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Chroniques acides et amours incontrôlables. Nouvelles, poésies, roman

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Face à l'abreuvoir de lumière fade

  Sonner le désenchantement

 

  Notre vie n'est pas belle, inutile de mentir
nous courons bêtement, parce qu'il faut courir
dans les supermarchés, on peut trouver l'amour
au rayon crustacé, en faisant un détour

  Les dieux ont disparu de nos temples à néons
mais le pouvoir, l'argent, nous font nous dépasser
c'est ce qu'on nous apprend dans les collèges sacrés
où les élus sont rares et plutôt fanfarons

  Le futur nous promet des plaisirs accessibles
comme Harry Potter 7, l'augmentation du smic
pour atteindre le bonheur, nous devenons stoïques

  Mais le mot de bonheur en est presque risible
la civilisation le regarde avec peine
état hors de l'Etat, légèrement sans gène.

 

                                                                (à la M.H))

______________________________________________

 

  Fin de parcours

 

  Dans les rues tristes
nous sommes seuls
des solutions existent
au-delà des glaïeuls

  Au mur, en haut
d'autres vies végètent
leurs bruits ont eclos
quand la musique s'arrête

  Avinés, chaloupés
nos pas devinent la route
et nos envies sont absoutes
par le besoin de se concentrer

  Tout a fui ce soir
dans les rires sincères
et cette jolie nana en noir
et les pensées supers
 
  A quelques degrés
du coma, nous avons su partir
pour la maison, le devenir
d'un lendemain inespéré

  Maintenant, les pavés s'entrecroisent
et pisser devient pressant

  Certains abandonnent le mouvement
pour leur demeure sournoise.

 

________________________________________________

 

  Début de la Geste

  Ce matin est noir
derrière ma pupille
le soleil aigri, attaque
le café rayonne

  un hoquet de whisky me ramène en arrière
hier nous trouvions des choses à dire
brouillonnes

  Encore cette obsession: pourquoi je vis?
cet astre m'inflige des éclats brûlants dans mes engins de visions
je retourne dans la cafetière.

  Ah oui! il faut coudre les draps de l'évasion
sans jamais savoir où fuir
l'horizon est chargé de cent-mille volts

  Ces vêtements me grattent.

  Je suis décousu, c'est certain

  Qui sauvera Zelda? essence du rêve imposé
j'ai peur de la confondre avec une catin
il faut arroser les chatons, sinon, ils sèchent et crèvent comme des momies
vaudous.

  Mon téléphone sonne. La réel ainsi nommé prend contact.

  La théorie du tout est là, en bordel; mes organes se réorganisent.

  La cafetière est vidée
le soleil commun et indolore
mes pupilles accoutumées,
le monde devient sonore.

 

____________________________________________________

 

  Autobiographie de la folie

 

  Jadis, si je me souviens bien, ma vie était un enfer lumineux, gorgé de
secrets espoirs, que la lecture de Rimbaud n'a ni adouci ni matérialisé.


  Qu'est-ce que l'Art? il faut demander à Dieu et à tous les démons ensemble,
car dieu est un sacré menteur; je n'ai pas fini Bertrand.


  Je cherchais ce qu'on nomme poésie, j'étais méchant
buvant au jus des pages comme un assoifé pathologique
J'en avais les muqueuses terriblement irritées
toi tu inclinais la tête, avec ce sourire bienveillant

  Rien ne s'achète de cet or-là! et c'est un or qui brûle les doigts
de toutes façons "rien" ne se vend
le bien-être est pour tout dire lassant
voici mes préceptes.

  Je te sentais parfois un peu inquiète

  La fumée âcre et nocive d'un feu d'appartement
montait souvent, philanthrope, jusqu'à mes narines
je courais alors comme un attardé exalté par une apparition divine
et puis une équation stopait mon élan

  Tes yeux m'ont offert la saveur des larmes

  Sous mon manteau d'apparat, j'avais eu beaucoup d'armes
une famille aimante, et de quoi aimanter quelques trésors
mais je cherchais les émanations de l'art, l'aura de son corps
des paupières géantes recouvraient mes yeux, comme un suaire vivant

  Nous avons donné une hécatombe de nos plus tendres années

  Rien. Hormis le bonheur putrescent
n'habitait plus mes veines, vaines
et les allers-retours aux enfers
rendaient notre corps assez pesant

  Tu avais trouvé quelque chose
un alambic un peu rouillé,
j'ai conjuré la gangrène
et fouillé sous ma cellulose.

  Le temps nous aura roulé dessus, que certainement
je chercherai encore

  Même si, il y a un salut
dans les parfaites mathématiques
que mes sens bernés ont entendu
ça n'est pas l'essentielle musique

  Je tremble encore aux tintements de la pierre philosophale.

 

 

 

 

 

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