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5 novembre 2012 1 05 /11 /novembre /2012 13:37

 

 

 

   Et mon chat reste là

tendu, pensif, impliqué

dans la destruction des nuages

parti pour un drôle de voyage

 

   le cul

sur ma vie

étalée en petits papiers

la tête ailleurs, au-dessus

 

   il tourne vers moi

deux yeux où tout semble contenu

tout, exactement

tout ce que je veux

 

   des choses remuent dans l'espace qui nous est dévolu

il en a bien conscience

des aléas, des errances

 

   mais ça ne lui arrache pas la gueule

ses tripes ne se décrochent pas pour aller courir

dans la rue des insupportables martyrs

 

   mon chat regarde

et puis s'en va.

 

 

 

 

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5 novembre 2012 1 05 /11 /novembre /2012 13:36

 

 

 

   je rêve de me planter une bonne fois pour toutes

je me suis écorché si souvent

au bleu crémeux d'un soleil chirurgien

tellement plus beau que moi

aux réveils où je n'étais plus Dieu

dans les yeux d'une furie aimante

quand j'ai voulu déclarer ma flamme au cœur

d'un incendie

et dans la terre où j'ai gratté

jusqu'à voir l'horrible trame alors

que je cherchais de vieux jouets rouillés

 

   je me suis écorché si souvent

maman, maman...

je me suis écorché si souvent

en vain

 

   je rêve de me planter

tout droit

comme une clope entre mes lèvres

et me répandre dans l'air

comme ça

pfuit.

 

 

 

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31 octobre 2012 3 31 /10 /octobre /2012 12:18

 

  le matin est précieux
quand les rues, aussi vierges
qu'une pute sortant de la douche,
s'offrent à vous, silencieuses,
attentives, presque innocentes ;
vos pas engrangent une force étrange

  le halo pâle de l'aurore
macule comme une poussière
de diamant sale
la géométrie imperturbable, noire et bleue,
qui vous regarde comme son roi ;
vos pas engrangent une force étrange

  vous voilà en apesanteur
la liberté n'existe pas
bientôt les forces en présence
s'agglutineront aux ombres
qui vous regarderont comme un rat
il est temps de foncer chez soi

  et de trouver dans le lourd enchaînement des heures
jusqu'à l'évasion capitonnée du soir
ce qu'on pourrait offrir en échange
de cette force si étrange

 

 

 

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24 octobre 2012 3 24 /10 /octobre /2012 10:31



  Hier,
plutôt que de sauver la planète
du péril climatique
des financiers et de leur clique
racailles, PDG
des méchants chinois inhumains
de l'Ebola
des barbes inflammables
du mauvais goût qui va et qui vient
de l'Apocalypse maya

  j'ai fait le choix de me battre
avec rage et force
allongé sur mon lit
pour le Bien, pour Zelda et la Triforce.

 

 

 

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23 octobre 2012 2 23 /10 /octobre /2012 12:21

 

 

  Ne lisez pas !
ce qui suit n'est pas pour vous
c'est pour un
Léviathan un Godzilla
le cul de Jennifer Lopez
nous savons, n'est-ce pas, que la poésie ne peut rien
la peinture ne peut rien
la musique ne peut rien
nous sommes vibrants
de peur
de mirages brouillés
de foetus
(le grand huit ne nous laisse pas le temps)
nous sommes gerbes refoulées
rien rien rien
NE LISEZ PAS
je ne vous apprendrai rien
nos cauchemars se nourrissent
de tout le palpable
ce n'est pas si évident
de rester allongé
dans la musique
quand tout se déchire autour
quand une drôle de guerre s'affiche aux murs
et Chanel number five et voitures hybrides
ne lisez surtout pas, restez où vous êtes
et moi
j'ai choisi
d'être vivant, bien vivant
emporté par un autre flux
cristallin
lacrymal
le corps percé connecté
qui ne peut rien
et qui
pleure
tout.

  II

  toi qui entres ici
abandonne tout espoir
laisse couler ta vieille carne à terre
quand on est mort, tout est gratuit
prends de l'avance dans la vie
ils te jugeront
ils diront que tu danses mal
que tu n'es qu'un parasite un morpion
un postillon de matière
une âme atone pas du tout autonome
et quand tu ris, c'est malsain
ton émoi est vain
ou construit de toutes pièces
tu verras l'envers du décor s'effondrer sur toi
tous les trains te passer dessus
mais entre les wagons
                            quelques instants
        un peu d'air
des couleurs
et pourquoi pas
la force
de hurler encore une fois
torturé par l'envie
de bien faire.

 

 

 

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20 octobre 2012 6 20 /10 /octobre /2012 12:36

 

 

  La planète à quatre soleils
tourne et virevolte
comme une promesse incroyable
comme un songe enfantin

  où tous les impossibles se rejoignent
et s'entrelacent
hors d'atteinte
humaine
hors de salissure
humaine

  L'espace et sa beauté incommensurable
sa poésie
sont le seul motif légitime d'espoir
à
des
années-lumière
et
heureusement.

 

 

 

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20 octobre 2012 6 20 /10 /octobre /2012 12:35

 

 

  C'est inexplicable et même si j'essaie
un yo-yo de soufre et de feu
exactement au plexus solaire
quand le soleil, encore lui, s'amuse avec la matière
je me réveille et le monde est beau
vermeil
irisé, bafoué de lumière
comme à la surface d'une rivière

  Comme
à pic
à très haute altitude
tout est si loin, si petit
fragile et touchant
vous êtes tous des enfants
et moi, un oiseau manchot
à très haute altitude
à me fenêtre
souillée de poussière
je vois le soleil s'amuser avec la matière

  et je ne sais pas, suis-je trop bête ?

je ne sais pas rendre heureux
je ne sais pas dire le mal
je n'ai que cet infini méandreux
qui se déploie dans l'éclat matinal.

 

 

 

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20 octobre 2012 6 20 /10 /octobre /2012 12:34

 

 

  Et je bosse
A quoi je pense quand je bosse ?
les jambes infinies
des immeubles en chantier
je suis bien logé
vive le sport et les voitures
bien rouges
les spores de champignon
au pied de la vieille secrétaire
et je vais vite
à cent à l'heure pour me branler
dans la faïence
puis je pense aux gros en transe
et je bosse
et je bosse
à quoi je pense ?
un monde au bout du rouleau
de la planche à billets
tout ça n'est pas fait pour durer
le ciel s'effondre
et si j'ai des enfants
je les boufferai à pleines dents,
comme la touffe de ma supérieure
et si Dieu n'était qu'un actionnaire ?
j'évite de penser au malheur
je m'approche de l'ennui
et contracte une assurance-vie
et je bosse
et je bosse
et je bosse
et je bosse et
je ne pense
plus.

 

 

 

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17 octobre 2012 3 17 /10 /octobre /2012 13:54

 

 

      Ce matin-là dans la cour de récré, je sais pas pourquoi mais quand Damien débarque, tout le monde se masse autour de lui.

 

      Je savais bien qu'il était aimé, populaire, quand bien même c'était le premier de la classe, mais là je comprenais pas pourquoi tous les autres gosses lui faisaient cet accueil de star. C'est vrai qu'il était plutôt sympa Damien, pas trop bêcheur, pas l'intello qui se fait caillasser, juste il était bon à l'école, bien dans ses baskets, et même assez gentil. Alors on lui pardonnait d'être meilleur que nous dans presque toutes les matières. Mais ça expliquait pas pourquoi toute la classe semblait attendre son arrivée comme celle d'Albator descendu de l'Arcadia, son superbe vaisseau spatial.

 

      Moi je rêvais pas d'être populaire mais je voulais pas prendre le risque d'être détesté, alors être le premier de la classe, je m'en gardais bien. Je voulais juste qu'on me fiche la paix, qu'on me laisse avec mes deux seules passions : la console Nintendo et les filles. Je pouvais pas être comme les autres gosses mâles de cette fin de décennie. Pour eux y avait que le sport et faire chier les filles. Le sport fatigue, énerve, fait gueuler, rend transpirant et c'est un truc de mecs : les filles sont à l'autre bout de la cour de récréation. La seule fille qui joue des fois au ballon c'est la plus laide de l'école. Les autres filles sont belles, bien habillées, sentent bon, ont de jolis cheveux qui sont parfois comme des soleils qui ondulent sous mes yeux. Vraiment, y a pas photo. Dès l'âge de quatre ans j'étais amoureux. Je sais pas pourquoi, mais ça me pinçait les tripes, ça me faisait sourire, ça me rendait heureux d'être avec une jolie petite blonde, de lui tenir la main, de lui raconter ce que j'avais vu la veille à la télé, de savoir ce qu'elle avait mangé le midi, de connaître sa chambre, de m'asseoir à côté d'elle en classe, de penser à elle quand je rentrais chez moi. J'avais bien sûr pas conscience de sensibilité ou de machins comme ça ; juste leur voix était douce, leur contact apaisant, je voyais des trucs dans leurs yeux, des trucs que j'expliquais pas, mais où il était pas question de savoir qui avait mis le plus beau but dans le match OM-PSG, ou si j'étais capable de courir plus vite qu'untel après le repas de la cantoche. En fait ça ressemblait un peu à de la magie quand les activités entre garçons (hormis jouer à la console) paraissaient franchement vulgaires, mornes, stupides, rageuses. Avec les filles, y avait pas de combat et même les mensonges étaient beaux, gratuits, on mentait juste pour être plus proches : c'était des mensonges pour embellir le moment, pas pour se montrer plus forts. On mentait en disant qu'on aimait les mêmes trucs, qu'on pensait les mêmes choses, et souvent on découvrait ces choses-là à cette occasion, parce qu'en vérité on en avait jamais entendu parler auparavant. Et ces filles étaient toujours blondes, sûrement que c'était rapport à ce soleil que j'aimais voir flamboyer autour de leur petite trogne.

 

      Bref, donc, j'étais probablement en train de faire croire à ma dulcinée que ma mère avait préparé un repas identique à celui que sa mère à elle avait concocté, à mentir pour le bien de notre bonheur commun quand, ce matin-là, Damien est arrivé comme Albator.

 

      Et Damien rayonnait, se laissait contempler, d'un air tout à fait normal, comme si c'était pas surprenant du tout cette agitation autour de sa personne. On nous avait parlé du Roi de France quelques jours plus tôt, Roi qui se levait au milieu de la cour et que cette cour-là elle était aux anges, elle se mettait à genoux, elle lui disait combien il était beau et que le Roi, habitué à tout ça, avançait tranquille vers son déjeuner comme si de rien n'était. Et bien Damien, c'était le Roi, et y tenait super bien son rôle, y se prêtait au jeu. Vraiment, c'était si bizarre !

 

      Je suis pas allé voir direct ce qu'y se passait. Par fierté, j'ai attendu dix heures pour comprendre, pour m'informer. J'ai fait mon enquête en douce. En laissant traîner mes oreilles et mes yeux.

 

      Premier indice : ça parlait pas beaucoup et ça le regardait. Plus précisément, ça regardait en bas. Ça regardait plutôt ses jambes. Et quand on s'est mis en rang deux par deux pour rentrer en classe, je me suis débrouillé avec Audrey (mon petit soleil blond) pour qu'on soit derrière lui. Là, on a entendu des commentaires énigmatiques du genre « Ouais, elles sont trop classes ! ».

 

      Mais moi je voyais rien de spécial, et Petit Soleil non plus. Ensuite, on était en cours, et j'ai remisé ça dans un coin de ma tête. Oui ça me turlupinait, mais le profil d'Audrey, c'était autre chose quand même !

 

      Deuxième indice vraiment étrange : Damien était un vrai garçon, avec toutes les caractéristiques du garçon, pas comme moi quoi. C'était un sportif. Mais à la récré, il est resté en retrait des jeux de ballon, il commentait, il faisait l'arbitre alors que d'habitude c'était un des premiers à s'illustrer en dribbles et frappes plus ou moins réussies. Mais là, non. Et malgré ça il restait populaire, les autres garçons venaient lui parler dès que possible : il était pas tenu à l'écart, il s'était retiré de l'action tout en restant dans le groupe. Et même qu'il semblait encore très important, respecté et fortement considéré alors que tous ceux qui comme moi ou comme les gros ne voulaient ou ne pouvaient pas jouer devenaient des enfants de seconde zone. C'était bizarroïde, mais j'étais à des kilomètres d'imaginer le bouleversement qui était en train de se produire, et c'était pas un petit bouleversement de cour de récré, non, aujourd'hui je sais que c'était un véritable fait de société.

 

      Alors, moi, la fiotte (ben oui, un garçon qui aime les filles est un pédé quand on a huit ou neuf ans), j'ai délaissé mon Petit Soleil et je suis allé voir par moi-même. L'air de rien. Je risquais pas de demander et de passer pour un con. J'ai approché un de mes camarades qui se tenait près de Damien, un de ceux avec qui je m'entendais pas mal, pour lui demander s'il avait vu le terrible film d'horreur hier soir, à minuit. Il l'avait vu. Il avait vu la femme se faire déboyauter, le sang gicler partout, entendu les cris à foutre la chair de poule, etc etc. Y avait pas eu de film d'horreur la veille, ou en tout cas, si jamais y en avait eu un, aucun parent normal n'aurait laissé son gosse debout après minuit pour voir un film comme ça. Mais c'était le genre de mensonges qu'on sortait histoire de montrer qu'on était des hommes et que nos parents le savaient bien, qu'ils nous traitaient comme tels. Bref, du coup j'étais dans le petit périmètre autour de Damien, et j'allais comprendre.

 

     « Et tu le sens vraiment quand tu marches ?

 

      – Ah ouais, carrément.

 

      – Ça rebondit ?

 

      – Tu sens l'air. »

 

      Putain, ça devenait chiant de rien capter à ce mystère.

 

      « Tu m'fais voir les semelles steup' ? »

 

      Et là Damien lève une jambe, plie le genou, tourne sa cheville et montre la semelle de sa chaussure.

 

      « Tu verras rien qu'il fait, c'est dedans la semelle les coussins d'air. »

 

      C'était juste ça. Plus je comprenais et moins je comprenais. Des baskets. Juste de nouvelles baskets. Des « Nike Air ». L'autre il avait de nouvelles pompes et c'était une star, y en avait plus que pour lui, alors que jusque là, on en avait rien à fiche des vêtements, c'était même plutôt un truc de filles, et un des trucs de filles qui me touchaient pas trop. Mais là, c'était pas pareil et je savais pas pourquoi.

 

      Je m'étais bien monté le bourrichon, et j'étais maintenant sacrément déçu de découvrir le fin mot de l'histoire. J'étais déçu, mais je pressentais un truc. En même temps, il aurait fallu être aveugle pour pas voir que c'était spécial. Y a des choses qu'on ressent quand on est gosse, mais qu'on peut même pas formaliser en pensée, s'expliquer à soi-même, parce qu'intellectuellement, méthodiquement, on est pas équipé pour. Mais on y est sensible. Et là c'était le cas. En fait, ces petites chaussures – qu'on appelait des baskets alors que c'était plutôt des tennis – avaient modifié pour toujours le monde occidental, depuis les gamins jusqu'aux adultes, même si ça allait prendre quelques années avant d'être vraiment palpable pour tout le monde. On pouvait désormais devenir un héros juste grâce à ses chaussures. Devenir une figure. Ça c'était presque le bon côté. Le revers de la médaille, bien plus pernicieux, c'est qu'on allait bientôt devenir un loser, un pauvre, un moins que rien si on savait pas se démarquer, ou au contraire se « marquer » avec une marque. Et d'ailleurs ça n'avait pas manqué : quelques semaines plus tard un autre gosse viendrait cueillir les lauriers de la gloire avec des « Adidas Torsion » aux pieds.

 

      Aujourd'hui je vois cet épisode comme un véritable basculement dans le monde des marques, du paraître, de l'injonction sociétale d'être « in » comme ça peut l'être de nos jours avec le dernier « iPhone ». C'est la naissance d' « American Psycho », comme ça que l'industrie marketing a pris le pouvoir, et cette pute s'est exercée d'abord sur les gosses, les proies les plus faciles, celles qui sont en recherche d'identité, de reconnaissance facile, de popularité. Le ver dans le fruit. Bien sûr, vous pourrez m'objecter que c'était déjà le cas chez les adultes avec, par exemple, les voitures. C'est vrai. Je sais pas si le fait de corrompre les gosses est le parachèvement de leur emprise sur le monde ou si c'est le point de départ. J'en sais rien. Toujours est-il que ce sont les gamins qui font la mode, qui montrent la voie, aujourd'hui on le voit bien : les marques s'en prennent en premier lieu aux ados, et la société suit derrière eux. Avant les Nike Air de Damien on était au paradis, innocents, purs, on jouait aux billes, on mettait n'importe quelles fringues pourvu qu'elles ne nous fassent pas passer pour des clodos, c'était notre seule exigence. Maintenant les gamins jouent aux Pokemon, veulent des jogging Adidas comme l'équipe de France, et s'ils ne peuvent pas jouer ce jeu-là, ce sont des parias, des clodos, on les regarde même pas, on leur parle pas. Ils sont quantité négligeable ou deviennent des têtes de Turcs.

 

      Ce phénomène était un rouleau-compresseur. Impossible d'en réchapper, à moins d'avoir une personnalité aérienne, d'être anormal et d'en avoir rien à foutre. C'était malheureusement pas mon cas.

 

      Alors je suis soudain devenu très con moi aussi. J'ai fait une paracha à mon père pour qu'il m'achète des Reebok Pump. Et il me les a offertes, et c'est comme si j'avais mis les pieds dans la merde.

 

      D'ailleurs, avec mes Reebok Pump aux pieds, je me suis battu avec le gars des Adidas Torsion, au sujet d'Audrey, mon Petit Soleil. Elle est venue s'interposer entre nous deux. Enragé que j'étais, je lui ai filé un coup à l'estomac pour qu'elle se pousse et que je règle son compte à ce freluquet en Adidas Torsion. J'ai frappé mon Petit Soleil.

 

      La maîtresse nous a séparés lui et moi. Puis elle nous séparés elle et moi. Je n'étais désormais plus assis à côté de mon Petit Soleil. On n'a plus jamais marché main dans la main, on n'a plus jamais menti en racontant qu'on avait mangé la même chose à midi. On s'est quasiment plus jamais parlés. Pourtant, elle et moi savions que c'était une force extérieure qui avait détruit notre idylle. Je le sais. Elle ne me regardait pas avec haine, non. Juste avec beaucoup de déception dans les yeux. Et c'était encore pire pour moi. Cette force extérieure qui était venue ruiner notre amour, c'était la bêtise, la bêtise arrivée d'Amérique, cette bêtise qui allait s'imposer à tout le monde, à tous les gosses, et régner pour des décennies. Et le plus con, c'est que j'aimais toujours pas le sport.

 

 


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Published by ignatius - dans Nouvelles
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11 octobre 2012 4 11 /10 /octobre /2012 10:37

 

 

  à 7h00 le monstre ronronne
il est encore presque mignon
le bus nous emporte
moi et mon pote

  la zone est LA ZONE
comme entre deux guerres
no beauty land
la nature s'exaspère
et les corbeaux dans leur langage
croassent croassent
les pneux d'une grosse bagnole crissent
j'ai manqué de mourir
à deux à l'heure
et mon pote, ben ça le fait bien rire
il ne veut que
manger un croissant
pendant que nous rêvons devant
Jouet Club
alors que Pôle emploi
nous attend

  Voilà la logique
pour lui, l'artiste, pas de piano
et moi, pas de poèmes
nous voilà téléportés aux confins de l'univers
de la Zone Sensible
bien loin de nos névroses personnelles

  Nous entrons dans l'usine à névrose
la névrose du monstre
qui se lèche les babines
et qui rigole
en nous voyant passer la porte
tous les soleils sont couchés
une bière brille dans l'herbe
un autre corbeau se marre
ailleurs, des gens meurent

  nous sommes pris au piège
et c'est le prix à payer
personne ne sait comment faire
et nous non plus
si le dégoût nous laisse respirer, ce soir
il y aura encore du piano, quelques poèmes

  pour combien de temps ?

 

 

 

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