Chroniques acides et amours incontrôlables. Nouvelles, poésies, roman
Qu'est-ce que l'amour vient faire là-dedans
et la Beauté? quel intéret?
je me dévore les lèvres avec cette question sans fondement
je tricote des fils de soie, de Lui
des horreurs rejetées par la nuit
qui font fuir les chats
mais les chats sont peureux
qu'est-ce que TU viens faire la dedans?
tu te poses la question
comme tu poses un pot et tournes autour
ma langue pâle poursuit tes atours
et plonge parfois au creux de ta raison
de tes petits riens
frémissants comme frémissent tes reins
trapèzes à étudier
des géométries d'opale à encercler
est-ce que l'intellect a sa place?
Je n'aime pas les réponses
je ne considère que les non-dits
pas besoin des mots qui engoncent
des phrases qui se prélassent
un sourire est un parti-pris
nous avons tout eu, le reste -à venir ou non-
est un château de plumes, une ivresse de chanson
nous avons à nous taire, un peu
à contempler ce spectacle des jours naissants
des couleurs ordinaires
de la simple esthétique
du feulement de l'air;
de la vie en pratique
gicle à l'intérieur le sang joyeux
je te vois tu sais, quand je glisse mes doigts dans le vent.
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La colère d'Achille au soleil couchant
pour toi, je polis ma colère
droite, obèse et digne,
aux proportions épiques
mon mépris orienté
rectiligne
un jet de javelot dans ton ventre
mes baisers fanés
et malsains quand tu tournes le dos
ma haine douce
fichée en ton centre
je garde et je polis
ces métaux
crispés
qui rouillent doucement
comme des balles oubliées
dans nos carcasses de palabres
et, depuis ce temps
tu es face
au vide
mes métamorphoses te dépassent
en longues ombres exagérées
tu es le vent
je suis fantasmagorie
projetée, refletée,
insaisissables l'un et l'autre
inexistants
incapables de se rencontrer
ce n'est pas ta faute
c'est moléculaire
on avait l'air d'y pouvoir quelque chose
métamorphoses des marbres blancs
en poussières synthétiques
l'huile et l'eau
l'ombre et le vent
le serpent et le démon
chimères aux crocs d'oiseaux
la vertu n'unit rien
le sang sèche sans bruit, sans doute
comme se dépèche un soleil de minuit.
le souvenir n'est pas si doux
pas si caressant, pas si troublant
mais nous sommes fous.
je te tue lentement.
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Anna t'aime
Trop sauvage pour toi
tu n'as su voir voir mon élégance
tu jouais encore
petite fille
avec les sentiments de ton papa.
Tu danses dans ton pauvre décor,
Tristement.
Petite fille c'est trop tard
tu as grandi
dans ton tutu de soie
à demi nue désormais
seuls tes attributs
préservés de mes yeux satyrs
On s'est collés
le temps d'une danse
obsédante
pour une transe antique
qui n'avait pas de fin
toute une nuit durant
hypnotique
puis l'aurore a percé
les voiles sont tombés,
Horreur...
Petite fille sans plus de destin
tes doigts si fins
déchirent d'inexistants rideaux
j'applaudis
la performance
sans tristesse ni remord
je conserve mes injures
mes sortilèges entrevus
à l'époque du possible
J'applaudis la performance
Néron était adepte de la déchéance
vive le feu, vive la mort
c'est beau de croire
que Roma brûle un soir
encore.
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Daphné
Daphné tu fuis portée par un vent d'autan
tu as fui, il était temps
pourchassée par mes insanités
et mes yeux quadruples de vanité
Ces liens-là, de soie, de toi et moi
ô tentacules, ô ombilics, ô nos lois défraîchies
ce que tu en sais, c'est peu, mais tu t'alanguis
du ventre, de la cervelle en émoi
Daphné, mes ordures enchâssées de cristal
murmures au son parfois banal
réfutés par tes yeux tournés vers rien, ou le sol
ou l'Enfer,
ou la folle torture passée
t'encerclent désormais
que tu le saches ou non
que tu croies au Vrai, au Beau
que je mente ou que tu simules
un éclat bleu dans l'oeil
les désirs en cercueil
ballotés dans l'air de jadis
que tu voies
les calligraphies à tes paupières
les météores d'Apophis
que tu sentes
ta peau sèche ou molle
perforée
recollée
que tu sois comme moi
ou l'Autre
à moi, ou morte
que tu fusses ou non
une sylphide, un démon,
fille de l'eau ou du vent
tu n'ignores plus maintenant
...
Tu n'ignores plus maintenant.
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Ce n'est ni ton âme
ni ta peau que je veux
ni tes regards de biche constipée
l'envie d'exalter ton désir m'est étranger
je veux un drame
et tes sentiments liquoreux
répandus sur le sol
de mon dégoût pour toi
si je t'aime
tu es perdue pour la vie, pour la mort
pour les saisons à venir
et même pour tes souvenirs vaseux
Ce n'est pas toi que je veux
ni ton corps de sylphide évanouie
ni même tes pensées
je veux ton nombril
que tes dents crissent avec passion
voir le grésil recouvrir tes limbes
et nourrir ta langue immobile;
te chanter une chanson
pendant que tu appelleras le trépas de tes voeux
ah oui
je t'ai désirée
y compris dans nos jeux putrides
entre mes stances fétides
nos amusement de sales gosses trop gatés par les dons
ah oui,
c'est bien vrai.
Que veux tu aujourd'hui?
c'est en tous cas
le dernier né des cadets de mes soucis
si tu respires encore
lorsque je viendrai à te croiser
dans les entrelacs de nos météores
ne jette pas de regard sur moi
ne t'afflige pas de nous avoir ratés
contemple seulement les erreurs
érigées en statues
les mains tendues
et sectionne-les.
Ce n'est plus toi que je veux
ni ta voix de crème létale
sirupeuse comme le plus doux poison
je veux tes mâchoires écartelées
par ces mots qui restent fichés entre tes dents
attirés par tes larmes qui ne viendront jamais
je n'attends plus tes alarmes
aucun geste
rien de réél
tu es l'ombre d'un rêve projeté
sur l'abrupte falaise
de mon mépris pour l'humanité
et encore, je suis gentil.
je ne veux plus caresser ton cadavre
ni les exhalaisons ultimes de ce que tu n'as su dire
de ces privations morbides et libidineuses
bloquées dans tes mâchoires,
ce havre de silence
que je fusille de mes doigts sans ongle.
Reste loin de moi.
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Sale petite pupe
Elles étaient folles
ces étoiles molles
ces étoffes de cinéma
qui volètent autour de toi
des esquisses du bout des doigts
pour se montrer combien
nous sommes magiciens
le regard planté tout droit
Ce fut enivrant n'est ce pas?
Il y avait la pluie fine
qui mouchetait nos chairs électriques
le souffle de l'abime
et ce désir anorgasmique
dans les méandres sulfureux
de nos effleurements de pulpe
on se disait -on y croyait à nos jeux:
"tu ne peux pas me toucher"
Petite pupe
quand vas tu t'envoler
dans un fatras de taffetas
dans un bruissement de jambes
sortir de ta gangue
qui déjà se désagrège
oh mais tu sais, j'ai mes sortilèges
aussi
ces mots interdits qui te font peur
la certitude du pire
et du meilleur
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Elles n'ont pas d'ailes
et pourtant elles volent comme la poussière
dans le monde irréel
des tourbillons enivrants et souvent insincères
que je plaque
au sol
le temps d'un instant
pour y planter mes ongles et mes dents
si je mords ce sable opaque
c'est que je mange du vent humide, de l'air âcre
et des globes occulaires
parfois leurs cuisses se dessinent sans manquer de grâce
sur le parterre collant
qui rebondit de musiques agressives ou bien fadasses
un autre leur trouve aussi du charmant
il a un sexe
si si
à immiscer entre les sphères qui ne luisent pas
entre les coupoles pas du tout célestes
qui élliptisent selon un axe tordu et plat
jolie mécanique des astres
il a ses chances le pitre
comme moi, si si
je fume derrière la vitre
-"ouah c'est sympa ici"
-"je me prends aussi pour un musicophilien"
Ha! ce truc soudain c'est trop bien, ça ne se manque pas!
il faut y courir car on est pas là
pour croupir
Mais la Terre a subi des assauts, des souillures
des glaviots, du sucre spermatique
il y a comme une pesenteur qui rend statique
et puis la Mort rigole, désinvolte et sûre.
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Oedipe-la mon grand
Elle était mon oreille, mes yeux
ma saveur âcre et rebelle
sorcière putride
mère infanticide
je n'aimais qu'elle et moi
elle était aussi mon estomac
le chemin soyeux dans la nuit
les arbres tordus
toutes sensations
alpha-omega, le mielleux et le pus
le centre de mon visage lui appartenait
je crois que j'étais heureux
personne n'avait raison
tout le monde ment
elle, toujours sincère
toujours délètère
a posé mes doigts sur sa poésie fertile et mortelle
je ne l'ai aimée qu'une nuit,
qu'une vie
tout le temps d'un sortilège honni
d'une cabale contre l'en vie
son jus nourrit mieux que le suc des dieux
elle endort, fine et subtile comme la brume
ses phrases claires au crépuscule de mon coeur
sifflaient comme les sirènes dans l'écume
mon écume, mon malheur
ce n'était pas très sérieux
je l'ai prise à la gorge
je l'ai étouffée scrupuleusement
en pensant à Vous,
criant qu'on ne peut aimer 'cela'
ce viol de la colonne
je l'ai butée
écrasée
soufflée hors de mon arbre
je me suis réveillé
serein, dangereux
passionné
elle a fui sans pleurer au matin
sans demander ni son reste, ni ma main.