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  Au printemps: l'expulsion

 

  Ce n'était pas si bon
dans le ventre
au dehors j'ai aimé l'inconfort
les révélations flashs
entendre crépiter la cornée
et voilà
ce que c'est
qu'un corps né
craché par la force d'un vagin
des muscles orgasmiques
c'est beau de v'nir de là
oh! Amour, es-tu ici
bas?


  Et puis les notes bulleuses
sont quand même bien plus nettes
coupantes
comme la viande a au bout ses ongles
crevantes aussi
mais c'est ce qui est joli
pas uniforme pour un sou
déglingué, troué de balles de la guerre
rempli d'horreurs, de crève-coeur, de malsain
une clocharde, tête baissé pour filer la métaphore,
se penche sur son poème:
"j'ai honte
mais j'ai faim
SVP"


  Ouais, c'est hard de vivre pour c'te chose là
mais dans la rue y'a aussi de chouettes vêtements
des filles à baiser
quelques kebaps de qualité
hallal et tout le bataclan
même chez macdo tout n'est pas à conchier;
avec l'eau du bain on peut faire des bulles
des dessins de gras
qui flottent comme des marées noires
contre le littoral de notre cellulose... Faut avoir de l'imagination,
c'est tout.

 

___________________________________________________

 

  Odes entrecroisées

 

   Lautréamont se décarcasse
en tous petits bouts de rien: infime
pour démontrer combien
la perfection est infâme et obsédante
et la mort supplante le chemin
plantes qui sentent bon le pastel

  L'hermaphrodite, le frère de la sangsue
main dans la main
en pérégrination ralentie
dans des steppes romanesques
romantiques
nous consolent de la double perte
du corps, du décor
qui se confondent en un coulis immonde

  Notre esprit, ah! notre esprit
putatif
convulse de maladresse et tombe, en triple tranche
par terre
ce sol qui rassure
végétatif

  Je t'aime, enculé!
Expression de notre inconsidérable impuissance
à contrôler la pensée, ces méchancetés de Dieu,
innées, forme louche de conscience
d'une solidification du feu;
oui.

  Si moi aussi j'ai des yeux, c'est pour charger
la volupté de détestable ivresse
et marcher droit dans les obliques tuantes
d'un escarpement calcaire à s'écorcher la pulpe
le chemin est un calvaire
appréciable.

  Angéliques certitudes
fourchues
de là-haut
on voit si bien
la décomposition
de l'azur et parallèlement
des deux avatars: le Père et le Fils
qui s'entremèlent désormais
dans l'or brun à écraser de nos chaussures
fières.

 

____________________________________________

 

  In vino, in vitro, veritas

 

  Le vin me parle
je vous jure
le vin mauvais me dit de belles choses
Verlaine en aurait le cul troué

  Les femmes me mentent
pourtant je m'incarne d'honnêteté
tous les matins
j'avoue mon prénom; pas mal hein?

  Mon chat me casse les couilles
enfin c'est une métaphore,
quoique, pas toujours

  Ma femme maîtrise plusieurs arts
notre vie sera longue
enfin les latins disaient ça
ou bien l'inverse

  j'ai des cousins.

  Plusieurs voisines.

  La folie à ma fenêtre.

  La possibilité de me suicider
dont je ne ferai rien,
et puis j'emmerde les pompiers
et leur calendard annuel à la con.

  J'ai des amis
la plupart sont morts sans me connaitre
mais j'en ai que foutre
leur voix m'est restée gravée

  Ma conscience est un peu dégueulasse
et toi?

  Y'a le vague affirmé
des dessins abstraits sur l'océan finissant
et même au beau milieu
mais encore faut il s'y rendre

  La chanson, les incongruités, transvasements
calembours...

  Tiens, le vin veut me reparler.

 

_____________________________________________

 

  T'es laid sur ton canapé

 

   Ouais...

  y'avait la télé
des roses en plastique
un soleil apathique
et le désir imprimé sur papier glacé

ouais... C'était pas mal pour un cauchemar
et au reveil, tout redémarre
encore

On a tous le souvenir de quelque chose de bien
meilleur
inscrit en filigrane dans la mémoire
l'espoir d'un gentil sauveur
c'était hier à peine

  y'avait une télé en poussière
des roses décharnées
un soleil en pierre
et le désir imprimé sur papier glacé

oh c'était si bien, ces esquisses de lendemain
comme rêve en tous cas
on y croyait au futur érigé
tendu aux fibres synthétiques

Et puis on nous a prédit
que le soleil s'incarnerait
ici sur nos peaux incrédules
on a vu ça au cinéma

  Mais y'avait la télé
pour trembler dans sa soie d'appartement
où c'est qu'on voit les gens d'en haut
alors qu'on désire juste du papier glacé

  Mais dans ma télé j'ai vu ces gens
plus besoin de regarder en bas
je commence déjà de frissonner
sais pas si je tiendrai encore longtemps...

  Devant ma télé
devant mes images
mes songes effacés
ces souvenirs sans âges

  Devant ma télé
reste la fortune
des jambes glacées mais
tout semble grésiller

 

______________________________________________

 

  Déménagement

 

   Nous habitions nos lieux communs
dans une molle quiétude
parfois l'hiver était rude
et nous mangions à jeûn

  L'habitude assassinait nos élans
alanguis nous attendions sagement
la mort douce et parfaite

  Matin était un ennemi
lumière perçait nos orbites rabougris
et le temps nous tournait la tête

  Nous habitions nos lieux communs
que traversaient de sordides présences
attendues comme un prophète ancien
venu vendre sa poussièreuse virulence 

  Pourtant il y avait de l'amour
quelque part, tassé dans les recoins
il chantait avec gouaille son chant lourd
nous nous étouffions avec grand soin

  Les volets claquaient souvent
sous le vent ils grinçaient

  Les âmes dans la rue avaient le mauvais goût
de vivre

  Je clamais
des volontés abstraites

  Tu composais
mieux que moi

  Je crois que je nous haïssais
ainsi que les arbres, les couleurs
les molécules relatives à l'existence
nous dégustions d'amères couleuvres

  Nous habitions nos lieux communs
dans une mitoyenne déchéance
et puis un jour les racines, la chance
avec amour ramassés en chemin

  Depuis ce jour, inquiétude
violence
certitude de vivre dans nos lieux propres à chacun.

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