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  Ophélie

 

  Hey! Ophélie tu t'es cassée la gueule!
On voit bien que tu n'as pas glissé
que tes yeux plissés
masquent un jeu puéril

  Mais tu as froid
des ramilles te lacèrent doucement du bout des doigts
suis sûr que ça t'excite
que la nature se couche sur toi

  L'herbe est belle
le rivage fleuri, bien qu'automnal
ton petit cul sur le flanc
n'est pas bien moral

  Qu'est ce que tu attends?
Ophélie!
jolie garce de romans
ta pâleur insulte le fil de l'eau

  Des poètes se décarcassent à te donner raison
et jamais plus tu bouges
ingrate catin symboliste,
désirable au coeur de ce bouge bucolique

  Hamlet pleurera, on le sait
lui aussi a trop simulé et titillé quelques démons
je te ferai honneur en son nom

  Tu n'as plus tort
ne frémis pas
je vais faire ce que je dois
au centre de ta misérable existence.

 

________________________________________________

 

Litanie de la foi

 

Je crois
aux bêtises indicibles
à la suavité épithéliale de certaines femelles
à la chaleur dans le coeur de cible
aux efforts qui ne riment pas

  Je crois
aux vagues de pus sur l'océan
à la malice de l'Homme, à l'indélicatesse
au faible pouvoir d'un roman
à la blancheur du lait d'anesse

  Je crois
aux coups droits
à la tangeante caresse d'un pétal tombé;
les cassures de rythme me touchent profondément
je crois à la bassesse échaffaudée par le génie

  Je crois
qu'on ne peut pas tout dire
mais que rien n'interdit d'essayer, sauf le bout de la langue
je crois à l'inconfort
à la vue qu'on obtient une fois au large

  Je crois qu'il y a des dieux bien minuscules
à la sorcellerie tentaculaire de la réflexion
à l'hérésie calculée à l'ombre de concepts enflammés
je crois que le mauvais whisky pique la langue

  je ne crois plus à l'
éjaculation
ni à la bonté innée des tout petits enfants
je crois qu'ils crèveront
en devenant adultes et synaptiques

  je ne crois plus au talent
aux molécules qui font maigrir sans tuer

  je ne crois plus non plus
au soir qui
tombe
chaque matin on s'aperçoit, déçu, que tout cela est faux.

 

____________________________________________________

 

Dans ma mouille

 

Pleut le crachin du Lumineux sur le toit d'en face
ça appelle la pupille
puis on voit plus rien
c'est un peu biblique tout ça

-Sauf que je n'ai pas de sel dans la bouche!

mythologique aussi

-Sauf qu'Eurydice ne s'en retourne pas aux Enfers,
les Boches ne l'auront pas, cette magnificence. Na.

  Donc,
sur les tuiles, il regarde, scintille
ça le gêne pas toute cette grâce
cet éclat de lui-même à nous dézinguer la rétine
la volonté des astres m'échappe un peu, mais il a la classe.

  Sur la vitre, c'est carrément d'la magie
il s'étale d'abord, puis
dans chaque petite molécule indifférente, prisme,
se répercute son corps cristallin éclaté,
la neige opaline et meurtrière ne recouvre pas si bien.

  Et puis les phosphènes! Bé oui.

  Donc, on n'y voit rien.
ironie, car en vérité
c'est celui qui luit qui est
la couleur
la matière visible
jour et nuit
même le temps donc,

  donc
c'est une leçon à ne pas oublier
c'est comme les pages d'un livre qui voudrait nous bouffer.

 

____________________________________________________

 

Macabre découverte

 

Tout est d'un bloc
obèse et cassant
l'humanité marbrée de sentiments opaques
le devenir religieux des amants

  Ce bloc est à gratter
qui découvrira les inscriptions?
en se pétant les ongles
qui retrouvera la notice,

  qui saura s'il y a des morceaux
de vrai dans un seul mot

  Il est là sous nos yeux malins
ce grand bout de machin
de chair amalgamée, granit en toc
plastique de Chine avec une belle breloque

  Clic cloc clic cloc
et si c'était une bombe
minérale et organique
à trop contempler, on débloque

  On développe des maladies de peau
on s'gratte soi-même et on a tout faux

  Mais ce grand bloc est bien là
mystérieux missile, narquois
les prophéties disent souvent n'importe quoi
"Demain jouera à saute-mouton avec les futurs singes"

  ?

  Il est bien là, cet objet monumental
infranchissable et perpendiculaire
on y sent le parfum iodé d'un paquet de larmes
y'a eu des doigts contractés, funéraires

  Putain c'est l'angoisse, il n'est pas unique
ils sont cent, mille, tous gravés: runiques.

 

________________________________________________

 

Promesse

 

 Ma Belle, mon cinéma
tu as connu un dieu, un apostat
connu son tourment électrique
au regard clos et statique

  Ca nous frissonne ces images en 16/9e
coktail de sève vermeille
de cris lourds, de vol effacé
avec du miel gluant sur sa paroi-bonté

  Je n'ai vu que toi, que lui et quelques livres
je sens nos filaments imbriqués sans illusion
nos yeux en syphon vont chialer du givre
ma Belle, les mondes anciens sont à suivre au fil du crayon

  tissus squalides
icône gothique
le sort étalé
la joliesse de la vie étendue
c'est entendu
nous y voilà
liés

  Ma Belle, mon cinéma
j'aime ta voix en V.O
j'aime t'avoir en or en précieuses possibilités
ce sont nos horribles partages
à se déchirer la trachée
oh Tommy! Sale gosse, que fais tu là?
ne sais tu pas que c'est sacré?
que les corps scarifiés, peinturlurés
tout cela est interdit par la religion

  Bien, nous en ferons une originale
pour une trinité de débats, de somme folle réinventée
pour nos constructions féodales
amibitieuses et biologiques
imparfaites
rythmiques
et pourquoi pas
mélodieuses.

 

_____________________________________________________

 

Le râle du Graal

 

  En queste de la coupe franche de lumière

  Nous estions cent-cinquante, quelques frères

  Beaucoup de sang, de meurtre, de déshonneur

  De faux chemins, de vrais tourments, de clameurs


  Tous les Roys, les dragons, démons ensemble

  Avaient raison chacun de leur côté

  La foi devait descendre nous inspirer

  Car face à la magie, nos membres tremblent

 
  En queste de la coupe franche de lumière

  Nous nous sommes entre assassinés -malheur!

  Les castels sur nous écroulés, et chapelles en pleurs

  Même les sièges nous avalaient! Divine misère!

 
  Nos anciens dieux avons trahis -par piété!

  Le nouveau conserva son Prix -hélas!

  Tous ensemble avons échoué, jamais de guerre lasse

  Sommes même passés juste à côté


  Diable nous oublie! Dieu, Fils et Esprit

  Pardonnent à la pauvre chair, au mol esprit

  Avons fait ce qu'avons pu, avons tout donné

  Prions pour courage futur, futur pour nous, damnés.

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