Chroniques acides et amours incontrôlables. Nouvelles, poésies, roman
Nous ne parlions presque plus
trop de voyages, trop de voyages
de l'âme à l'âme, on a tout vu
l'appartement prenait de l'âge
et tu connaissais tous mes mots
les pointus, les drôles, les grisâtres
le temps avait fait son boulot :
nous écoutions craquer les plâtres
je me demande où est l'erreur
quelque chose me brûle et me broie
comme quand tes yeux se percent et pleurent
et qu'il me semble haïr la joie
je prends ma tête entre mes mains
ton univers de mille rivières
de bleue noirceur au ciel éteint
me big bang dans toutes les artères
qu'est-ce qui peut bien venir après ?
je vois. des sandwichs, quelques cuites
je pourrais vomir à mes pieds
là, maintenant, et sans limites
qu'est-ce qui peut bien venir après ?
ma bouche se déforme en silence
la vie s'en fout, la vie se tait
et ce dimanche avance, avance.