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  Décharge de conscience

 
  Le rien me gorge d'une brutale contenance
de rêves-rasoirs rouillés
qui lacèrent dans ce corps-errance
une place infinie de mémoire mouillée

  je le traine ce vide, ce truc albumineux
je le confronte à vous
aux monstres, à tout ce qui est mou
à des machins solubles, à tout ce qui est creux

  C'est spatial, spécial, spécieux et grave
au bar les rencontres fortuites
m'incitent à maintes cuites
et voilà de nouveaux trous qui m'encouragent.

  Oblitéré
  transpercé et de pire en pire
  mon empire désafecté s'étend
  mon tissu se répand
  en serpentant de nouveaux espaces, de belles spires
  univers atterrés 
  minsucules et vicieux

  Je sais la perte, je sais le manque
le désir et le trop-plein

  C'est sur une longue page de sable
que je veux verser mon sang

  Ouvrir mon enveloppe, ma boîte
tous les outils, organes, et restes

  Tout laisser en tas déconstruit
dispersable au vent.

 

___________________________________________________

 

  Mélancolie de cinq à sept

 

  Le ciel est trop haut
nous le voyons bien
du sol acarien
où se trainent nos os

  Notre souffle s'élève
léger, parmi ces rêves
échappés à notre pouvoir
tout fuit vers le bout du soir

  Conditions à accepter:
fissures des altérités
manque des mots, des formes
désesperer des normes.

  Alors, tout est loin
nous savons ces lois
de l'espace narquois,
mais nous vivons bien.

 

____________________________________________________

 

  Poèmes courts, et un haïku

 

  Un souffle nouveau
éternise les choses sans vie
il fait froid, progressivement
mais cela ne dure pas.

 

                         *

  Le ciel s'écartèle
et laisse passer de grands vaisseaux blancs
c'est facile
de trouver ça joli

 

                         *

  Au lendemain de l'Enfer
mes souvenirs s'assassinent.
Je vois mon corps
et la lumière.

 

                         *

  A la mort du givre
les reflets se concentrent
pour percer les yeux

 

_____________________________________________________

 

 

  Les gens qui n'ont pas notre intellect
sinueux et agrémenté, pourri de références,
ne voient pas exactement les mêmes choses
ils en ont de la chance
et ne ratent cependant pas l'essentiel
le fort mouvement qu'il a lui
le poète
qui se retourne en crevant dans sa tombe calcinée
avec ses yeux gothiques
ça ne leur échappe pas
donc
nous avons probablement tort
certes
nous mettons de jolies ceintures à nos ventres
pour faire tenir le pantalon de nos connaissances
ça donne du style
certains champagnes ont des bulles fines
d'autres non
quelques monstres de notre enfance existent vraiment
sur le béton rougeoyant de la peur
d'autres appartiennent au cinéma

  Nous forgeons
des statues
ou d'autres les ont faites surgir du marbre
des statues de vérité bien polie
qui ne souffrent pas contestation
c'est normal
des siècles les ont faites émerger
alors?
qui sont ces cons qui sapent nos sifflements?
Ils votent, ils pensent, ils lisent
nous les aimons même parfois
au point de les baiser
les valeurs ne sont pas universelles
l'or a causé la perte des Incas
le plomb celle de l'Europe
souvent je m'endors
tellement je suis chiant.
(mon ctrl+s ne juge pas, il fait ce que je lui ordonne)

 

 

 

 

 

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