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A son of God

  A droite, sur l'épaule, danse un filament rose
une expression béate surgie sur son visage
rappelle la douceur des horribles passages
le corps bien opéré, percé de trous, repose

  C'est un très beau tableau, chef-d'oeuvre pré-baconien
de teintes pâles et fades, Dieu doit être ravi
d'avoir en Albion lâché un être exquis
bon peintre, grand esthète, impalpable chirurgien

  Ces natures mortes expriment tout l'amour de la chair
qu'on se doit de porter à nos chers congénères
celui-là jette au sol dans le smog londonien

  Des lourdeurs allégées, variations organiques
de perfection déchue: utérus, foies et reins
en gros et noirs rubis, giclent d'un feu unique.

 

______________________________________________

 

Prière sans foi

 

  Je ne vous conchie pas
je crois un peu en vous
qui avez régné plusieurs siècles
sur quelque humain empire
ne riez pas
nous sommes pratiquement décédés
squelettes breloquants
encore phosphorescents dans une nuit jamais totale
dans un vent romantique
à élever les cheveux
en dansants serpents
dans une nuit à espérer
la Beauté
dans un possible lendemain.

  Ô neuf doigts de la main
qui tenez le style
le scalpel
à se scalper pour la cause
jamais menée à son acmé
neuf poisons divins, digitalins
qui rendez fou
qui levez les jupes roses des aurores
sur les hallucinations renouvelées
existez-vous encore?
êtes-vous de pierre et de papier?
des ossements météoritiques qui déchirez
le ciel songeux, spongieux
qui s'impose en dépit d'autre chose?
ou n'êtes-vous que cette chimère
issue d'un bestiaire
à éveiller les naïfs enfants?

 

_________________________________________________

 

Navigation

 

  Je me nique les orbites à cristalliser
des pensées idiotes
postillons mesurés
pour des constructions humaines
ou non
des embarcations
sur les flots acides
qui mènent au bout du monde -ou de rien,
par d'oublieuses voies
ouvertes par d'autres cons
moins cons que moi
moins désinvoltes
marins reconnus
habiles baveurs, navigateurs adroits
des détroits assassins
que je férquente sans gloire
mais j'y glisse sur des glaires
des airs entrainants, vers quelque désert bleuté
au fil éloigné
et cuisant
pour mes globes convalescents...

  Les cartes sont trompeuses
certains navires tout à fait ivres
et donc dangereux à croiser au large
là où les sirènes ne se privent pas de nous appâter
de leurs abâts chantonnants
de leur mélodie diffractée
sur les ondes
battues sur des fréquences
sensibles à nos organes

  J'aime harponner l'irréel
fixé dans mon viseur aveugle

  Je crois décrocher des lunes
la plupart du temps, leur reflet abandonné

subitement
plate peinture sur l'écume pâle

  Ô mirages
  Ô visions

  eau eau eau
je plongerai bientôt dedans toi.

 

___________________________________________________

 

Constante folie

 

  Tu es mon al-quaïda
la base viscérale
sur laquelle je m'organise
en amoncellements vivaces
quoique maladroits
baconiens parfois
et quand je râle
ou que je me glace
c'est que je méloigne de tes chuintements
de ta viscosité charnue
j'espère remonter le fil de tes intestins
à l'aide de mes ongles amoureux

  Le styx, c'est ton chyme
et Charon est un con
je le baiserai encore deux fois
jusqu'à laper son inconsistante soif de cadavres
sa soif de l'or qui obstrue les yeux
ses sales manies de mange-mort

  Et Zeus restera bien tranquille!
ô ma Sémélé
il ne rejouera pas son "coucou-la-voilà" fatal
et obscène
même si c'est truculent

  Et Cerbère, et Hadès
leurs enfers si connus
sont une destination pas tant inquiétante
maintenant que dardent nos petits cailloux
sur le "camino" qui n'existe pas

  Nos croyances n'ont rien à envier aux plus débiles réussites
humaines!
Nos défunts son glorieux
nos mille bouches
de gencives un peu malades, habitées de crocs certes un peu mous
n'ont pas à avoir honte face aux dragons qui courent dans les nuages
des livres anciens
ces pages, nous les grapillerons, pour en faire des boulettes!

  Au faît d'une grande colonne
nous avons trois places, reservées.

 

_____________________________________________________

 

Blanche Chapelle (en prose)

 

  Jack aimait Dieu
les hommes, les femmes
l'anatomie et les couteaux
il se prit pour Dieu, bien sûr
en pire
et les hommes et l'anatomie
et son couteau
de pensée aigue,
son extrémité à lui.

  Jack aimait aussi le lourd brouillard
les porches et les rues pavées
petit paradis de totale liberté
et les femmes
les égéries du soir
oh! d'amour il éclaboussait la sourde monotonie alentour
le glauque désespoir des petits ouvriers.

  Jack avançait d'un pas
inaudible
angélique dans la nuit dense,
par timidité.

  Angelot sadique d'un Londres découpé de nuages gris
il composait dans la chair femelle
des choses un peu abstraites
réorganisait ces organes
recomposant la divine invention
selon ses vues personnelles;
parfois un peu brouillon
mais précis dans le geste
-et avec ça, modeste!
Jamais il ne vendit une oeuvre
ni ne signait vraiment.

  L'Art pour l'Art
et c'est tout.

 

___________________________________________________

 

Quelque part en Afrique ou dans un monde lointain
coule sans aller nulle part un fleuve monstrueux,
anormal, sans logique, son devenir affreux
est de finir en poudre dans une terre sans chemin.

  Tous les dieux restent cois, bouche et membres ballants;
sans respect de leurs lois, cette incongruité
de son mouvement ample et sans utilité
arrose un territoire sans objet, inconscient.

  C'est de l'Art en action, perpétuel, futile
une force colossale qui se meut pour le style,
noire, rebelle, solitaire, sans un geste de trop.

  Il n'a pas de pareil ce fleuve un peu magique
le fossé qu'il creuse est un abime unique:
tu m'aspires la cervelle, étrange Okawango.

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