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Pleuvons

 

Oui, c'est la pluie; ciel délimité
comme dans l'esprit sans fuite possible
sauf par les égouts, les pensées-rongeuses,
chaud abri interne, liaisons de fibres

notre vie est folle, souvent monstrueuse
objectifs abscons, respect des chiffres
nos lois à la con de magies vitreuses
régissent un vide, une absence logique

oui, c'est du liquide, aux parfaits reflets
qui ne reflètent rien: image idéale
pour l'illustration des errances joyeuses
celles qui oblitèrent les mémoires dédale;

tous les matins meurent dans l'indifférence
d'un astre zénithique, alors son absence
ne peut être pire, mais l'iris se lasse
d'inutilité, d'un coup, il se glace.

  Alors, oui, il pleut. Est-ce si triste?
la vie se vide, les bitumes s'enflent
comme du pain perdu, on voit un soliste
parmi ces formes, il nous ressemble.

 

_____________________________________

 

Tout le mal concentré en un point
noedal, mal dosé
en uniforme, les maitres du monde
à la télévision sont fonctionnels
ils s'échangent les codes
qui permettent, parait-il, de rendre la sale machine utile
ou de creuser des syphons
ainsi font les maîtres du monde
qui ne sont, ni tant méchant, ni si malin
qu'on le dit dans les livres de contes

quelque chose gratte en dedans!
c'est atroce dit une voisine,
même en se gardant de l'ironie méprisante
ça lui brûle les tissus internes
il y a des réactions
qui ne trompent pas. Je voulais être schizophrène
et jouer au billard avec des ovaires
me persuader de mes visions uniques
voilà que le temps s'égrène
dans un horrible son de succion
mais on n'y peut rien, sauf à
regarder le plafond enfoncé dans un sofa.

 Il est là le mal, hum, si excitant
dans sa fourrure d'animal encore vivant,
écorché, lascif, avec ses lambeaux de jouissance
qui, en serpents sur nos têtes, font une danse

 Il est là, tout autour, tout vautour
au sourire d'enfant, de nos enfants
de nos fils issus des contacts sourds,
des monologues de nos organes sur catalogue marchand

 Sont-ce des nazis dans nos poches?
la littérature en dégorge sur le ventre des lecteurs
en processions furieuses accompagnés des licteurs
qui les gardent de nos morales fantoches

  Le mal n'existe plus, vous, moi non plus
tout est à recréer aux petits matins qui gueulent
les lèvres pincées, derrière un nuage de pus;
cette notion est une chimère fragile qui feule.

j'ai pitié du mal, je l'aime, je lui trouve une consistance
que n'atteint ni l'Art, ni l'amitié, ni la trop faible nuisance.

 

__________________________________________

 

Paradigme

 

Renversons-nous les amis,
car je n'ai pas d'amis, que des formes qui passent
alors, renversons-nous, sur le dos, sur les poignets
que nous cassons à angle droit

  Mélangeons tout ce qui dérange
cette soupe épithéliale et organique
aura sûrement un goût infâme, âcre
bionique et débordera de sentiments futils

  Apporte-moi la preuve que tu es humain
et que tu n'as jamais tué personne
même ce matin d'octobre où tu as disparu au coin de la rue
prouve-le, assassin!

  Cassons-nous les dents, elles ont peu d'utilité
les supermarchés regorgent de pailles
de boîtes de raviolis, et d'ouvre-boîtes;
qu'elle sera belle et parfaite notre faille!

  Donnons nos viscères à ceux qui n'en ont pas besoin
qui ne le méritent pas, qui en feront des sculptures
donnons-nous tout entier
à un trafic immoral

de mensonges moîtes
de danses maladroites
de maltraitance
donnons la chance
au bénéfice de la brûlure
aux ruptures
à la calomnie géniale
donnons-nous aux demi-droites
asymptotes
aux équations irréductibles
vendons-nous au diable, s'il lui reste un peu de monnaie

mes mots n'ont pas de sens, vous le savez, ils aimeraient être
des palindromes, caressés à rebrousse-sillon
crachés puis ravalés:
ravalons les façades qui nous ont trompé
et qui prennent sous terre les racines
torves, déjetés qui creusent avec nos manières
une tombe fractale
qui nous relie
comme on relit obstinément un livre
que nous ne comprenons jamais.

 

_________________________________________

 

(six pas en avant, six pas en arrière)

  J'écoute les très grands qui ont compris des choses,
mis au jour des systèmes, vus les paramètres;
j'en dévore le jus, parfois je les rejette
comme un ventre de belle quand j'ai mes mycoses

oh ce sont des génies et la belle danse bien
mais l'corps est exigeant dans son mode solitaire,
c'est un drole de type: l'art est un assassin;
je suis les pas en creux de neige sale recouverts

ce sont des va-et-viens, fornication-hoquet
caresser les contours, effleurer la lèvre
coller une droite dure, imposer une trêve
observer la césure, dire: tout ceci est laid!

certains ont tout compris, moi je meurs doucement
grattant mes équations, le néant fait son cinoche
c'est un beau spectacle, nous sommes au premier rang
mais que dire de l'oeuvre quand le public est moche?

A vaincre sans péril on triomphe sans gloire
je n'en ignore rien, quitte à chialer le soir;
mais baiser sans capote des garces renouvelées?
je préfère l'écriture, sport extrème des damnés.

 

__________________________________________

 

 

Vacuité céleste de l'absence de pensée
des formes glissent pourtant
et coulent le long de la paroi tapissée
des stries cinétiques au pouvoir obsédant;

  Eclair dans le vide, subreptisce
révélation, puis close soudain;
ces choses nous traversent et disparaissent
laissant là quelques saveurs précises

  Crissement de silice
  arrêt brusque où tout s'estompe
  gracile, léger
  des particules fines en suspension...
  Cette apparence de délices
  des délitements
  à contempler
  rouler sous le vent:
  sans importance
  (..............)

 

 

 

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