Chroniques acides et amours incontrôlables. Nouvelles, poésies, roman
Nous en sommes ici, dans cet ailleurs
greffé de kilomètres d'acier
gercé au soleil
percé de monticules
au sol coloré
dessein ridicule
de montrer un chemin
Je les suis moi aussi
ces lignes
parallèles des destins
mais où mènent-elles?
en tous cas, peu en reviennent
de cet ailleurs flottant dans l'acier
ils ont bien voulu y aller
loin de la naissance
arpenter les terres solides
reliées entre elles
par des droites parallèles
parcourues de bolides
Oh mais heureusement parfois
la nuit se jette
sur nous qui en sommes ici
et les lignes se perdent
Alors il reste du temps
des heures au compte-goutte et l'encre noire efface
ces quelques doutes qui nous glacent
quand jaillissent au matin des lumières fabuleuses
Les horribles traces qui nous trainent
au loin des lignes, des dessins, des phosphènes
où il vaudrait bien mieux
pour une fois fermer les yeux.