Chroniques acides et amours incontrôlables. Nouvelles, poésies, roman
Sonner le désenchantement
Notre vie n'est pas belle, inutile de mentir
nous courons bêtement, parce qu'il faut courir
dans les supermarchés, on peut trouver l'amour
au rayon crustacé, en faisant un détour
Les dieux ont disparu de nos temples à néons
mais le pouvoir, l'argent, nous font nous dépasser
c'est ce qu'on nous apprend dans les collèges sacrés
où les élus sont rares et plutôt fanfarons
Le futur nous promet des plaisirs accessibles
comme Harry Potter 7, l'augmentation du smic
pour atteindre le bonheur, nous devenons stoïques
Mais le mot de bonheur en est presque risible
la civilisation le regarde avec peine
état hors de l'Etat, légèrement sans gène.
(à la M.H))
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Fin de parcours
Dans les rues tristes
nous sommes seuls
des solutions existent
au-delà des glaïeuls
Au mur, en haut
d'autres vies végètent
leurs bruits ont eclos
quand la musique s'arrête
Avinés, chaloupés
nos pas devinent la route
et nos envies sont absoutes
par le besoin de se concentrer
Tout a fui ce soir
dans les rires sincères
et cette jolie nana en noir
et les pensées supers
A quelques degrés
du coma, nous avons su partir
pour la maison, le devenir
d'un lendemain inespéré
Maintenant, les pavés s'entrecroisent
et pisser devient pressant
Certains abandonnent le mouvement
pour leur demeure sournoise.
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Début de la Geste
Ce matin est noir
derrière ma pupille
le soleil aigri, attaque
le café rayonne
un hoquet de whisky me ramène en arrière
hier nous trouvions des choses à dire
brouillonnes
Encore cette obsession: pourquoi je vis?
cet astre m'inflige des éclats brûlants dans mes engins de visions
je retourne dans la cafetière.
Ah oui! il faut coudre les draps de l'évasion
sans jamais savoir où fuir
l'horizon est chargé de cent-mille volts
Ces vêtements me grattent.
Je suis décousu, c'est certain
Qui sauvera Zelda? essence du rêve imposé
j'ai peur de la confondre avec une catin
il faut arroser les chatons, sinon, ils sèchent et crèvent comme des momies
vaudous.
Mon téléphone sonne. La réel ainsi nommé prend contact.
La théorie du tout est là, en bordel; mes organes se réorganisent.
La cafetière est vidée
le soleil commun et indolore
mes pupilles accoutumées,
le monde devient sonore.
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Autobiographie de la folie
Jadis, si je me souviens bien, ma vie était un enfer lumineux, gorgé de
secrets espoirs, que la lecture de Rimbaud n'a ni adouci ni matérialisé.
Qu'est-ce que l'Art? il faut demander à Dieu et à tous les démons ensemble,
car dieu est un sacré menteur; je n'ai pas fini Bertrand.
Je cherchais ce qu'on nomme poésie, j'étais méchant
buvant au jus des pages comme un assoifé pathologique
J'en avais les muqueuses terriblement irritées
toi tu inclinais la tête, avec ce sourire bienveillant
Rien ne s'achète de cet or-là! et c'est un or qui brûle les doigts
de toutes façons "rien" ne se vend
le bien-être est pour tout dire lassant
voici mes préceptes.
Je te sentais parfois un peu inquiète
La fumée âcre et nocive d'un feu d'appartement
montait souvent, philanthrope, jusqu'à mes narines
je courais alors comme un attardé exalté par une apparition divine
et puis une équation stopait mon élan
Tes yeux m'ont offert la saveur des larmes
Sous mon manteau d'apparat, j'avais eu beaucoup d'armes
une famille aimante, et de quoi aimanter quelques trésors
mais je cherchais les émanations de l'art, l'aura de son corps
des paupières géantes recouvraient mes yeux, comme un suaire vivant
Nous avons donné une hécatombe de nos plus tendres années
Rien. Hormis le bonheur putrescent
n'habitait plus mes veines, vaines
et les allers-retours aux enfers
rendaient notre corps assez pesant
Tu avais trouvé quelque chose
un alambic un peu rouillé,
j'ai conjuré la gangrène
et fouillé sous ma cellulose.
Le temps nous aura roulé dessus, que certainement
je chercherai encore
Même si, il y a un salut
dans les parfaites mathématiques
que mes sens bernés ont entendu
ça n'est pas l'essentielle musique
Je tremble encore aux tintements de la pierre philosophale.