Chroniques acides et amours incontrôlables. Nouvelles, poésies, roman
Concept, deuxième tentative
J'ai vu la vérité
et j'ai craché dessus
bave acide, métallique,
et depuis, elle a fui
Fui en laissant une trace
serpentaire, sinueuse
en contrepoint tissé
elle attache les espaces
Au centre, je n'les vois pas
mais cent éléphants chantent
sur un petit brin d'herbe:
les mathématiques mentent
Tout autour un feu bleu
ramène vers le milieu
les pensées, l'existence
J'ai saisi ma chance
le diable par la queue
inventer l'unité
Et ce n'était pas ça
mais plutôt la même chose
un sens tout différent
Mais l'interdépendance
des notions fluctuantes
belles métamorphoses
ensembles et mouvements
Oh! le vide se remplit
comme un fil se dévide
j'aime voir cette folie
vacuitaire et languide.
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Jeu Interdit
Veux la mort du je
en nourrir des carcasses d'oiseaux
qu'il fonde en fumier, en quelconque terreau
veux sa disparition au profit du sens commun
et du Beau
hola! Enorme mon je! Qu'il
crève.
C'est pas tout d'avoir une grande gueule
des boutons d'ssus, un peu de répartie
une queue des yeux plus ou moins ronds, un coeur
une porte en bas; c'est pas tout non.
Pour l'humanité ça suffit, certes
mais pour titiller cette idée du Vrai
du juste là, en plein d'dans
incisives plantées dans le bout de gras clignotant
Graal et compagnie
parler de sang bien pur
s'adresser aux gens qui ont des coudes serrés
crains qu'il n'en faille plus.
Veux la mort du je!
Pieça! désormais, dorénavant maintenant
navrant
et les organes reproducteurs planent dans le soleil matinal
cette pute aussi
les assassins de masse, téléguidés
les clodos
un philosophe, un bouddha
tous le veulent aussi
sans ça, crois qu'on est si bien
si léger
flatulence champagnée
absorption de la moëlle par les environs
horizon scintillant
chant nuptial de la nature et du vent
correspondance lacrymale des cheveux et du sol indépendant
waouuuuuu, prends en plein les mirettes
C'te vieille tête devrait parvenir à une telle
dissociation.
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Oui, voilà.
Alors voilà, tout est là
c'est un peu pesant au laser des visions
s'il faut le dire encore
avec des échardes dans la voix
face à tous les morts rieurs
s'il faut montrer du doigt
bien que ce soit impoli
comme un diamant trop brut
vulgaire même
aussi
on prendra nos responsabilités criminelles
pour se lancer dans l'océan interdit
quitte à se bouffer la vague
en pleines gencives
c'est antiseptique
et prometteur
Ah, se noyer dans la chaleur glacée
des courants changeants qui mènent au lointain
le tourbillon
la roche au tréfond
que l'on devine depuis la surface sans mot
tout cela est fascinant
à y perdre l'inconsciente raison
Alors, oui, tout est là
c'est sûr
on nous l'a dit depuis le début
nos mains à tâton
le bout de la langue inflammé
si on dessinait dans la nuit sur les cailloux
avec notre bave, babille, malade
Ou bien jouer aux billes
sans règle évidemment
le désir de vie nous ment
c'est pour ça qu'il faut dormir
un peu
absoudre les paupières
se changer en poudre
un jour dans le vent.
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Résumé de collision
Aaaaaah! Ombilique Somptuosité!
je ravale mon Nerval
sur la façade pleine de sang
d'un Maldoror alangui
On parle, on parle, on parle
y'a de l'alcool aussi
pour imbiber nos mots si banals
donner du coeur aux choses informes qui viennent comme ça.
Je sens que ma pensée s'abîme
est-elle faite pour ça?
la conquête d'une surbrillance débile
ou la moulinade vérité?
Lui, il saigne la nuit
depuis ses yeux vairs
les trucs qui encombrent son existence
Moi, non.
Ca vient quand le jour se crève à faire sourdre
les scories nouvelles issues d'hier
en une toute nouvelle poudre.
Enfin bon c'est pareil, on se tue à tout dire.
Et patati et patata
et moi par-ci et moi par-là
et le moustachu déraisonnable n'était pas nazi
et le juif hollandais avait presque tout prédit
de l'Homme, de sa nature idiote
et puis Schopy avait peur;
petit passage par le tonneau
par la bouteille également
c'est qu'un verre, comme un vers, ça tend à se finir
Satan fit un détour d'une seconde poser sa question perfide
moi je dis -"la mort, c'est la perfection de la vie,
je ne transige pas avec ça, demmerdez-vous".
L'idée fait débat.
Ma nana, la The Nana, de bouclettes serpentaires,
d'un charme de campagne aux aurores,
n'est pas tout à fait d'accord sur tout
mais de toutes façons, elle a le plus souvent raison
elle, je l'emmerde parce que la beauté, l'intellect
ça fait pas tout
et puis faut se détacher un peu, sinon autant atteindre de suite sa
perfection,
bordel!
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Insensé
Je baignais dans le liquide amniotique
la bouche pleine, torsadée
de piques et de fer forgé
je fus expulsé par un choc anaphylactique
Le monde
le roulis du souffle spatial
les échos en gifles sur nos ossements
la contamination
tout cela en cadeau
La parole
donnée au chien intérieur
lever la jambe pour désaouler
il ne m'a manqué que...
L'essentiel
l'essence du ciel
D'autres ont tout eu! Grand mal leur en a fait
subir des vertes
et des immatures
des plantes poussées depuis la voûte plantaire
jusqu'à décharner la nappe blanche
qui recouvre le coeur du système
Le toucher
m'a montré que
ben oui
cet object infini, rugueux comme l'amour d'un père
apprend que la vie est toute
petite,
en comparaison bien sûr.
L'oreille aux murs
les otites
enseignent que les choix esthétiques
sont souvent douloureux
même si il y a de douces musiques
Il y a des artistes complets
ainsi que des tortures très raffinées.
Le nez
nom de dieu!
ça ça vaut le coup
pour le vin
les devins
les creux, espaces flottants dans la matière
qui se dévide
odorifère
et puis elle hameçonne les souvenirs
même que parfois
ils n'ont pas eu lieu
Alors pour parachever
reste le goût de la cerise
des temps qui nous passent sous le nez
en laissant une saveur
à s'en faire des paracha.