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1 septembre 2013 7 01 /09 /septembre /2013 10:55

Il est beau, il grouille de choses poétiques, d'auteurs barrés, de nouvelles refusées partout ailleurs !

 

CoHuEs 12 !!!

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29 avril 2013 1 29 /04 /avril /2013 15:22
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18 août 2012 6 18 /08 /août /2012 12:42

 

Vidéo par Mioustre et (un peu) moi.
 


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31 juillet 2010 6 31 /07 /juillet /2010 09:34

 

 

  Un lit sanguinolant occupe la scène, il surgit de l'obscurité mieux qu'une peinture phosphorescente. Sur ce lit, on y attend la mort. Une nonne prie, un vieillard écarlate et décrépit comme un sentiment passé tend un verre de vin au mourant. Sur le devant de la scène, à la chevelure de traine en or, un personnage à genoux, inquiètant, immobile et mutique.

 

  La robe du vin rouge, ses parfums, ses jambes déposées sur les parois du verre, tout enivre l'homme alité, ses souvenirs sont exaltés. C'est Casanova, au seuil du trépas. Il parle. Mais c'est un monde! il parle en bulgare! C'est le théâtre! on aura tout vu, tout entendu. Un Giacomo Bulgare! pourquoi pas un Raspoutine Mexicain?! un Byron Croate?! Pour les âffres de l'agonie, il faut le reconnaître, la langue slave s'y prète bien, elle a ce qu'il faut de mortuaire. Mais on y comprend rien. On croirait qu'ils devisent en yogourt, mais non c'est bien du bulgare, et ça veut dire quelque chose! pour preuve les surtitres qui s'affichent peniblement au dessus du décor.

 

  Giacomo! Giacomo...! C'est à peu près tout ce qu'on percevra de la langue de Dante.

 

  Une Française pleure les voluptés que le séducteur lui refuse désormais. Elle reviendra tout au long de la pièce, comme un fil rouge de lamentation, ici geignant, là trainant une pierre qui devrait l'entrainer par le fond des eaux si elle s'y plongeait. Ce n'est que menace. Plus loin, la voici répétant qu'elle est sienne jusqu'après la fin à venir, un couteau à la main. Elle est électrisée d'un amour hystérique, désespéré. La Belle chouine en français! Ce serait donc la langue des amours suppliantes, bafouées. Méfions-nous des maîtresses françaises, voilà le message.

 

  L'épisode de la nonne séduite est des plus cocasses, burlesques. Rien n'est traduit, mais bien évidemment, on comprend tout ou presque des paroles sulfureuses du héros qui parvient à détourner la religieuse de son serment fait à Dieu. Puis vient Charlotte, jeune fleur qui s'évanouit dix fois dans une heure, comme un murmure dans la tempête. On rit beaucoup. La Russe hypocondriaque et nymphomane n'est pas mal non plus.

 

  Diana Dobreva a travaillé une mise en scène brillante, orchestrée, millimétrée, les tableaux s'enchaînent et s'articulent avec maestria, suivant un code couleur bien établi.

 

  Le personnage mystérieux et silencieux du début, c'est bien sûr l'Amour, le vrai, qui s'incarnera dans la vie de Casanova sous les traits de Maria de Liattio, mais son nom n'est jamais cité. Est-ce vraiment elle? en tous cas elle l'accompagnera jusqu'au bord de la vie. Le final est grandiose, enlevé, virtuose, à la limite du baroque, ses femmes, mues en harpies ténébreuses reviennent le hanter en dansant une gigue macabre sous les jupes du vieillard érubescent. Elles persécutent le beau et finissant Giacomo, elles le séparent, ou lui interdisent l'Amour Véritable qui reste bras croisés, tête baissée, toujours sur le devant de la scène. On ne peut pas tout avoir! seuls les enfants y prétendent avec quelque espoir.

 

  Alors il redevient enfant, et l'Amour le prend, ou est-ce la Mort? en tous cas le rideau tombe. On applaudit à se desquamer les digitales.

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27 juillet 2010 2 27 /07 /juillet /2010 10:44

 

  Les dieux ne savent pas enfanter comme tout le monde. Pour ce qui est de la bagatelle, souvent ils se contentent des mêmes plaisirs que nous autres, les bipèdes non métamorphes: à genoux, debouts contre un mur, en haut du mont Olympe, ou dans le feu des enfers; mais pour ce qui est de la procréation à proprement parler, il leur faut de plus somptueuses histoires que celles de la graine et du ventre ou de la cigogne. Des histoires bien plus mystérieuses. Ainsi, on ne sut jamais combien d'allers-retours du Saint-Esprit dans la maison de Marie furent préliminaires à son insémination. Aphrodite naquit de l'écume, et pour ce qui est des gosses de Mickaël Jackson, la lumière ne se fera jamais totalement.

 

  Il en est de même pour Dyonisos, ou Bacchus, qui dut finir sa gestation dans la cuisse de Zeus -ou Jupiter selon que l'on est plutot feta que mozarella. Une ruse d'Hera, jalouse comme toujours des frasques de son luron de mari, conduisit ce dernier à tuer malencontreusement sa maîtresse, la mortelle Sémélé, enceinte de lui.

 

  Né du stupre, cette demie-portion divine manifesta très vite un penchant surnaturel pour la gaudriole.

 

  Tout le monde aime Bacchus, le dieu de la vigne, des éclats de rire, des orgies qui lui sont éponymes. Les bacchanales résonnent à nos oreilles avec leur lot de gémissements, de râles, de chants et de liquides, de la terre comme de la chair.

 

  C'est pourquoi lorsque j'ai vu que se jouait en Avignon, dans le "off", des "Bacchantes", j'ai tout de suite conçu le désir ferme de m'y rendre pour voir jouer cette tragédie d'Euripide. Esperant trouver la mise en scène et les acteurs à mon goût, j'avais déjà imaginé un titre fameux à cet article: "ho! les belles bacchantes!".

 

  Je me suis même débrouillé d'obtenir des places offertes, ce qui fait en général nettement abaisser le niveau d'exigence du specateur au théâtre. De simples éclairages point trop négligés m'eussent contentés, et j'aurais sans rechigner dressé un éloge à peine orienté par le besoin de placer mon titre.

 

  Me réservant une très charmante compagnie fort savante des choses mythologiques (être bien accompagné au théâtre est le gage de ne jamais s'ennuyer), je me préparais à une de ces belles soirées qu'offre Avignon au mois de juillet.

 

  Je déchantai un peu en apprenant que le théâtre des Amants -nom céleste! avait le très mauvais goût d'être situé en dehors des remparts de la ville. Google fut mon ami. Google map, pour être précis.

 

  Une nectarine bien juteuse et quelques menus bonbons sucrèrent notre petit périple jusqu'à l'office des comédiens. Du moins jusqu'aux rues avoisinant la place où devait se trouver la salle.

 

  Nous ne débusquâmes jamais les joyeuses et turpides Bacchantes. Jamais. L'heure du lever de rideau passée, nous décidâmes logiquement de rebrousser chemin, en conspuant le moteur de recherche, ou plutôt: de perdition. Au milieu de mille imprécations, malédictions plus ou moins farfelues, je jurai de ne plus jamais en user pour autre chose que dénicher un site pornographique. Mon amie me raconta ce qu'elle savait du dieu de la vigne et de ses suivantes éphémères. Elle en connaissait juste assez pour m'incruster dans l'esprit l'envie d'en apprendre plus, et de lire, bien sûr, Euripide, vu que le Sort nous avait interdit d'en voir la représentation.

 

  Cochon qui s'en dédie. Je n'ai pas tenu quinze minutes chez moi avant de lancer une recherche Google sur les Bacchantes d'Euripide, texte que vous trouverez ici si le coeur vous en dit.

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16 juillet 2010 5 16 /07 /juillet /2010 17:51



  C'est la Sainte Elvire. Nous réécouterons "les loups sont entrés dans Paris" de Vidalie, chanté par Regianni. C'est beau. C'est frémissant, la chair fait quelques tours sur notre squelette, puis elle revient à sa place initiale. Magie de la musique.


  Mais c'est aussi la Sainte Marie-Madeleine. Plutôt que d'aller aux putes, ce qui n'est pas raisonnable en période de crise, nous relirons 'A la recherche du temps perdu", enfin vous le relirez, moi je le lirai simplement. Mais une autre fois, car en Avignon, c'est festival. A nul autre moment de l'année, et dans nulle autre ville de France, se concentrent autant de grâces féminines entalonnées, de jeunes et accortes danseuses, actrices, souriantes passantes aux regards suaves et enjôleurs comme autant de pâtisseries déambulantes. A nuls autres.


  Et tout ça sous couvert de théâtre. Il faut donc aimer le théâtre, lui reconnaître ses vertus, se plier à son Art. J'en suis convaincu depuis longtemps.


  Cette année on y joue encore de belles choses. Du Musil, du Kafka, un peu de Pessoa, un Casanova, un Horla, un Tour D'écrou, un Melville; la cour d'Honneur offrira aux spectateurs la "tragédie du Roi Richard II" comme un hommage à la toute première édition du festival, sous la coupe alors de Jean Vilar. Nous y aurons nos célébrités bien sûr! Pennac lui-même montera sur les planches en scribe Bartleby, Romane Bohringer pour du Brautigan, et surtout Eve Angeli dont la présence en ces lieux assure un diner de con théâtral de plus de trois semaines. L'année dernière j'ai pu faire ma groupie en coursant Denis Lavant afin qu'il me serre la main. Denis Lavant est sûrement l'un des cinq meilleurs acteurs français non décédés, mais il semble l'ignorer, et préfère jouer dans d'obscures productions est-européenes que dans notre cinéma à nous, trop occupé à suremployer Kad Mérad.


  Mais le festival d'Avignon n'est pas qu'un aréopage ardent de talents incontestables (si, Eve angeli a un talent incontestable). C'est aussi l'occasion pour les auteurs de comédies honteuses de nous affliger la pensée et l'horizon mural des pires jeux de mots que l'esprit humain puisse concevoir sans être aussitôt aspiré aux enfers. Un goût immodéré pour la dignité de notre race m'interdit de les recopier ici, cependant je tiens à m'élever solennellement contre ceux, trop nombreux, qui déshonorent l'oeuvre et le talent de Boris Vian: il n'y a pas moins, chaque année, de trois productions qui osent les "Vian dans mon crâne", " en a-Vian la musique", "et Vian, v'là Boris". Le pauvre hypocondriaque doit suffoquer dans sa sépulture. Je propose la création d'un comité de surveillance des jeux de mots calamiteux dans les titres de pièces et spectacles du festival. L'avis ne sera que consultatif, mais les contrevenants se verront immolés devant le Palais, ça donnera un tour médiéval à notre cher évènement.


  Théâtre, danse, et donc: musique. Ces jours derniers j'ai eu le privilège d'entendre un Brésilien (mais il aurait été Finlandais que je me serais senti tout aussi chanceux) jouer du Satie sur des steel drums! Le steel Drum étant une espèce de bidon martelé en divers endroits de façon à reproduire une gamme. Le son est comparable à celui des cloches. Il nous joua, en guise de rappel, la gnossienne numéro 1, et j'en ai encore l'épithélium en accordéon. Hier, ce fut une petite troupe de musiciens locaux qui ensorcelèrent des textes d'Artaud et des vidéos d'une jeune artiste locale de leurs furieuses compositions magmatiques.


  ha, on me dit dans l'oreillette qu'Eve Angeli se trouve en un bar que je connais bien. J'espère que la réalité sera à la hauteur de l'idée qu'on s'en fait.


   

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3 juillet 2010 6 03 /07 /juillet /2010 12:04



  Je veux ici chanter, sous un soleil opaque et pourrissant comme le souvenir de nos jeunesses fanées, le front chaud et ridé d'humilité, tout l'amour qui m'a saisi hier de ses griffes écarlates, et me lacère encore la chair et l'esprit.


  Oui, je suis tombé amoureux, selon la formule gravitationnelle convenue. Autant dire la vérité, je me suis même pâmé à la lecture de quelques mots d'une inconnue. Le sujet était pourtant fort grave, et relègue selon moi loin derrière la question de la vidéo dans le football. Il s'agissait d'un post sur la réécriture des Bibliothèques Roses et Vertes. J'y ai appris que le passé simple avait été remplacé par le passé composé, et que les mots complexes s'étaient mus en terme plus évidents pour un enfant de moins de dix ans.


  Passé le légitime effroi mâtiné de haine qui me souleva la peau le temps de bien visualiser les noires intrications de cette fulligineuse conspiration, je décidai de lire les commentaires gorgés de "ho!" et de "haaaa!" dégoutés que je supputais à l'envi. j'avais même bien imaginé de glavioter moi aussi un peu de fiel sur le mur de cette sordide affaire.


  Gonflant mon pectoral comme un boxer à qui l'on remet la légion d'honneur, je bêchais mentalement mon champ lexical d'adjectifs les plus péremptoires, les préparant à nourrir le débat.


  Et puis voilà, j'ai lu la prose nostalgique et touchante d'une dame -fonctionnaire bien que ça impacte peu sur l'histoire- qui exprima très simplement et au plus juste sa tristesse d'enfant grandie. Ses souvenirs d'interrogations, de recherche de sens, ses tâtonnements dans les subjonctifs imparfaits, les terminaisons en -âssent, troublantes pour un novice! Comment elle se construisait son petit paysage psychique d'une phrase avec quelque obscurité de vocabulaire ou bien de syntaxe. Je ne saurais l'expliquer vraiment sans passer pour un misogyne mal assumé, mais cette écriture était toute féminine, et je ne parle pas de grâce ou de délicatesse dans le style, mais d'une émotion crue, d'une sincère capacité à l'émerveillement, et surtout à narrer cet état avec la sobriété qui lui sied.


  En quelques phrases, quelque enchainement de pensée, je sens le parfum de la femme d'esprit, la ''fragrans feminae'' qui imprègne la narration; cet esprit vif, noble et subtil m'émeut jusqu'à la déraison. Je n'en ai plus rien à foutre de la Bibliothèque Rose, ni de l'entreprise de castration intellectuelle opérée sur les plus petits. Les meilleurs d'entre eux se passionneront pour Marc Levy de toutes façons.


  Je ne pense plus qu'à son sein palpitant de poésie, à sa nuque gracile, à ses yeux de sorcière de Salem et je vacille et perds toute notion. J'espère qu'elle est "bonne" quand même, sinon, quel abîme!

 


 

 

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1 juillet 2010 4 01 /07 /juillet /2010 12:19


  Les écrivains sont des petites choses fragiles, qui meurent facilement, surtout en été, allez savoir pourquoi.


  Dans un an jour pour jour la presse nationale parviendra à me dégouter de Céline. C'est qu'on fêtera le cinquantenaire de sa disparition. Il faudra l'aimer pour son style, ses révolutions, sa "petite musique", et le haïr intelligemment pour son collaborationnisme revendiqué, son pacifisme mal à propos et son épique détestation du peuple juif. Le lendemain, elle fera l'apologie d'Ernest Hemingway, suicidé le 2 juillet 1961.


  Je sais que certains jeunes de notre siècle ne savent même plus qui est Céline, et se demandent pourquoi j'évoque ici les prénoms de mes premières amours. D'abord je fais ce que je veux et où je veux. Quant à Hemingway, ils le connaissent au moins de nom, ou bien il faut abattre toute la jeunesse comme un troupeau aphteux.


  Dans un an donc, un combat de titans de papier va avoir lieu. Des titans que tout oppose, si ce n'est une espèce de pessimisme forcené, de désillusionnement de l'espèce humaine né des conflagrations des deux Guerres Mondiales.


  Hemingway comme Céline s'est engagé dans la guerre par goût de l'aventure, de la virile camaraderie, bien que le second laisse entendre dans le "Voyage au bout de la nuit" que tout s'est décidé sur un coup de tête et pour impressionner un copain. Peu importe comment on entre dans la tragédie, une fois qu'on y est, on se transforme.


  Les métamorphoses d'Hemingway et de Céline sont absolument antagonistes. Le premier revient de la guerre avec la certitude que son style doit se purifier, aller à l'essentiel du mot, que la vérité dite et écrite ne souffre aucun effet de manche,  le second ne veut plus écrire que de l'émotion, qu'il entrecoupe des fameux trois points qui seront sa marque de fabrique, il virvolte et procède à ses envolées depuis ces petits marche-pieds litteraires. Le premier aura le Nobel, le second ratera le Goncourt au profit d'une oeuvre tout à fait oubliée depuis.


  Face à l'horreur bien des tempéraments se dessinent, prennent un tour inattendu. Si la matière qui fait un auteur se condense et s'agrège chaotiquement dès son plus jeune âge autour de l'axe de sa sensiblité, l'eclat d'une bombe tombée droit dessus l'oblige à remettre tout ceci en ordre, dans un ordre nouveau. Hemingway l'Américain gagna la seconde Guerre Mondiale, Céline le collabo la perdit. On peut y voir une victoire sobre, et une défaite flamboyante.


  Malade et impuissant, le Nobel se tira une cartouche de fusil dans la trogne quelques heures seulement apres que le Goncourt raté eut cédé à un anévrisme. Céline venait de terminer les corrections apportées à "Rigodon", sa dernière oeuvre, et mourut presque le nez sur le manuscrit. Sa haine l'aura porté haut, loin et seul, dans des sphères glacées qu'il aura tenté durant sa vie d'écrivain d'organiser en fééries violentes et monstrueuses; Hemingway, tout aussi solitaire, tout aussi traumatisé, laisse une oeuvre opposée, sans fard, rectiligne et pourtant émouvante comme le spectacle d'un crépuscule nimbant l'horizon de l'océan.


 


 

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27 juin 2010 7 27 /06 /juin /2010 14:51

 

 

  Le mois de junon s'affaisse enfin lascivement dans les moiteurs estivales tant attendues. Tout n'est que sexe, partout. Des plantes enveloppées d'intenables parfums qui sans pudeur nous imposent leurs organes génitaux, aux couvertures de magasines promettant d'intenses fornications à ceux qui ont le bon sens d'acheter leur publication et le courage de perdre cinq ou dix kilos. Et je ne parle ni de ma voisine, ni des boulangères qui habillent leurs miches de porte-jarretelles. Je me consacrerais volontiers à la douce musique de l'amour, n'était mon orgueil marteau-piqué à vif.

   

  Tel mon épicier qui selon ses termes "ne dort plus" depuis qu'il a par mégarde fait payer à un client anonyme un euro cinquante une bière qui ne valait qu'un euro, j'ai moi aussi un terrible cas de conscience des plus dévorateurs. Nul doute que si j'avais des insomnies, je les mettrais sur son compte. Il semble que l'on prenne aussi mes articles à un euro pour des articles à un euro cinquante.

 

  Une lectrice fort avisée (croyez bien que sans ça elle recevrait mon pied au cul) me repproche d'avoir un peu facilement résumé le brigandisme de François Villon en le qualifiant de penchant "naturel". C'est du choix de l'adjectif que l'on me blâme. Alors, j'ai bien entendu d'abord écarté la remarque d'un revers de la main, car j'ai un penchant naturel pour l'ironie suffisante; et puis je suis un bouffon, pas un historien. Mais voilà, on ne récuse pas si facilement l'opiniâtreté d'une passionnée d'époque médiévale.


  A ma désinvolture, elle argumenta. Si bien que j'en ai des remords. Elle m'apprit que le papa du jeune Villon fut pendu pour une histoire de chemise encore plus poignante que l'affaire du "pull-over rouge". Sa mère, d'abord mutilée en représaille de larcins alimentaires, gigota finalement elle aussi au bout d'une corde.


  On comprend l'assurance affirmée dans ce quatrain qu'il a de finir à la potence:


  "Je suis François dont ce me poise

  Né de Paris emprès Pontoise

  et de la corde d'une toise

  saura mon col que mon cul poise"


  Je riais déjà à la lecture de cette piquante présentation sans savoir que Villon descendait d'une tradition parentale de pendus. Une part de tragique m'échappait cependant!


  Ma mauvaise foi est mise à rude épreuve. Comment ne pas penser, en effet, que le cher petit a été poussé sur la pente funeste par des parents un peu trop coulants? Hé bien je dirais qu'à trop chercher les circonstances atténuantes, les causes éducationnelles et à rejeter la faute d'un individu sur la nocivité d'un environnement peu favorable, on en arrive à cette sombre société de délitement moral que nous connaissons aujourd'hui.


  Je corrige donc: "Villon avait un penchant atavique, inné, pour le meurtre et la rapine, c'était inscrit dans ses gènes".

 


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18 juin 2010 5 18 /06 /juin /2010 10:58




  Ôôôôôôôôôô  invasive et térébrante douleur de tout un peuple vaincu, publiquement humilié devant le cortège des nations, genoux en terre de Défaite; le cynisme s'efface devant toi, la moquerie se sclérose d'obscenité, et quoi? je ne sais plus quoi dire. Ah tiens, si:


  France ! France outragée ! France brisée ! France martyrisée ! mais France libérée ! libérée par elle-même, libérée des hystéries consanguines, des nationales furies, des beuveries violentes et souvent macabres des soirs de match de foot. Statisquement, trois Français vont éviter la mort par la grâce de cette sortie sans gloire.


  Et voilà, j'ai craqué, je n'ai pas pu m'empêcher; je ne sais pas bouder mon plaisir.


  Il faut dire que cette lourde tension de l'air qui retombe comme un soufflet flasque a de quoi reposer.


  Tout est différent ce matin. Le rossignol n'arbore plus son fier maillot bleu qui jurait dans le vert feuillage du platane en bas de chez moi, les ouvriers besognent leur tôle dans la stricte observance de leur métier, absorbés par la tâche qui leur fait oublier le déshonneur de la veille, nul n'attend plus que les sourcils du sélectionneur se rejoignent en un improbable V de la victoire.


  Je me vantais ici -mais je me vante partout soyez-en sûrs- de profiter mâlement de l'obnubilation de mes congénères du même genre que moi pour le football, et de délasser, par humanisme, leurs femelles abandonnées lors des grandes compétitions. Il reste un match je crois, pensez bien que je saurai en profiter.


  Je viens d'apprendre, presque en direct, c'est donc une espèce de flash info (et pas UN espèce de flash info, je le précise à l'attention de la moitié des journaleux de France qui ne savent plus reconnaitre un nom commun d'un adjectif), je viens d'apprendre donc, et ça coupe court à toute reflexion sportive, parce que nom de Dieu, si j'avais su ça avant, croyez bien que mon avis sur le foot, vous vous en eûtes passés, je viens de lire donc cette noire nouvelle:


  José Salamango n'est plus. C'est un euphémisme, ça veut dire: il est mort. Crevé, foutu, ad patres. José Salamango! C'est quand même un prodigieux hasard!


  José Salamango n'est pas footballeur, ni même arbitre, et pas du tout, mais alors pas du tout Français. C'est à se demander pourquoi, ou dans quel but, est-il mort aujourd'hui-même. C'est louche. Mon dernier article traitait justement du plus grand auteur portugais, le sieur Pessoa, qui n'ayant pratiquement rien publié de son vivant, ne reçut aucune distinction notable. Au contraire de José Salamango dont je n'ai pas dit un mot, qui lui, a eu le prix Nobel de littérature en 1998 -notez comme cet homme ne cessa de se cacher toute sa vie derrière les péripéties françaises en coupe du monde.


  Je n'ai jamais lu ni le "Radeau de pierre", ni même "L'année de la mort de ricardo Reis". Je le soupçonne d'ailleurs d'avoir passé l'arme à gauche afin de me culpabiliser de ne pas le citer dans mon article sur Pessoa. Je trouve ça dégueulasse de me faire porter le chapeau d'un égo hypertrophié porté par une santé vacillante. Je suis en bonne santé, moi.

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Douleur du retour

 

Echec

 

Prose du mécréant

 

Eros et thanatos?

 

Au-dedans

 

Rencontre solitaire

 

Ad libitum

 

en tous cas

 

Un soir entre potes

 

Romance

 

A hurler dans la foule

 

Je crains de tout détruire dans un accès de lucidité

 

Il le fallait

 

De l'inconvénient de se réveiller

 

Le jour est monté

 

Décalage vers le froid

 

Quarantaine

 

Au-dehors, en-dedans

 

Le mal des aurores

 

Western

 

Ici et là-bas

 

Considérations peu utiles

 

Papillote amère

 

Tragédie avec fin heureuse envisageable

 

Les consolantes

 

Nocturne Eden

 

Parenthèse

 

Iles

 

Je ne sais plus rien

 

Bêtise

 

Arrose l'orage

 

Idéal

 

Eternel retour

 

Circuit fermé

 

Nuit de bitume

 

Et tu l'as injuriée?

 


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