Chroniques acides et amours incontrôlables. Nouvelles, poésies, roman
Regrettable attentat
J'ai encore buté ma Muse
alors que son chant diffuse
des notes qui m'espacent
comme le feu les molécules de glace
ce chant s'éteindra c'est à prévoir
comme on libère les condamnés
tôt ou tard
on ne coupe plus de tête cette année
Chut! j'écoute en vain les harmoniques
du couteau qui rouille en dedans
les inscriptions sont sataniques
et ce chant obsédant
Lyrisme à découvert
faut s'écorcher pour trouver la petite bête
ou se gratter la trop grosse tête
où grouillent les vers de sons vivants
Mais enfin bon, j'ai fait tilter ma Muse
au bal c'est extra
elle me regardait comme ça ne se doit pas
avec l'iris en cornée -Muse!
ô toi qui entends la magie
qui transperces les ouïes
des affinités mortelles enfouies
où se cherche l'horrible musique?
où se trouve l'or mou des essences?
là où l'on crève des absences?
au pays creux du silence?
Muse, pardon pour ce ténébreux déclic
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Présentation
Je ne suis pas vraiment quelqu'un de bien
d'ailleurs
je ne suis pas vraiment quelqu'un
rien ne me distingue du néant
un contour peut-être?
un sexe parfois gourd
un mal de tête me prouve de temps en temps
que je suis bien vivant
ça n'est pas assez, je sais
le chuchotis du vent à mon oreille
la souffrante solitude d'un quidam sur le trottoir
un coup de fil rasoir
ou quand je tousse au reveil
ce sont des indices. Ca doit être des indices,
non?
cogito ergoto agrum, grum, grum
des fois remonte le souvenir d'amours trop lisses
Est-ce une preuve?
sinon, je pisse
ou je fais peau neuve
sous des vêtements achetés cher
-rapport aux regards qui vont s'y poser.
Heu... Un compte en banque
c'est une appartenance concrète à notre siècle?
non, mais les douleurs dorsales, il parait.
Des fois les morts me parlent!
(mais ça ne veut rien dire)
je ne suis pas seul quand je respire.
je n'ai aucun secret, c'est inquiètant ça?
le monde s'affaisse comme un flan
en un coulis quasi liquide
comme un Dali sordide
et en plus je trouve ça plaisant.
Je cherche, je cherche, pour être sûr!
sur le drap rose de ma coexistence
je vois un trou, en-dessous, une fissure
j'approche mon doigt de la Vérité, mais j'm'en balance
Donc je suis bien humain
mais pas quelqu'un de bien.
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Quotidien
Je fume je fume
des pages entières
j'oblitère ma valeur ajoutée
et dehors, je m'enrhume
Y'a des meufs
qui ont bien conscience de leur oeuf
et moi de ma bite
notre histoire est écrite
Je bois, je bois
pour rouiller les anneaux
qu'ils éclatent en petits morceaux
en rouges émois
Y'a des mecs
gentils, ça me débecte
de les voir
avec leurs petits espoirs
Je baise, je fais du sport, des mots-fléchés
j'exorbite mes yeux doux pour dompter mon clavier
pour justifier mes repas, j'écris
n'importe quoi, je justifie.
Faut danser aussi, pour la reproduction
des pas enseignés
pour se faire mal aux pieds
la douleur atteste de notre condition.
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Chant de nuisance
je veux m'effacer, m'enfoncer dans la plus petite faille
vaille que vaille
disparaitre en plein derrière ce que je ne peux saisir
ah si je pouvais en mourir
ce n'est ni beau ni utile
ni glorieux ni même difficile
c'est juste un rêve au matin
de se reveiller fiché en son sein
je crois que c'est au coeur de l'espace
l'interstice que masque la surface
je crois que ce noir intervalle
ni ne suce ni n'avale
on a parlé des Gestes épiques
disséqué les sybillines épigrammes
glosé sur l'Art du Tragique
et trempé nos mains dans les flammes
est ce qu'il y a une chance
d'échapper aux échecs appelants
est-ce qu'avec un peu de talent
on peut mentir comme on pense?
je veux me glisser dans ta faille
craquer le dernier souffle
comme on se bouffe
pour taire la langue qui braille
avenir vicié des métalliques aurores
qui cinglent l'organique
je rejette tous tes antalgiques
j'exalte ce souvenir qui me tord
est ce que les morts se taisent?
y'a t il un sordide espoir de baise?
de reproduction derrière un parpaing?
avec un cadavre ça doit être bien.
On voit les formes parfois avant qu'elles fuient
des coalescences improbables
dans les équilibres instables
les couleurs noires du diable
j'aime ce chant muet qui me nuit.
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Capillarité
Faut avoir conscience de la mort
parait que ça rend plus humain
la perception de ce qui nous dévore
en aiguise plus d'un
sens
plus d'un
geste
plus d'un
pas de danse
plus d'un
poème boursouflé
plus d'un
manifeste
plus d'un
mot ourleté
Nous étions enfant
nos cheveux conspiraient
contre l'avenir, la boîte au front
mais on s'est bien marré
mais si.
Nous étions si petits
qu'on nageait dans les pigments
des postillons prospectifs
de nos parents
mais les tifs
nous poussaient insidieusement
à rejoindre l'autre monde
même si les boucles blondes
même si les tifs
ça pousse au calvaire
logiquement
quand ils touchent terre.
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ah, gare...
Gare à la myocardite
à l'enflement final et subit
petit homme, petite femme
gare à l'effondrement depuis l'éclat initial
gare aux étoiles qui s'entre-dévorent
à la fascination pour le mal
à la mise en place du drame
gare aux échanges météors
danser c'est pas méchant
dans les couloirs sans écho
entre les dents restent des mots
"mademoiselle, vous me plaisiez tant"
On ne croit en rien
hors les battements de cils
le feulement du papier au matin
à la victoire et au trépas d'Achille
gare à moi, gare à toi
gare aux ouvertures mal finies
par lesquelles pénètre la sortie
gare au final type cinéma
gare à la mort, gare à la vie
gare aux gares sans train
aux regards dans les miroirs sans tain
gloire à tout ce qui est infini.