Chroniques acides et amours incontrôlables. Nouvelles, poésies, roman
Petit
objet pur et malin
Pour toi
j'ai des spasmes d'obsession
Je gueule
mes testaments idiots
Mes chairs
guettent leur dissolution
Petit
objet pur et malin
Eclair
de mes enfers éclos
Petit
Pour toi
Je gueule
Mes chairs
Petit
Eclair
Objet pur et malin
j'ai des spasmes d'obsession
mes testaments idiots
guettent leur dissolution
Objet pur et malin
de mes enfers éclos
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Tempus fugit
Mais nous ne trouvions pas.
des barbelés dans le regard
nous rouillions l'un dans l'autre
autour, des gosses braillaient.
Et quoi, bordel?!
Toute notre finitude d'oeuvre exemplaire
cette perfection à gerber
notre nombril qui bave des appartenances à chialer tôt le matin
tout cela ne déboucherait sur rien?
Nous cherchions
je jure que nous cherchions
et le paradis faisait des effets de jambes
dans une résille de saucisson
Les monstres sont séduisants, c'est un fait
avéré
reconnu des psychiatres
pupille folle! je te jette sur le mur
pour coincer ta liquéfiante féminité
et, oh! tu meurs un peu en frissonnant
c'est facile mais plaisant
Ce n'est pas ça qu'il faut trouver, nous le savons bien.
Mais nous ne trouvions pas.
des barbelés dans le regard
nous rouillions l'un dans l'autre
autour, des gosses braillaient.
Lever le viseur
armer d'une conscience brûlante
et se tirer un obus dans le pied
pour sentir
nous y songions sérieusement
Les vieilles pages craquellent
et fouettent leur odeur toujours nauséabonde
toujours
efficace:
c'est la mort, ce remugle qui fleure si bon!
Je ne savais pas, je ne savais rien
combien tout est déjà derrière
et les châteaux en Espagne, et la gentille épicerie au bout de la rue
les jeux d'enfants
la chance
de vivre
Et nous n'avons presque rien trouvé...
les barbelés dans la pensée
je m'oxyde lentement
les gosses braillent de moins en moins.
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Origines
Voici la plaie que je chéris
nécrose
embryon de vies multiples
effervescence de riche souffrance
chaque petit picotement rappelle combien
nous sommes existants
en infinie interaction avec l'extérieur
combien notre violence
est fragile
nos pensées
tactiles
Peut-on se souvenir de la douleur première?
initiale? Celle qui nous fit?
qui nous fit hurler au crépuscule de notre être
crépuscule du début
crépuscule de la fin
et au milieu
un long,
long cri
qu'il faut articuler avec le plus de sincérité possible
et un peu d'élégance,
si possible de panache.
Les blessures sont à exposer
bien sûr
depuis le Golgotha
jusqu'à ces murs d'ombres d'irradiés.
Parfois, j'aimerai écrire avec mon pus.
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Solitudes du Néant
Rien ne m'appartient
même mon orgueil
même cette formule
de ma conscience induite dans le feu de la vie
je suis un passager
à peine un matelot fier de vivre l'azur des océans
mes gueules de bois non plus ne sont pas éternelles
et ne m'appartiennent pas
mes amours sont sûrement factices
tour à tour sèches ou bien suppurantes
jusqu'à mes mensonges qui sont impermanents
et de circonstance
la plupart de mes phobies, je les ai volées
La deconstruction de l'être est un travail de longue haleine
qui voit un jour une apothéose de dissolution
dans les matières qui nous semblent meilleures
tout cela n'est qu'un point de vue
discutable
le ciel n'est pas bleu
pourtant nous le voyons bleu
étrange
les anges hurleurs, les banshees, n'existent pas "vraiment"
pourtant ils nous caressent de leur chant
quand nos yeux découvrent des choses à voir
quand le réel, nommé comme ça par inadaptation des mots,
laisse tomber à terre ses frusques de grand couturier
Je ne suis pas Franc-maçon
mais l'architecture me passionne
celle des bois qui se transpercent, de l'organique possibilité
de dresser un obélisque
pornographique
Mon Dieu!
quel malade mental!
Et ce cerveau qui s'invente des chemins
des amours
des connexions transversales
des points de fuite
et des pathologies
Voir
Pietinner
Pleurer
Chérir la perte.
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Condition humaine
Ah, mes frères
nous ne nous aimons pas, n'est-ce pas?
nous sommes trop semblables dans notre périssable conscience
d'être
dans nos jonctions approximatives
dans nos cultures opposables et phagocytes
dans nos inexprimables sensations de malaise
et d'impuissance
J'ai un chat
génétiquement, nous sommes très proches
pourtant, qu'est-ce qu'il est con:
infoutu de me réciter un vers entier d'Artaud ou de Villon
ou même de calculer une intégrale
remarquez, moi non plus, mais avec un peu de travail, je pourrais.
Nous plaisons à nos femmes,
c'est déjà ça
mais nous sommes faits pour ça, donc rien d'exceptionnel.
Il est dans l'ordre des choses que nous possédions une voiture,
que nous trouvions un métier, que nous choyions nos connaissances,
que nous exprimions nos avis sur des sujets un peu futiles, que
nous déterminions si la peine de mort est une bonne chose ou non.
Ce ne sont que des exemples, bien sûr.
Et puis d'un point de vue strictement personnel, nous avons à
choisir si nous allons plutôt vers une destruction accélérée, via
l'alcool et une vie débile ou vers un ralentissement maîtrisé, mais
aussi peu fiable que la destruction accélérée, du processus de mort qui
s'est enclenché à notre naissance, cela par le biais du sport et d'une vie
que les médecins qualifient de "saine". Sachons-le tout de même, Dieu
s'en branle tout à fait.
Ars longa, vita brevis.
Bof.
L'art n'est que le message que nous laissons à nos survivants, pour leur
rappeler que la vérité n'existe pas, et qu'on peut bien regarder avec ses
genoux plutôt qu'avec ses yeux, que si Dieu existe, c'est un sacré rigolo,
que l'érection est une bonne chose, que la masturbation ne fait de mal à
personne et que les tartes aux fraises, c'est bon, dans le cas où nous
aimions les tartes aux fraises. L'Art sert aussi à mettre d'autres mots sur
ce que nous ne comprenons pas très bien, mais qui nous fascine.
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Post-modernité poétique
La poésie moderne ne peut pas exister
édicter des règles est une infâmie
nous manquerons d'essence parait-il
Et alors? ? Nous sècherons au vent de notre immobilisme
Un flash d'envie m'a parcouru
subit et bleu
je me suis cru enfin en possession de mes moyens
ça a duré moins d'une minute
Je ne prèche ni la vie ni la mort
ni les prèches
mais je pensais avoir des choses à vous dire
ailleurs
que sur Facebook
pas trop grave comme erreur
me diriez-vous
si nous ne craignions pas tant de nous causer
des interactions
Et??????
Qu'est-ce que cette gueule de lamproie
aux dents de scie circulaire?
un tunnel de charpie à traverser
la bave aux lèvres
une bave cristallisée avec, en miroir, le monde autour
répercuté en mille petits prismes de véracité
Utilité de la poésie? un peu moins que l'air qu'on respire
certes,
mais
hormis ces précieuses molécules
hormis la fin d'activité de nos fonctions organiques
rien ne compte VRAIMENT
Rien, mes frères:
ni Dieu, ni nos croyances fluctuantes, ni nos certitudes alambiquées
dans le laboratoire de nos perceptions relatives
la poésie n'est qu'une arme à communiquer
un long canon pointé sur la tempe
de l'humanité
au moins les autres animaux sont tranquilles.
La poésie moderne c'est de la foutaise,
seule compte la possiblité d'un traversement des chairs
rectiligne, direct
pour impacter nos trois cervelles
dévier le cours normal de la pensée;
c'est aussi la preuve que l'amour est une illusion utile à
la péperpétuation de l'espèce,
rien d'autre.