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Peurs lumineuses

 

  Mortel soleil qui brait sur les multiples miroirs
de mon réveil atone aux harmoniques du soir
quel mal tu te donnes pour montrer aux couleurs
aux notes difformes combien tu leur fais peur

  Tout le monde bis a fui en crachant ça et là
aux coins de mes yeux mous, sur les tuiles des turnes
ces restes un peu fous des menaces nocturnes
diffractions sonores, mélodiques excrétats
 
  Des corps fantomatiques hantent encore les debris
qui tintent en xylophones dans ma cochlée dix formes:
les bien étranges sonnets, les horreurs énormes
et anamorphiques, ces angoisses de la nuit

  Elles infligent au matin leur concert ténébreux
les doubles croches rouillées qui me crissent aux oreilles
des pages d'acier tournées, symphonie sans pareil
pour les relectures qui me laissent silencieux.

 

______________________________________________________

 

Souvenir de chasse

 

 Ô dragons verts
dragons assassins
vous n'existez plus aujourd'hui
pour l'instant
qui sait
si vous reviendrez me pourchasser
me hanter, m'enclumer
les jours prochains
je ne suis pas à l'abri
ni du râpeux de vos écailles
ni de vos retours de flamme

  Ô monstres indociles
qui survoliez en planant lourdement
en trainant votre ombre râtisseuse
sur le champ désert de mes narcisses
j'ai un sourire de mépris
à opposer à votre mythe

  Je me souviens avec un peu de nostalgie
quand vous mangiez à même la coupe de mon crâne
le peu de cervelle qui m'habitait
mon liquide céphalo rachidien
substance grise et blanche
et mes rares bonnes idées

  Perchés sur le rebord de mon futur
on devinait un rictus sur votre gueule prédatrice
y'avait quelque chose de romantique
gothique et vampiresque

  J'ai d'autres serpents today
de mer
de beaux lombrics au regard iodé sous leurs grands cils
ils ondoient sur mes nerfs
leur mouvement est gracile

  Quand la fade lumière atterrit
je les trouve secs et étendus
congestionnés dans leur gluance déshydratée
en les décollant, je découvre quelques signes.

 

_________________________________________________

 

Solitude

 

  Je ne vois personne
nulle part
ni moi ni personne
et elle je ne veux meme pas la tuer
j'ai trop de raison de l'aimer
mais le vide lourd souffle son haleine glaciale
et la rue mouillée
et la vivisection galopante
rien ne me touche
je suis gourd
enneigé et
pareil à ce qu'il reste
après une
explosion.

  Mes paupières enserrent un objet pâle
rigide et froid
presque bleu
à jeter souvent
mais pour voir, y'a guère mieux
mais voir
me parait bien inutile
sentir pourtant
j'aime encore un peu
pourquoi ne pas être fragile
comme mes cheveux?
long sec et infinitesimal
en évolution inconstante
sale certains jours du mois
emmêlé
dangereusement gorgonesque

 

  Réalités à négliger

 

_____________________________________________

 

  Du monde
je garde
la croûte précieuse
ce permafrost pareil à un gâteau de bourges
qui d'ailleurs crisse sous mes pas hasardeux

  De notre baise je conserve au creux de ma mémoire
une sensation de rideau soyeux
d'un chaud manteau neigeux
et de tes petits cris d'espoir

  Des autres être atroces
j'aime les rayures sur mon pare-choc
comme autant d'embrasures féroces
témoignages de ces rencontres univoques

  De ma nuit dernière
il reste, effiloché en signaux lacérateurs
un cauchemar épique, un peu de sueur,
un road-movie achevé dans une ornière

  De moi
je jette tout
ici
au sol de mon impudeur croissante

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