Chroniques acides et amours incontrôlables. Nouvelles, poésies, roman
Nerval avait goûté au suc noir et profond
des arcanes cachées, au néant ravageur
qui assiège l'esprit, ce maladif rêveur
visitait les enfers de la transmutation.
Du fond océanique état des inconscients
catabase de l'Autre auquel il a voué
son incapable amour et son corps écroué
on l'a vu revenir groggy et déficient
Ce taré somptueux au visage si terne
promenait un homard comme une ombre irréelle
et la nuit tout entière, amie belle et cruelle
le pendit dans la rue de la vieille lanterne.
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Un homme, nom de dieu.
Je suis un homme, reptilien limbique machin
et un neo cortex planté dans le sexe
parait que ça nous va bien
je viens d'une école
dont je me suis sans peine echappé
avant l'âge légal mais après
m'être dépucelé, j'ai quitté paradis et enfer
car le vide, le grand vide vivesque
me faisait frissonner les cils
J'ai dégouliné prestement sur le trottoir
d'en face devant la porte du lycée
où des nanas me trouvaient bizarre
drôle mais franchement allumé
un tout petit homme encore
mais une sale race déjà
j'voulais pas que le banal me dévore
alors j'ai lu Spinoza
testé dans ce bordel hydrolique
et circonvolutionné, des membres qui palpitent
et de nos méninges pépites un peu trop efficaces dans le rien
toutes sortes de trucs interdits ou alcooliques
Papa a eu peur. Maman ne voyait pô
ben quoi? j'avais lu Rimbaud!
quelques obscurités végétales dans les livres
je voulais brûler au soleil qui éclaire les bateaux ivres
donc, canot à la con sur le béton
parfaitement stupide!
j'écumais, acide
mes incompréhensibles sensations
J'aurais bien aimé en faire de la poésie.
Y avait Dieu
si si je vous jure, échoué là, moi qui le collais
le grattant de mes doigts mous: gnagnagna je te veux...
sur sa peau intemporelle réfléchissait
ma trouble-double et dommage impersonnalité.
En fait... j'étais qu'un gosse
idiot parfois précoce
une plante ventriloque
furieuse d'avoir poussé dans notre époque.
Aujourd'hui j'aime le temps
je suis peut-être un de ces hommes
je me drogue encore au cérumen
le vent chaud me brûle, amen.
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Ne te relis pas, bougre de con!
va droit, avec ta queue et tes artères
sans un regard dans le dévers
qui t'aspire comme un embryon
Oh mais tout ça, tout ça
c'est pas de la poésie, non
et peu importe aux rats
qui vont au ravin profond.
Nous sommes tenus par la main
et ténus humains
au bout de notre bras sans fin
par un élan secret et malsain
Biiiiiiiip
éternité du message
tombé
sous les sens éteints
mes amis
je sais ce qui nous retient
la peur
de la porte
monstre sous le lit
évanescence
de nos particules instables
un baiser
infligé
sur les courbes
de nos jamais
nuit de jais
aux griffes banales
artisanal
piou piou d'oiseau
tout est menaçant
sinon point
d'excitation
Biiiiiiiip
Et derrière, une autre queue
pas du tout sexuelle
nos ancêtres innervés
une pelle
non, ni enfer, ni âme, ni sacré, que des mathématiques
même la géométrie est un mensonge, une déviance de la beauté
c'est un tapis d'aiguilles, de dards et de ganglions stellaires
on peut s'y rouler, c'est sensuel de s'y complaire
si parfois il y a comme un hic
c'est que le démiurge qui règne dans nos têtes
réclame sa tétée.
Biiiiiiiip.