extraordinaire laideur. A coté de lui, le nom d'"Elephant man" parait d'une arrogance déplacée.

  Devant le blobfish, la prétention comique s'efface, l'écriveur a le vertige: aucun mot, aucune description ne semble pouvoir lui rendre justice. Pourtant, il faut bien que quelqu'un s'y colle. Vous serez donc indulgents.

  Cousin honteux de la rascasse, dont il n'a hélas ni le piquant de l'allure ni le nom exotique, il est un invertebré, ce qui fait de lui un poisson entre deux eaux, à mi-chemin du mollusque. A le voir, on se dit qu'il aurait pu s'épargner le trajet, mais qui suis-je pour juger de pareilles choses, je vous le demande? Cependant, que des cellules se divisent pour en arriver à ce résultat, voilà qui me fait douter des supposées bonnes intentions divines; bref, là n'est pas la question.

  Nous l'avons vu, son physique pour le moins incertain lui ferait raser les murs, s'il y avait des murs dans l'océan. Or ce dernier est rempli de rochers pour la plupart très mal famés, semblables à nos ruelles coupe-gorge. Le blobfish en est donc réduit à ressaser son malheur le nez collé aux fonds marins. Là, philosophant peut-être (on ne le saura jamais) il attend, placide, que sa morne nourriture s'offre à lui. Sa chair est plus légère que l'eau, ce qui lui permettrait de flotter et de se mouvoir, si, et seulement  si, il s'autorisait à paraître en public. Je ne sais rien de son mode de reproduction, et grands dieux, grands dieux! je ne veux surtout pas savoir.

  Le tout, mais je conçois bien que l'imagination ait ses limites, est encore relativement acceptable dans son environnement liquide, disons qu'il se maintient. Mais sortez-le de l'eau et le charme si j'ose dire, se rompt. On croirait Edouard Balladur en moins vivace. La masse visqueuse s'effondre sur elle-même en un ectoplasme vaguement anthropomorphique, ce qui ne l'en rend que plus grotesque.

  Pour résumer, on peut dire que le blobfish, maintenu dans les profondeurs glauques par une mauvaise blague de l'évolution, attend paisiblement sa mutation génétique. Après tout le mal que j'ai dit de lui, je veux bien lui laisser mon tour.

  Je relis mon article et le trouve outrancier, je ne sais ce qui m'a fait perdre mon objectivité au cours de sa rédaction, que je trouve parsemée de jugements de valeur. J'en demande pardon à tous les amas gélatineux, visqueux et informes de notre belle planète. Les trois dieux principaux me pardonnent.
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19 janvier 2010 2 19 /01 /janvier /2010 23:50

  pan dans l'oeil

  Egon schiele était un peintre Autrichien à la carrière politique bien moins éclatante que celle d'Adolf Hitler. Si l'on en juge par la tonalité et l'ambiance générale qui se dégagent de ses toiles, c'est même une chance pour l'humanité que Schiele ne se vît jamais en homme d'état. L'analogie peut se retourner: ce fut également une chance pour la peinture et l'architecture qu'Hitler se consacrât exclusivement à la conquête de l'Europe.

  En 1900, Schiele avait déjà dix ans, mais ne tirait aucune vanité de cette précocité. En 1905, son père devenu dément et qui avait pour usage de convier d'invisibles hôtes au diner familial, mit un terme définitif à ses souffrances. On voit par là combien ce dernier poussa son fils sur la voie artistique. Et effectivement, à peine un an plus tard, le jeune orphelin est facilement reçu à l'Académie des Beaux-Arts de Vienne, celle-là même qui opposerait un légendaire: "ça va pas être possible" à l'autre taciturne torturé évoqué plus haut.

  Pour la première fois de son existence, à peine enviable même pour un martyre Chrétien, Egon éprouve un sentiment dont le plus proche équivalent chez l'homme est la joie. Les premiers temps, il doit même se sentir à sa place parmi les autres artistes. Hélas son génie précoce est trop provocant. Ses professeurs le prennent en grippe: "C'est bien le diable qui vous a chié dans mon école!" gémira l'un d'entre eux.

  Son trait psychanalytique exprime certainement déjà toutes ses névroses, et expose de la plus crue et impudique des façons les rapports troubles de l'humain à son corps, à la sexualité et à la mort.

  Sa peinture fait peur, dérange, elle est taxée de pornographie. On aperçoit, il est vrai, par-ci par-là quelque lèvre étonnement rouge au détour d'une cuisse naissante ou d'une jupe relevée. Ce n'est pas une coquetterie d'artiste. Les attributs sexuels jaillissent sous l'oeil du spectateur surpris. Mais l'on est aussi choqué par ses personnages aux membres anguleux, aux os saillants, aux proportions exagérées comme déformés de l'intérieur par une terrible maladie.

  Les plus inquiétants, les plus perturbants à observer sont les portraits qu'il fit de sa petite soeur, et plus généralement des autres enfants et adolescents. Un bébé violâtre est réputé particulièrement effrayant. Vie, sexualité et mort, je me répète, c'est bien: c'est une obsession.

  Les jeunes filles sont tragiquement maigres. Leurs corps maladifs, frêles, souvent opalins, semblent portés par une sensualité à tout le moins embarrassante pour quiconque restreint sa libido au cadre légal. Vingt-trois jours de prison.

  Mais Schiele ne peignait pas que des modèles décharnés nourris exclusivement de racines atrophiées. Certaines de ses toiles transpirent de vitalité, de fougue -généralement dans l'acte d'amour- les courbes anatomiques se dissolvent dans les plis des draps, la symbiose des corps et du décor y est manifeste.

  Et puis il y a ses paysages, ses vues aériennes de petits bourgs dont les toitures géométriques et interminables annoncent l'abstraction qui est en marche à quelques centaines de kilomètres plus à l'Est. Il se dégage de chaque toile de Schiele, une sourde impression de puissance cachée, que ce soit dans ses représentations d'acte masturbatoire, un pont, des maisons, ou bien ses portraits. Quelque chose semble gronder aux tréfonds de ses constructions graphiques, dans la superposition des couleurs: Schiele est bien un Autrichien, un germanique prenant racine dans le mysticisme tellurique propre à cette culture.

  Exceptionnellement, une toile de Schiele prêtera à rire, c'est qu'on l'aura disposée à l'envers, le bas en haut, ou que l'on repensera à une bonne blague n'ayant aucun rapport avec l'oeuvre exposée.

  Dieu, un rien jaloux, il faut bien le dire, refusa d'attendre de lui qu'il se suicidât. Trois jours après le décès de sa femme emportée par la grippe espagnole, Schiele fut appelé au même prétexte à retourner dans les Limbes. C'était le 31 Octobre 1928, c'est con, à 18 jours près il aurait vu le premier Mickey Mouse. Dieu ne l'aimait vraiment pas.

 

 


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19 janvier 2010 2 19 /01 /janvier /2010 23:34
sourire

  Les Francs-maçons sont des gens très rigolos. On l'ignore le plus souvent car ils répugnent à partager leurs blagues avec nous les non Francs-maçons, qui, en tant que non-initiés notoires risqueraient de ne pas les comprendre. Les Maçons, susceptibles, se vexent profondement quand on ne rit pas de leurs farces. C'est pourquoi ils se réunissent en tout petit comité dans des lieux parfois gardés secrets, pour se gondoler rituellement en tenue d'apparât avant de finir par un banquet, qu'ils appellent "agapes" pour faire plus sérieux.

  Jusqu'à peu les membres de cette secte étaient pourchassés comme de vulgaires juifs, voire dans les élans synthétiques des plus éminents penseurs de l'extrème-droite -notez au passage l'oxymoron parfait-  se voyaient désignés par le vocable "judéo-maçonnique" comme une entité malfaisante d'obscurs conspirateurs. Ce qui est vrai, c'est que l'obscurité sied en effet assez bien à la conspiration.

  Une idée préconçue sur les Francs-maçons par exemple: tous les Francs-maçons ne sont pas Présidents de la République. Quoique avec Léo Campion, qui ne fut pas le moins drôle des Francs-maçons, ç'eût été à n'en pas douter le plus comique des Présidents; quoique l'actuel n'est pas mal non plus.

  Mais revenons-en à ce cher Léo: rien qu'à voir cette trogne hilare de Travolta extasié, qui est la photo la plus largement répandue du bonhomme, on se prend à rêver quel joyeux grand-père il aurait fait. Et l'on est loin du compte. Imaginez un peu: chansonnier, dessinateur, poète, acteur, humoriste, anarchiste, membre du collège de Pataphysique, tout ça dans une singulière alchimie maçonnique; et en plus on dit qu'il s'emmerdait un peu le soir.

  Renoir, Lautner le firent tourner dans leurs films, Dac le prit comme copain, et tous s'amusaient de l'esprit subtil de ce Guitry supportable. “Un con est un imbécile qui n'a de cet organe ni la profondeur, ni la saveur.”. Du Guitry, en moins mysogine. Ou -une que j'adore- et que n'aurait pas dédaigné Vialatte: "Il y a une statue de la Liberté à l'entrée du port de New York, qui mesure 46 mètres de hauteur. Dès qu'il l'aperçut à l'horizon, Christophe Colomb sut qu'il allait découvrir l'Amérique.”

  Finalement j'en viens à me demander s'il n'y a pas, effectivement, un complot judéo-maçonnique de l'humour. Ou alors, il y a un humour maçonnique et un humour juif qui n'ont rien à voir entre eux, mais quand même, c'est louche. Je me demande ce que Dieudonné en pense.

  Plus facétieux que Maçon, plus anarchiste que moi, pataphysicien et retrophysionomiste, Léo Campion n'aurait été qu'un gars étonnant, si les dieux qui l'avaient à la bonne, ne lui avaient fait don, par-dessus un marché déjà bien achalandé, d'un rare et cinglant talent littéraire. Il suffit de lire les "propos semis-folâtres sur la mort" -à moins d'être mort soi-même, rhumatisant ou pire, Académicien- pour s'incliner spontanément devant l'irresistible faconde de son auteur.

  Malgré tout, Léo Campion est moins connu que Loana, qui n'a pourtant écrit qu'un seul livre, et paraît-il, assez inégal. vous me direz, elle est encorevivante Loana, elle est contemporaine, c'est pour ça. Bon, mais Hitler, lui aussi n'a écrit qu'un seul livre, et il est plus connu que Campion, c'est à désespérer de notre Humanité.

  Au secours.

  Ô public putatif -et ce n'est pas une insulte, frère de route obligeant, bien qu'intangible, de mes pulsions textuelles récidivées, en ce présent qui nous lie les uns aux autres -enfin, c'est une image, n'allez pas imaginer des choses, en cette époque opaque et gluante pour l'homme de goût et même pour sa femme, où les chantres chancreux, télévisuels pour la plupart, du droit canon de l'encéphalogramme culturel plat, nous imposent aux heures des repas des versions remasterisées de la "roue de la fortune" ou de "tournez manège" je vous demande, que dis-je, je vous invoque et vous supplie, de répèter après moi, en l'honneur d'icelui qui en avait:

  "Léo Campion est mort,
poil au croupion".
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19 janvier 2010 2 19 /01 /janvier /2010 23:30
  Aujourd'hui je ne plagierai pas Desproges. J'ai reçu des lettres de menaces anonymes d'une dénommée Mme Clitoria m'intimant de laisser tranquille la mémoire du persistant défunt. Bien, j'espère que les ayants droits de Mr Vialatte ne connaitront jamais l'article qui suit, sinon, ça va chauffer.

  Le gnou est une espèce d'antilope. Je sais, ça choque, mais le gnou n'est pas à une humiliation près. Il possède en effet le nom le plus stupide de la création animale, et sa femelle, la maroufle, n'est guère mieux lotie.

  Le gnou se compose principalement d'un corps massif, de quatre pattes pourvues de sabots à leur extrémité, et d'une tête cornue à l'opposé de laquelle une queue parachève l'ensemble. Le tout est relativement cohérant.

  En plus d'être affublée d'un nom aussi risible que celui de son mari, lamaroufle est conne. La preuve: le mâle la séduit en poussant des coassements. La fierté du gnou en prend un coup. Et le plus cruel dans cette histoire, c'est pour les grenouilles qui tombent régulièrement sous le charme du bel ongulé. C'est un amour à sens unique, et ce sont les pires. La Fontaine nous en relata la tragique évolution dans une fable bien connue.

  Une fois rendue sous le charme comme une vulgaire rainette, la maroufle se laisse saillir par son Roméo. Huit mois plus tard, le petit gaou vient au monde. Si le ridicule tuait, l'espèce en serait éteinte depuis belle lurette.Or le ridicule n'est pas un facteur déterminant de la sélection naturelle animale. D'où la survivance du Loulou de Poméranie, de la taupe au nez étoilé et de l'être humain à la surface de notre planète. Quoique la taupe, à la conscience plus développée, s'enfouisse régulièrement dans le sol afin de tenter d'oublier la forme de son museau que le plus extravagant des babouins refuserait à la place du cul.

  Avec tout ça, reconnaissons-le, le gnou a de quoi ruminer. Et il ne s'en prive pas. Au beau milieu de son désespoir, après s'être retenu plusieurs jours, le gnou boit; il boit trop, les autres animaux se moquent alors de lui en chantant "et gnou et gnou et gnou". Ce n'est pas très gentil, mais la savane, comme chacun sait: c'est la jungle.

  Lorsque l'on pourchasse un gnou, l'on est obligé d'admettre l'évidence: c'est bien une antilope, il court à 65 km/h. Mais après il est bien avancé, il a les gnous en compote.

  La garde-robe du gnou est assez pauvre, il existe un gnou noir à queue blanche et un gnou bleu à queue noire. Je sais, il aurait pu mieux faire, mais que voulez-vous, les gnous et les couleurs, ça ne se discute pas.

  Le gnou est particulièrement grégaire. Lors des migrations saisonnières, le mâle dominant prend la tête d'un troupeau immense, composé parfois de plusieurs centaines de milliers d'individus. C'est lui qu'on appelle le gnou des autres. L'herbe qu'ils recherchent se nomme l'andropogon; ils en mangent quand même.

  Malheureusement pour lui, le gros gnou nage très mal, et lors de ces fameuses migrations, il n'est pas rare qu'ayant à traverser un cours d'eau, beaucoup d'entre eux se noient. Et les autres animaux, sadiques et railleurs de chanter de nouveau: "et gnou et gnou et gnou". Ainsi passe la gloire du gnou.
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19 janvier 2010 2 19 /01 /janvier /2010 11:27
Le chat est très surfait.
 
Le chat est même une imposture et nous allons démontrer pourquoi. Dans le règne animal, qui n'en a plus pour longtemps, il louvoie entre le sous-embranchement des vertébrés et l'ordre des carnivores auxquels il appartient bien qu'il vous emmerde pour avoir ses croquettes aux légumes dès potron-minet. Ou bien dès 18h pétantes, selon que vous l'aurez habitué à l'un ou à l'autre.

  Le chat est une variante animale de l'artichaut. Ce point est contesté par les scientifiques qui n'en ont pas à la maison, et absolument indiscutable pour les autres qui passent le balai chez eux quotidiennement en maudissant l'incontinence pileuse de leur compagnon quadrupède. Prêt aux pires basseses pour s'attacher notre présence, le sphynx n'a pas, ou peu de poils, en contrepartie il est terriblement moche.

  Digitigrade prédateur crépusculaire dans notre dos, on le verra le plus souvent comme un inutile parasite du genou tout juste bon à dégrader la tapisserie.

  Nombre d'imbéciles se sont extasiés devant sa souplesse, due en partie à la quasi-absence de ligaments entre ses vertèbres. Cette aptitude lui confère le singulier
pouvoir de s'enroûler, comme le ferait le dernier des serpents, autour de la jambe de celui qui se dit son maître.

  D'après wikipédia, le chat possède deux oreilles juchées sur une tête pourvue de plusieurs autres trous, ou cavités, remplies de choses et d'autres. Comme nous l'avons vu, il est digitigrade et n'hésite donc pas à marcher sur ses doigts, c'est d'ailleurs ce qui fait sa fierté. A l'autre bout de sa tête, le corps du chat peine à finir: il se prolonge. Ce prolongement s'appelle la queue. La queue du chat joue un rôle primordial dans son équilibre. Moins que chez l'homme, mais quand même.

  Revenons à cette histoire d'équilibre. On raconte que le greffier dans sa chute opère un vif retournement de sa tête en direction du sol, entraînant par là ses pattes avant, puis ses pattes arrières, mouvement à l'origine de cette légendaire aptitude féline antigravitationnelle. Là encore l'expérience est moins flatteuse. Si la hauteur n'est pas assez importante, le chat n'a pas le temps d'executer sa gymnastique: il choit alors avec autant de style qu'un nourrisson lâché par maladresse (ou sadisme). Il percute le sol de son nez et offre au regard ventre et parties. Si, en revanche la hauteur est trop conséquente, il retombe certes sur ses pattes, mais cesse aussitôt de vivre dans un sinistre craquement de cagette qu'on écrase.

  On dit qu'il voit la nuit, c'est entièrement faux. Faîtes l'obscurité totale et demandez à votre chat combien de doigts vous avez. Il restera interdit dans l'attitude stupide du félin fuligineux, car la nuit tous les chats sont gris.

  Il miaule, le plus souvent pour faire chier. Parfois il ronronne, mais c'est uniquement parce qu'il ne peut pas rugir. La hon-teuh. Là encore, beaucoup de légendes entourent ce ronronement, antalgique ou bien carrement curatif, en tous cas, c'est vrai, c'est mignon: on dirait qu'il rote en continue. La prétendue fierté du chat en prend un coup.

  Les Egyptiens momiefiaient leurs chats, mais il se peut également qu'ils en fîssent des nems, on ne sait pas exactement; par contre, sa possession comme animal de compagnie était fort répandue chez les Romains aisés, qui s'identifiaient bien à sa lascivité.

  Le chat de Shrödinger n'a malheureusement pas trouvé sa place dans cet article. C'est qu'on l'aura oublié dans sa boîte, où l'on ne sait toujours pas s'il est vivant ou mort. Ha oui, c'est vrai, il est à la fois vivant et mort. Quel con ce Shrödinger!

  De nos jours le chat doit sa postérité principalement aux sorcières et aux écrivains. Deux métiers qui font commerce avec le diable, sauf Jean Louis Fournier qui a une écriture si douce et naîve qu'il ne pourrait faire une chose pareille. Mais le chat est un véritable usurpateur. Nous connaissons le chat d'Allan Poe, de Hugo ou ceux de Colette. Jamais un chat n'a mérité de lui-même sa célébrité. Tous des usurpateurs! Et le mien m'a encore piqué mon fauteuil!
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