Chroniques acides et amours incontrôlables. Nouvelles, poésies, roman
Un feu orange dévore la silhouette
terriblement géométrique
des toits coiffant l'horizon
la nuit nous a déserté. retour au front.
"je ne peux pas m'aimer" me disent
les yeux gonflés d'une vague connaissance.
assis, buvant son café au bar
il est figé dans le cristal bleu du matin.
je le comprends. je passe et vais
commander mes croissants.
la boulangère appartient à une autre race
son tapis roulant nous prend et nous efface
je marche un peu des poux
aggripés à des mèches de fer
pondent des oeufs luminescents
d'étranges espèces s'affairent
entre rage et mélancolie
entre ignorance et parti-pris
les animaux courent dans le feu
qui les rattrape peu à peu
et l'incendie nous prend
à peine le temps de s'interroger
pourquoi tout va si vite
la chair se décompose dans le vent
ce feu orange dévore les squelettes
horriblement humains
sur les rues jonchées de coeurs bousillés
sur les rues bientôt lavées
"je ne peux pas m'aimer" me disaient
les yeux d'une vague connaissance
comment ne pas
lui donner raison...