Chroniques acides et amours incontrôlables. Nouvelles, poésies, roman
J'ai été l'hiver et la tempête
le suicide à l'arrêt sur la falaise
le murmure salé de la mer
Orphée revenant seul des enfers
et aux dernières heures de la fête
je n'étais qu'un léger malaise
le monde était horriblement là
décliné à tout horizon,
cru et flasque, le soleil amer
les bouches pleines de sang et de fer
j'ai voulu aimer comme au cinéma
en écrasant du talon ma raison
vous, la tombe et l'enfance
les dieux pourrissants et l'herbe verte
lécher des lèvres la misère
j'ai cru aux flashs crépusculaires
à l'abandon dans la démence
et que nous sommes faits pour la perte
J'ai été l'hiver et la tempête
l'épouvantail nu dans la plaine
jetant au vent des éclats de chair
ce fut beau parfois, dans un éclair
sur la toile, mon pinceau funeste
a dessiné le grand A de la haine