Chroniques acides et amours incontrôlables. Nouvelles, poésies, roman
Les voix coulent
se mélangent en eaux troubles
cliquètent tintent et roulent
imaginons que c'est de la musique
l'opéra de la rue est un beau bordel
que couve au balcon l'oeil de la plus belle
de la plus vieille
son oeil est taché, usé, mais vif encore d'un éclat d'autres mondes.
"Ne te lasses-tu jamais de voir et revoir ces mêmes scènes ?
les villes changent
les antennes sur les toits disparaissent
les modes vestimentaires suivent des cycles et des variations
mais la violence sans grâce
mais les cris sans âme
mais la mélasse
mais les os dans le caniveau
LES GENS SONT TOUJOURS LES MEMES
coeur d'horrible fractale"
je préfère parfois offrir mon silence au monde
comme ça, entre vous, sans mépris sans mitraillette dans le regard
entre amour et venin
je coule aussi
me mélange et roule
entre amour et venin
nous sommes tous comme ça, horriblement identiques
entre amour et venin
dans le ciel calciné
l'étrange lune se tait,
stoïque.