Chroniques acides et amours incontrôlables. Nouvelles, poésies, roman
Il y a des herbes sèches et des plantes
étalées dans la poussière et les marques grasses
du temps qui passe
c'est le jardin d'intérieur que tu as fait pour le vieux chat
il déambule dans sa petite cellule
un soleil de verroterie, presque glacé,
machinal comme un regard las,
rampe en frissonnant jusqu'à nous
cette chambre n'a rien d'un tombeau
mais je contemple ton gisant
cuisse blanche sur l'écume des draps
tes lèvres hors de l'eau des rêves
c'est l'heure où la ville calme encore
les pulsations furieuses
c'est l'heure où je n'ai rien perdu,
où j'adore ton cul mon café à la main
le chat s'allonge
dans son jardin factice
des portes claquent
le soleil se hisse
"PUTAIN !! PUTAIN !!"
un orage de voitures
des murmures dans la rue
"PUTAIN !! PUTAIN !!"
petits talons, facteur & mobylettes
"PUTAIN !! PUTAIN !!"
je n'imagine pas ce qui met ce mec dans cet état
je sais seulement que le chaos sort toujours gagnant
(il manque quelque chose, non ?
et j'aimerais tant
le déposer là
à tes pieds)