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18 décembre 2010 6 18 /12 /décembre /2010 10:12

   Le Surréalisme a abusé de sa force comme le jeune enfant abuse de l'impact qu'il découvre posséder sur la personne de ses parents.

  Qu'est ce que l'occident a produit depuis? du néo réalisme? de l'hyper
réalisme? autant dire rien. En terme de mouvement: rien. Et c'est tant
mieux, Rimbaud est de quel mouvement? ah ah. Les mouvements sont des terrains de jeu, des zones circonscrites, des champs de tirs de mortier poétique et intellectuel, ça n'est pas essentiel: on peut faire la guerre sans ça.

  Des lois? on peut en inventer! Des directions nouvelles aux déplacements de la conscience! Des objets mous aux mille reflets, gorgés d'odeurs indécrottables, avec en leur centre des images qui défilent comme au cinéma, et en 3d! Oui tout cela est possible. Si c'est affaire de moules, nous connaissons la chanson: "ils sont d'une texture nouvelle, je vous avertis. Ils ont été coulés demain matin". "Nouvelle", vraiment? J'en doute, dans ce genre d'histoire, rien n'est vraiment nouveau.

  En tous cas, je l'affirme ici, haut, fort et clair:

  JAMAIS LA POESIE N'AIDERA A VIVRE MIEUX LA VIE,
  JAMAIS LA POESIE N'ADOUCIRA L'AMERTUME DE L'EXISTENCE
  JAMAIS LA POESIE N'AMENERA LA PAIX SUR TERRE
  AU CONTRAIRE
  LA POESIE
  C'EST LE FEU
  LE DANGER RUTILANT
  LA POESIE C'EST
  LE BOUTON ROUGE
 
  LA POESIE C'EST NOTRE ETERNEL DEFI JETE A LA GUEULE DE LA VIE ET DE LA MORT ENSEMBLE!
  NOTRE PROVOCATION ORNEE DES FIORITURES QUI NE NOUS SAUVERONT PAS, MAIS QUI JUSTIFIENT D'ALLER, L'ARME A LA MAIN, JUSQU'AU BOUT DE LA VIE!

 


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17 juillet 2010 6 17 /07 /juillet /2010 14:15



  Chris Burden a l'air tout hébêté sur ce fameux cliché de 1971, où on lui panse le bras. On le comprend: il vient de se faire tirer dessus par un ami armé d'une carabine. Son ami est-il fou? Cocu? Possible, mais ce ne sont pas les raisons qui expliquent son geste. Ce qui explique son geste, c'est que Chris Burden est un artiste. Donc le fou des deux, c'est plutôt lui. Pourquoi a-t-il sommé un ami de lui tirer dans le bras? Les interprétations nous appartiennent, lui c'est un artiste avons-nous dit, en conséquence, il fait, et nous regardons, questionnons et jugeons. La guerre du Vietnam occupait alors l'actualité, mais plus généralement Burden est un artiste sacrificiel, christique, qui teste et éprouve la resistance de son corps. En croix sur sa Coccinelle on voit combien il est passé près de lancer une nouvelle religion.


  Mais la violence de ce fou dangereux n'est pas uniquement retournée contre lui. Il s'adonne à pire que ça. Chris Burden tire sur les avions. On tire bien sur les ambulances, dirait une Françoise Giroud encore vivante. Certes, mais depuis le sol, avec un revolver, tirer sur un avion de tourisme dans le ciel californien est encore plus inutile que de tirer sur une ambulance. C'est une vaine barbarie, un peu absurde, peut-être désespérée. C'est en tous cas un geste pathétique, tragique, et vaguement burlesque. Cet homme a un talent certain pour la dramaturgie. Parfois c'est une toute petite dramaturgie, avec des conséquences minimes, comme lorsque il s'assied sur une chaise avec devant lui une pancarte mentionnant "je serai assis sur cette chaise jusqu'à ce que j'en tombe". On est loin du sacrifice d'Iphigénie. Mais tout de même, en tombant il s'est fait un bleu. Son corps est le medium, le mettre en danger, sa méthode.


  Parfois il va trop loin, comme dans cette performance où il s'allonge sur la chaussée, entre le passage des voitures. La police l'arrête, mais la justice peine à formuler un chef d'inculpation. Parfois il ne va pas loin du tout: dans "white light/ white heat", il est dissimulé sur une plateforme suspendue au plafond, et le public passe sous lui sans le voir, sans imaginer la réélle supercherie d'une exposition, où, semble-t-il, il n'y a rien à voir.


  Il s'est principalement fait connaître comme ça Burden, à l'aide de son corps, de l'usage qu'il en a fait. Ramper sur du verre pilé ne lui faisait pas peur. C'était un fer de lance du Body Art.


  Aujourd'hui qu'il est moins jeune (notez le truisme), il s'est un peu rangé des voitures. Il s'adonne plus volontiers à la sculpture. Ses têtes de Méduses sont exposées ici et là: ce monde monstrueux et déformé par une industrialisation mortifère est tout à fait impresionnant, et fascine beaucoup de spectateurs.


  Pour les amateurs d'art actuellement dans le sud-est de la France, je conseille l'exposition Ecce Homo Ludens; pas uniquement parce qu'un ancien professeur à moi en est l'un des deux commissaires, mais aussi pour le stabile de Burden exposé. Deux maquettes de titanic tournoient autour d'une tour Eiffel en Mécano, c'est moins estomaquant que le rouleau compresseur en levitation rotative, mais ça donne une idée de son travail. Et puis si on aime pas, on peut toujours lui dire que c'est qu'un con, il est encore vivant et habite Los-Angeles.

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17 mai 2010 1 17 /05 /mai /2010 10:52




  L'art contemporain ne se laisse pas aimer aussi facilement qu'une tarte aux fraises. Je passerai sous silence l'infâme crème patissière qui ne sert ni mon propos ni les fruits qu'elle emprisonne. La tarte aux fraises avec sa bonne pâte brisée vient flatter le palais de son onguent sucré, les baies se déchirant sous la dent en un coulis délicieux. Si ce n'est l'irritation de la langue due aux pépins des fraises, qui gâche franchement le simple plaisir de boire un verre d'eau pendant une bonne quinzaine de minutes, rien n'indispose le commun des mortels dans cette pâtisserie. Nul besoin pour l'apprécier d'être guidé dans la forêt des saveurs, de recevoir une formation pointue de professeurs avisés comme on le recommande aux novices amateurs de bons vins par exemple. On peut même la bouffer avec les doigts, se les lécher ensuite, personne ne trouve en général rien à redire.


  Pour ce qui est de l'art contemporain, il en va tout autrement, si l'on était féru de métaphores filées on dirait qu'il est à l'histoire de l'art ce que la cuisine moléculaire est à la gastronomie. Mais on voit bien les limites intellectuelles d'une telle hardiesse dans l'analogie. Comme lorsqu'on dit d'un plat gélatineux insultant nos papilles: c'est de la merde. Ou de la "merdre" si on aime Alfred Jarry. C'est limite. Si peu d'entre nous connaissent le vrai goût de la merdre, on n'ignore cependant pas son odeur, et de là on fait des projections. Mais je m'égare, où en est la critique d'art dans ce salmigondis?


  Exemple: Ben. Mais si, Ben, l'éjaculateur précoce de déclarations plus anodines qu'un suchi àTokyo: "je suis en feu", "j'aime aimer", "fermer les yeux" etc etc... Son oeuvre orne souvent les trousses d'écolière de la 6è à la 4è. Pour juger le travail de cet artiste, il faut en comprendre la démarche comme on dit, savoir 'comment il en est arrivé là'. A vingt-cinq ans Benjamin Vautier rejoint le mouvement Fluxus, qui est une sorte de rejeton dadaïste. Les artistes Fluxus aiment à déclamer tout et n'importe quoi comme de la poésie. La posologie d'un médicament, ou une colonne de quotidien sonne comme du Shakespeare si on le lit comme tel, et on sent une communauté de pensée avec Marcel Duchamp, pour peu que l'on sache de qui il s'agit. Ben jalouse Manzoni qui vendit ses "merdes d'artiste". Quand on sait cela, on peut affirmer sans trahir l'homme ni son oeuvre, que Ben, c'est de la merdre, ou presque.


  J'avais donc décidé d'emmener ma femme soumisa à Marseille (quand je décide, elle suit). Car ce week-end à Marseille, au milieu des bataillons de supporters clonés, aussi anxyogène que n'importe quelle autre armée, s'achevait le "Printemps de l'Art contemporain". Quand on a comme moi suivi de brillantes études sur le sujet, il est de bon ton d'aller railler la production des collègues, ou de la louanger lorsque c'est inévitable.


  Près de la cathédrale la Major -sorte de pot-pourri architectural méditerranéen- exposait un collectif dont je tairai le nom par altruisme corporatiste. Dans une espèce d'usine désaffectée, conforme donc à l'idée qu'on se fait d'un atelier, nous fûmes accueillis par une charmante nymphe habillée par Zara. Nous pénétrâmes dans l'antre parés d'un champ lexical prêt à toutes les éventualités: pour le médiocre, le grotesque, le génial, le subtil, le talentueux, l'inattendu, et j'espérais même pouvoir caser le très rare peccamineux, pour la bonne raison que j'en avais appris l'existence le matin même.


  Il y avait quatre salles, ou cinq, selon que l'on considère la cuisine comme appartenant ou non à l'exposition. Dans la première, collé au mur tel un Don Quichotte de Weisbuch, un croquis de cheval, sur papier A4. Ni moche ni renversant, un bête cheval, de somme ou de trot, je ne sais plus bien; face à lui, en écho sur l'autre mur: rien. Idem sur celui de gauche, pareillement à droite. L'audace du dépouillement ne nous déplu pas, il faut bien l'avouer. Juxtaposé à ce premier choc émotionnel, un espace dédié à ...rien. Il y avait pourtant bien des pathères tirées du plafond, mais sans oeuvre accrochée. La troisième pièce, plus grande que les précédantes, très éclairée, offrait au regard (l'entreé était gratuite) un tas de poussière goudronneux fiché sur le dessus d'un des sept luminaires à trois néons. Dans la dernière, une table au pied manquant reposait sur une prothèse en mousse. Sur cette table dépérissait un carnet d'esquisses que n'aurait pas feuilleté un examinateur des Beaux-Arts lors d'un examen de deuxième année.


  Un peu sur notre faim, tout chargés de nos jugements contenus, et laissés dans un flou absolu (mais que je peinerais à qualifier d'artistique) en l'absence de parcours indiqué, nous décidâmes d'ouvrir les portes qui se présentaient à nous, comme pour forcer l'exposition. La cuisine nous fit l'effet d'une installation de premier ordre, bien plus que le minimalisme trop facile du salon/ chambre à coucher contigu à celle-ci. L'une des membres du collectif nous sauta proprement sur le râble en crachant: "comment êtes-vous arrivés-là?".


  Rarement une telle communion d'esprit est atteinte dans l'Art contemporain entre le créateur et son public. C'était en effet la question que j'usse aimé poser à ce collectif. Au lieu de ça je me suis juré de leur faire un papier assassin.

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25 mars 2010 4 25 /03 /mars /2010 09:02



  Il arriva un jour où, après que son père, ex-star de foot américain devenu journaliste d'extrème droite se fut suicidé, après avoir conditionné des couches en usine et promené dans des rues rectilignes les plus antipathiques clebs des plus grosses mémères de Washington, joué de petits rôles au théâtre afin de se payer sa bière alors qu'il rédigeait l'un des romans américains les plus puissants, blasphémateurs, anarchisants, séditieux et drôles que la fin du vingtième siècle avait encore à offrir au monde, et que les dizaines d'éditeurs contactés en eurent rejeté le mansucrit par la magie de leur dramatique inaptitude à reconnaitre un réél talent, bien que sauvé temporairement par une muse providentielle alertée par son mélodieux désespoir gratté sur le Pont des Arts à Paris, enfin révélé comme auteur et publié, puis retourné dans ses Etats-Unis nataux pour y combattre et dénoncer l'homophobie, l'obscurantisme, l'inculture criminelle et Georges Walker Bush junior -dont la politique inhumaine et belliqueuse, magnifiée dans la prison d'Abou Ghraib, en fut une incarnation dantesque- il arriva ce jour où, une cartouche de fusil qu'il avait lui-même tirée vint d'un trait définitif interrompre la luxuriante violence qui s'exprimait dans le crâne de Tristan Egolf.
 
  Ceux qui ont lu "le seigneur des porcheries" verront qu'il s'agit là d'un odieux plagiat de sa première phrase, dont je rends à peine le dixième du souffle foisonnant et pénétrant qui nous saisit à sa lecture. J'eusse aimé que ce bon Vialatte en fît la chronique. Hélas. Les morts ne dressent pas l'éloge de leurs suicidés posthumes. On sait cela.

  John, le personnage du "seigneur des porcheries" vit au milieu des monstres de la profonde Amérique. Il est un monstre lui-même, mais à part des autres: monstre de misanthropie, d'intolérance, d'intransigeance, légèrement paranoïaque et de tempérament fanatique qu'Egolf oppose avec une triste jubilation à la méchanceté veule, gratuite et criminelle de ses contemporains. Cette histoire est celle d'une tempête organisée, d'un chaos méticuleux, de l'effondrement cataclysmique d'une petite ville de péquenauds post Allemands, bigots et arriérés, suite à la vengeance de son plus infortuné et persécuté autochtone.

  Le roman porte ce sous-titre: " Le temps venu de tuer le veau gras et d'armer les justes", et je préfère me taire après cela, car tout est suggéré dans la flagrance d'une orchestration prodigieuse.

  Mais pourquoi ce con s'est-il suicidé en mai 2005, alors auréolé de succés? Quelle question idiote, je ne vous remercie pas de l'avoir posée. Surement que Mr Egolf avait quelque chose d'urgent à faire dans l'autre monde, ou que la somme des atrocités perceptibles à ses yeux et à sa chair s'agglutina en un tel amalgame de souffrance proteiforme et obsédant que la perspective d'une éternité plate et homéostatique dans le néant lui parut plus raisonnable. Il ne faut pas oublier que Georges Walker Bush venait d'être réélu.

  L'avènement d'Obama ne semblant aujourd'hui plus guère une consolation, on la trouvera dans la parution chez Gallimard du troisième roman, posthume donc, de Tristan Egolf, à savoir "Kornwolf". Que les vivants entendent.

 

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9 mars 2010 2 09 /03 /mars /2010 14:46


  Ha, l'amour est un bien étrange phénomène. C'est pourquoi nous n'en parlerons pas, nous lui préférerons la taxidermie, qui peut être une très saine activité, si elle est pratiquée dans les règles de l'art. Mais hélas, l'art et la manière de réussir une belle taxidermie échappent à beaucoup, car les êtres vraiment sensibles -comme vous et moi- ne sont plus si nombreux en ce bas monde.

  La taxidermie, ou naturalisation, ou encore empaillage, est donc la technique qui permet de conserver un corps par delà sa mort, l'inévitable raccornissement de ses tissus, la putrefaction de ses organes et toutes ces choses aussi inconvenantes à observer que franchement dégueulasses à sentir. Alors bien sûr, la momification des Amérindiens et des Egyptiens est en quelque sorte un premier pas vers la taxidermie, qui a atteint son apogée seulement au 18è siècle. Un premier pas, certes, mais timide. Car, et c'est toute la différence avec la momification, une naturalisation bien faite doit figer dans l'éternité une imitation de mouvement, de naturel, d'élan (pas l'orignal) bref, un semblant de vivant. Et il faut bien le reconnaitre, c'est là que ça gène.

  Alors que l'on est pris d'extase chaque fois qu'on croise une momie, pontifiant sur l'état de préservation du corps, sur l'esthétique troublante des bandelettes disposées sur une anatomie que l'on sait nue, le commun des vivants renâcle obstinément à trouver les mêmes grâces à un joli massacre de chevreuil exposé en trophée au dessus de la cheminée. Le plus incompétant des réducteurs de tête jivaro jouit d'une bien meilleure réputation que le plus génial taxidermiste. Pourquoi cette intolérable injustice? Et qu'est-ce qu'un massacre vous demandez-vous. Je répondrai plus facilement à la seconde question. Car le champ lexical de la naturalisation est assez imagé, la conservation d'un crâne, qui passe par son blanchiment dans le péroxyde d'hydrogène, s'appelle un massacre. C'est pourquoi, la prochaine fois que votre blonde reviendra platine de chez le coiffeur, ou que vous croiserez un de ces mâles ambigus et entantousés qui se passent la tignasse à l'eau oxygénée, vous lui direz: quel beau massacre! et vous aurez doublement raison.

  Tout se perd ma brave dame, des finales de foot contre les Italiens, aux dents auxquelles on tenait, jusqu'au savoir-faire de l'artisanat le plus subtil. Et l'école de Meaux, qui formait nos naturalistes à aller remplir les museums de cadavres, a fermé ses portes il y a plusieurs années. Heureusement, il reste le CAP de taxidermie pour entrer de plain-pied dans ce cercle fascinant, très fermé et disons le mot, pestilenciel, parce que, quand même, ça pue.

  Si l'on porte un regard narquois et vaguement dégouté sur cette pratique, avouons-le: à l'idée que notre chère fille se lancât dans une carrière de thanathopractrice, on se révulserait complètement. Il d'ailleurs conseillé d'utiliser l'expression pudique "d'art restauratif", qui est bien plus mignone, tant qu'on essaye pas d'imaginer exactement de quoi il retourne.

  Je le sous-entendais en préambule: réussir une belle histoire d'amour n'est pas chose aisée. Conserver un annélide dans le formol ou redonner à une biche crevée son élégance et son apparente sveltesse originelle ne l'est pas non plus. Par contre, pour le ver comme pour la biche, il existe une méthode. Au cas où certains y verraient un parallèle avec ce qu'il convient de faire dans son couple, je résumerai ici la méthode classique pour naturaliser une biche:

  Il faut commencer par dépouiller la bête. C'est à dire lui retirer sa peau, et en décoller chaque parcelle de chair, qui est putrescible comme chacun sait. L'étape suivante est le tannage de cette peau qui sera ensuite graissée. On prendra soin après cela de lui construire une armature, un mannequin, qui montrera la bête dans la digne posture qui sied à ses semblables encore vivants. Les yeux ne sont pas à négliger, car on ne ment pas avec ses yeux. Les yeux morts se remarquent. On ne sait conserver l'apparence de la vie à un globe occulaire qui toujours après le trépas se flétrit un peu, comme on ne saurait supporter ce type de regard chez l'être aimé. C'est pourquoi on lui crevera volontiers cet organe, que l'on remplacera par des boutons de chemise. Comme pour un bonhomme de neige.

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20 janvier 2010 3 20 /01 /janvier /2010 15:04

  (Ici une superbe illustration de ce livre, par Kako)    

 

  Demain, j'irai fleurir la tombe de Kennedy. Ho bien sûr, c'est moins classe que d'aller serrer la main d'Obama -on a tellement de respect pour Obama ici, que j'allais mettre une majuscule au d' de "D'Obama"- c'est moins classe donc, mais que voulez-vous les morts sont plus abordables que les vivants pour les petites gens. Et même chez les petits Présidents Européens, y'en a qui galèrent.

  J'irai donc fleurir la tombe de Kennedy. Mais certainement pas celui auquel vous pensez, bande d'ignares sursaturés de télé-réalité visqueuse et de lectures impropres (et pour une fois je ne citerai pas de noms), Fitzgerald Kennedy, le satyre précurseur des Simpsons, est mort un 22 Novembre -ça même un Américain le sait- selon la CIA, la tête explosée par un tir extra-terrestre . Non, le mien -enfin le mien! John Kennedy Toole, lui, à force de désespérer de lui-même d'abord, de l'Amérique ensuite, de sa mère et des éditeurs enfin, décida un 26 mars 1969, il y a tout juste quarante ans, d'inhaler un volume suffisant de gaz carbonique afin que son corps cesse aussitôt de vivre, habitude qui lui était devenue franchement incommodante.

  Hélas, oui hélas. ho, je sais je ne tirerai pas de vous le millième de l'océan lacrymal qui s'épandra à la mort de johnny ou de Marc Levy -on peut rêver!- mais pensez un peu ce qu'il serait advenu si Simon And Schuster par exemple avait accepté le manuscrit maudit de "La conjuration des imbéciles". Quand on compare le progrès qui a été accompli depuis la "Bible de Néon", écrit à seize ans s'il vous plaît, on ne peut que subodorer dans un vertige littéraire virtuel ce qu'aurait pu donner une troisième oeuvre.

  Mais ce n'est qu'un vertige mental, un fantasme que je mets à votre disposition librement, car Simon and Schuster n'ont pas acheté le roman. Ils le rejetèrent poliment, car certains éditeurs sont polis, arguant de cette critique futée et perspicace, et dans la langue de Shakespeare, comme quoi y'en a qui ont pas honte, en parlant du livre: (it)"is'nt really about anything".

  Pour ceux qui parlent anglais comme un ministre français, je traduis: "ce livre ne traite d'aucun sujet précis".

  Ôôôôôôôôôô insondable abysse de la stupidité humaine, où sur les parois étanches de son insensibilité abjecte se répercute, inlassable, l'écho de ce jugement inaudible. Oui c'est une oxymore, je vous remercie. Mieux vaut lire ça que d'être sourd, mais quand même.

  "isn't really about anything". Ô toi, engeance indécise née de l'union fautive d'un bacille de l'esprit et d'un métazoaire analphabète, toi qui osas porter ton regard péremptoire et chitineux de scarabée coprophile sur l'œuvre admirable d'un authentique génie, je te félicite de cette sentence qui, aujourd'hui encore quand j'y pense, me coupe la chique et le sentiment d'appartenir à la race humaine.

  C'est pas parce que t'as rien compris au livre qu'il faut en priver l'humanité, hé, patate!

  Bon, pour la postérité, je vais te dire moi de quoi il retourne dans ce bouquin, petit con probablement décédé.

  C'est l'histoire d'un monsieur un peu bizarre et très très gros. Il met des casquettes vertes si mes souvenirs sont bons. Ca se passe à l'époque où l'Amérique était l'Amérique, tonitruante de jazz, de paranoïa anti "communis" et de méfiance à peine polie vis-à-vis des nègres. Le monsieur y parle étrangement, avec des phrases ouille ouille ouille qu'elles sont longues, un peu comme moi quand je ne m'adresse pas à un idiot trépassé. Le gros monsieur, qui lutte tout autant contre son estomac, gâce à un anneau pylorique, que contre le monde moderne, en se réfugiant dans des livres d'un autre temps, n'a pas beaucoup d'amis. Il ne trouve ou ne conserve aucun travail à cause de patrons obtus qui ne voient en lui qu'un génie propre à semer le chaos dans l'entreprise. Quant à sa sexualité, un peu de pudeur, nous passerons là-dessus.

  Bien voilà pour les bases." Ce livre n'a pas de sujet précis". Un être humain a-t-il un sujet précis? Picasso traite-t-il de cubisme dans ses peintures? De quoi Céline parle-t-il, précisément? Miller? Rabelais? Précisément? encore faut-il un peu de phosphore dans les circonvolutions pour aborder la question. Vous n'en eûtes pas de votre vivant, vous n'en
aurez pas plus dans la mort. Je vais donc vous éclairer afin que vous passiez une bonne fois pour toutes dans l'outre-monde.

  Ignatius est l'expression emphatique d'une singularité touchante dans l'univers creux, inculte, violent et dégénéré de l'Amérique triomphante. C'est le cri incarné du philosophe: il hurle pour haranguer son monde. Comme un faux-prophète parachuté à la Nouvelle-Orléans, ou sur sa colonne, un anachorète fiché en plein New-York. La "Conjuration" est un pamphlet d'amour sincère, une histoire de tumulte absurde dans le génie de l'existence.

  Demain donc, j'irai fleurir la tombe de Kennedy, le vrai, et je lui apporterai ma modeste contribution au monde pour le rendre "plus géométrique, plus théologique et plus convenable", et en son honneur je continuerai à brocarder les demi-mongoliens qui le peuplent. Attention, je n'ai rien contre nos amis mongoliens, ce sont les demi-mongoliens qui sont dangereux.

  Et vous, monsieur l'employé de Simon and Machin, régression génétique de l'espèce sapiens, je vous donne rendez-vous dans l'au-delà, où je compte bien vous infliger l'expression de mon fou rire éternel.

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Face aux abysses

 

Dilution nocturne

 

...

 

Jadis, j'ai essayé

 

Douleur du retour

 

Echec

 

Prose du mécréant

 

Eros et thanatos?

 

Au-dedans

 

Rencontre solitaire

 

Ad libitum

 

en tous cas

 

Un soir entre potes

 

Romance

 

A hurler dans la foule

 

Je crains de tout détruire dans un accès de lucidité

 

Il le fallait

 

De l'inconvénient de se réveiller

 

Le jour est monté

 

Décalage vers le froid

 

Quarantaine

 

Au-dehors, en-dedans

 

Le mal des aurores

 

Western

 

Ici et là-bas

 

Considérations peu utiles

 

Papillote amère

 

Tragédie avec fin heureuse envisageable

 

Les consolantes

 

Nocturne Eden

 

Parenthèse

 

Iles

 

Je ne sais plus rien

 

Bêtise

 

Arrose l'orage

 

Idéal

 

Eternel retour

 

Circuit fermé

 

Nuit de bitume

 

Et tu l'as injuriée?

 


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