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Transport de Lune

 

Il est revenu à ce moment précis
où la lune grave lui
a dit "ces mots-là ne sont pas de toi
mais c'est ton droit

d'en faire des fils
de les accrocher à tes antennes
de fouetter tes gueulantes sirènes
ou d'enlacer tes démons puérils"

il trainait l'ombre de la lune à ses pieds
réfléchis, elle a dit
"oh mon amant tu es pâle plus que moi l'opale et tu t'enfuis
sans soleil sur une montagne à peine formée"

A bout de force et aliéné des perceptions crades
sublime et malade
il lui infligea une ultime fois
son sourire mal denté, tout de ginguois

et

ils mélangèrent leur vue
et il plut des scorpions de foutre sur l'astre amoureux
ses gémissements mouillèrent les cieux
combien de dieux ont crevé de ce brouillard fabuleux?

est-ce indécent d'être ainsi nu?

il est revenu, il revient souvent
la porte est ouverte, éclatée par une noria
une furie de monstres délicats
par cent mille Rats

qui devancent son regard luisant

Mais la lune a peur aujourd'hui
qu'il ne revienne plus, que soient perdus
leurs ébats convulsifs et ingénus
les aléas ératiques de son axe fichu

lune, tu crieras affamée dans la nuit.

 

_______________________________________________

 

Chanson du Bâtard

 



  Avec rien d'autre
qu'une liaison mal coordonnée
on va tous s'enticher
des amours vôtres
se vautrer au nom du dieu qui ne vient plus
qui savait mieux que toi
accorder les moeurs malsaines et fichues
le bleu fumé, les principes maladroits

Avec et sans "ça"
on crèvera la gueule chargée de notes
de noires chansons dévotes
écrites sur des écorces de sales gosses, j'y crois
sur des portées vierges
aux cuisses naphtalines
suivant la flamme du cierge
allumée par une câline
tu y crois?

Et avec
des conjonctions dans le tapis des yeux
on se dira les mots désacralisés
les mots qui font pisser la sang bleu
qui débectent
les oiseaux venus avec nous pour chanter
avec tout ça
mes amours pas crédibles
ton sens de l'inéffable
avec nos frissons à se croire malades
ou au coeur de la cible
on sera heureux une seconde
sous la Ronde

Avec toi, lui et moi
avec toutes nos fragiles hésitations
dans le temps imparti de cette chanson
bizarre
toi moi et celui qui luit
jusqu'à très tard
on ploiera la vie
pour lui faire un gosse
Bâtard.

_____________________________________________

 

Ensevelissement

  Je me noie dans le profond
dans l'écho du néant finissant
tu aimes la mort ou non?
ça pousse à vagir
à se tordre pour contempler
les lumières noires de la dévoration
les pages qui découpent les doigts ductiles
tout ce qui est fragile
est à déchiqueter consciemment

je crois que je ne crois plus
que tout s'échappe, tout nous fuit
le bruit des pas qui tourne autour en s'éloignant
la main glacée qui aussi fout le camp
même le sang part vers d'autres pays
plus glauques, plus fermés
il va en autarcie
nourrir ceux qui s'entichent des limbes
qui ne veulent plus en sortir
c'est beau une banshee qui regimbe à effrayer
une banshee amoureuse d'un mort-né
il y a le Sid, les mondes concentriques
la catharsie,
les univers obliquent entre les branes
qui chuintent doucement
et moi,
je reste entre deux eaux
entre deux temps
je m'enfonce sans mon sourire factice
abandonné au seuil du plus bel
orifice
avec moi, les fesses de Venus:
dans la boue
on ne peut qu'être nus
c'est primordial!
J'en entends un qui nous souhaite un truc sidéral...

 

_______________________________________________

 

Gravitation

 

Pour mettre la sale machine en route
je me transperce de doutes
je balance ma tête
comme un amoureux se défenestre

y'a des esprits qui fusent la nuit
qu'on ne revoit plus
qui s'enfuient, c'est perdu
ça met un peu de bleu dans le gris

je n'arrive pas à partir,
ni même dans les strates, ô sphère,
car les pieds me grattent
ou bien quelque chose m'aspire

tout ce qu'on écarte, qui désespère
un final banal et blête
l'absolu qui ne s'atteint pas
je ne vois plus rien, c'est bête

les prophètes croyaient en vous:
je leur jette mes yeux vagissants
je tire l'alarme, non je ne suis pas fou
mais aucun son ne s'entend.

 

______________________________________________

 

Douze à la douzaine

 

J'ai la sourde et sombre impression
de vivre depuis quelques temps
des siècles m'a-t-on dit
tout ça me semble très exagéré

je vis je crois depuis que je crève des yeux
comme on se bat pour aller mieux
je vis depuis que je parle à la mort
depuis qu'elle se prélasse dans mon décor

En fait, je ne vis pas, j'insiste
j'accroche des restes, des lambeaux insuffisants
de coalescences mornes abâtardies par le temps
je m'excite en applomb sur la roche

je vis depuis que je parle de moi
alors que j'aime pas ça, c'est vous
le but, le centre, le noeud gordien à trancher d'un coup
le brûlant sentiment à partager en trois.

Combien existent? Sur leur face amenée par erreur
on voit bien un truc pas net, pas de malheur,
pas assez de présence, rien d'instable
ils jettent un regard permanent sur l'heure.

Quoi? douz' pieds
passent à l'as?
Impardonnable.

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