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Chroniques acides et amours incontrôlables. Nouvelles, poésies, roman

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Des versets, des averses

 

Ma lady

je boite des vers
par la lune inoculés
sous mon costume ridicule
de cellulose et de nerfs

j'en contracte souvent
comme au matin on prend froid
si l'on cède au tentant
d'aller par les toits

j'arpente le coeur hagard,
l'oeil synapse,
des adultérines relapses
qui m'aident à déchoir

de ces trottoirs du ciel
où je guette mon shoot
de lumière irréelle
qui me tient sous la voûte

je sais que l'astre fuira
un vilain jour
et, guéri, il faudra que
je meure à mon tour.

__________________

ô amis sans face et sans nom
je vous veux tous en lambeaux
pour piocher dans vos oripeaux
la matière fétide qui irrigue mon crayon

Est-ce tout ce que je puis faire?
vous ecorcher? vous vautourdiser?
s'il me plait de végéter aux enfers
prière de vous laisser crever.

____________________

 

Empire

 

Y'a plus de mort, y'a plus de vie
mais je vois des grisures de couleurs
des teintures pas encore observées
qui me grillent la cornée comme le soleil
c'est si touchant au fond de l'oeil
que j'le sens dans ma colonne
ce sentiment d'être à côté de vous de votre odeur
maladive, de chaque parcelle de bonheur à définir
c'est comme quand ça empire au milieu
moi j'vais pas pouvoir rêver mieux
j'ai pas d'organe aloué, y'a même pas d'mal
et pourtant je me sens coupable, rançonnable

C'est qu'une sombre histoire d'héritage
de conscience léguée et reléguée au rang
qui dérange, qui empêche de bien voir

on a pas tout bien compris, non, mais
la formule semble infinie
c'est qu'une question de choix et d'espace

peut etre de placement aussi
si je me mets là, c'est vous que je vois
et ici la lune me chiale dessus, c'est plus que beau

quand elle coule ça fait des sillons, tracés de rivières
vite séchés, sans un poissons, avec du cristal et du limon
de la chair livide en live pour les vivants.

C'est qu'une question de place et d'espace
de mémoire à louer pour les suivants
c'est qu'une question qui attend pas d'mots,
c'est une question qui n'attend pas!

 

_______________________________

 

AleZandrin et Belzé buté

 

Je revenais des enfers douces et puantes
à deux doigts de faire encore machine arrière
dur de refuser la pelle et les cimetières
quand on aime crever aux aurores evanescentes
Orphée jouait son chant qui perfore les dieux
sur ce chemin inexistant et fabuleux
y'avait tous les autres démons cons et rieurs
prenant au tragique leur appetit du malheur

oh, et moi, j'ai vomi cent fois mes espoirs
glissant dessus comme un surfeur pas très adroit
je pensais rien, à c't'heure non on ne pense pas
face à l'horloge on tente d'être digne et droit
mon amour s'échappait en fines exhalaisons
de ma bouche torturée de rejets de plantes sèches
ce fut plaisant une fois de brûler sur la brèche
ténébreux plaisir de snober ses petits dons

Pendu à mon golem réverbère
qui m'a choppé par l'colbac
j'suis revenu tout en vrac
pour un demi siècle d'arnaque,
vainqueur de l'enfer...

 

_________________________________

 

Matin de glace ou d'enfer toutes les faces dépareillées
c'est comme dans les cimetierres ces morts-là sont en bonne santé
que des rêves et de la haine dans les yeux qui trainent au hasard
sur le gris, sur le noir, sur le tissu,
qu'elle est belle l'inconnue
mais elle passe sans souvenir, son regard
se perd en équations à l'heure de partir
on sait quoi? on sait rien, on fait ça parce qu'il le vaut bien

Mon petit tu iras aussi à la guerre
bien sapé, c'est plus classe!
et puis au crépuscule on s'prelasse
le coeur au repos, comme les nerfs
c'est pas infâme, non, non, non
c'est la condition qui veut ça
l'infanticide, j't'apprendrai, pas le choix
les poissons choisissent bien leur hameçon

y'a des trains, des voitures, des cars, des moutons
bleutés, des cinq pattes plein les placards
et la réussite en chemin, pour laisser des soupçons
des traces de pas, des coulures, un testament
oh mais on fait l'amour quand même
pas toujours quand on aime, et alors?
le blanc des sentiments, des expulsions
ça fera quelques enfants, comme toi

Mon petit tu iras aussi à la guerre
bien sapé, c'est plus classe!
et puis au crépuscule on s'prelasse
le coeur au repos, comme les nerfs
c'est pas infâme, non, non, non
c'est la condition qui veut ça
l'infanticide, j't'apprendrai, pas le choix
les poissons choisissent bien leur hameçon

 

________________________________________

 

A une Daphné encore humaine

  Tes lèvres sont belles et bientôt flétries
comme ton charme fade rejoindra tôt la nuit
ô inexistante, sourde nymphe du ciel
sylphide écrasée par un poids trop cruel

cervelle ouverte au vent, comme tu gémissais
jadis au moindre son né de ma perfidie
ce jeu qui nous liait par une feinte folie
sentait le soufre tiède et le satin flambait.

J'y ai pris goût c'est vrai, plus que toi c'est certain
car j'étais le miroir et le reflet, et toi: rien,
que le vide séparant le ravin et le fond;
je me suis bien grisé de ton vertige sans nom

comme on aime des choses sans raison écouter
comme on tue un serpent pour manger sa langue,
lécher l'hémisitiche et s'enticher de fange,
un temps nous fûmes ravis, de mensonges rassasiés.

Nos voix se touchent encore dans un silence de meurtre
mais l'aiguille te guette, elle perce déjà tes guêtres.

 

_____________________________________

 

Insomnie blafarde

 

Aux heures indues fondues
vieilles bougies
les tangeantes fluides
fuyantes et des flaques dans l'esprit

  il brille encore lui, il luit de toutes ces
sueurs en rivières scintillantes
des pleurs de chattes sur leur civière
sur mon écran et clavier gluant

  amour oui parfois comme une tachycardie
dans les renflements sentimentaux
sous l'équateur clapotant
quelques émotions paradent la nuit

  Des putes! Des putes à peine drapées
nyctagynacées aéroponiques
errantes et délirantes! Jouissent elles par les oreilles?
elles dégoulinent de la cochlée

  Leurs os spongieux font des flics
et des flocs de tressaillements libidineux
je me moque un peu de leurs tics verbaux,
de ce vide au bas de leur colonne vertebrale.

 

_________________________________________

 

Untitled oiseau

 

Je ne sais plus définir ni observer
sans être douloureusement calme
ce piano a tout dit alors s'il y a drame
c'est quand même pas méchant, c'est pour crâner!

Le fil noirci de nos échanges s'inscrit
avec la précision du vautour en vol
il concentre ses cercles en bravant Eol
tous ces mélanges, déplacements d'air...

oh please, make me happy
until I die, make me funny
for all they won't cry
oh please let me alive
I'm so bored to be blind
I can't stand no more
If there is something behind, keep that secret:
I have to sleep without no head, nor bullet in my mind

Ai-je jamais su quoi dire dans la langue des oiseaux?
savez-vous le nom du chant premier?
le Nom de l'amour est-il troué, ou est-ce fagot?
possible que tout va vite s'envenimer

Le fil noirci de nos échanges s'inscrit
en lettres calcinées, et pourtant consummantes
il enlace et embrase, il délasse et creuse
sous la carapace sous la voûte stellaire le corps qui se ramasse.

oh please, make me happy
until I die, make me funny
for all they won't cry
oh please let me alive
I'm so bored to be blind
I can't stand no more
If there is something behind, keep that secret:
I have to sleep without no head, nor bullet in my mind

 

_________________________________________

 

Pleurs de peur

 

Peur. De ne plus aimer
de ne plus t'aimer
de ne plus en vouloir à la mort
de redevenir bêtement mortel
de ne plus pleurer
de ne plus etre dévoré par le besoin
de faire de la magie
de ne plus être a la hauteur
de tes inversions
inventions qui me taraudent
qui m'aspirent
d'etre sec comme un coup de trique
sans le regard de la Bique
peur de vivre simplement
en ayant tout oublié
en laissant le vent m'indifférer
devenir autre
sans supporter ce mal si bon
peur de ne plus avoir d'espace dans les yeux
d'écrire pour lire
d'écrire pour moi
sans toi je n'écrirai rien de bien je le jure!
je veux encore cette césure
saigner des petits scorpions
des pinces découpantes
en fuseaux de chair occie
je veux la disparition plate et uniforme
de mon être rampant
je veux une haine chaude et éternelle
qui suis-je pour vouloir?
tant pis
ça n'a pas de prix
Mefisto prends-la!
sans "ça" je n'en ai aucune utilité
donne-moi des rivières sans but
des entrelacs liquides de prières
pour me mêler définitivement:
définitivement.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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