Chroniques acides et amours incontrôlables. Nouvelles, poésies, roman
Je ne sais plus, tu sais, qui je suis
mon être s'étale dans l'air
passé présent à venir
je suis né dans une rue oubliée depuis
parmi des carcasses broyées
de vieilles guenilles de poète
des professeurs désespérés
par les sourires analphabètes
Je ne sais plus, tu sais, qui je suis
le merveilleux brûle ma chair
d'ici, de là et d'ailleurs
je crains que tu crames aussi
dans mes couloirs sempiternels
où parfois j'ose dire je t'aime
quand je crois voir un bout du ciel
où je te nomme mon théorème
Je ne sais plus, tu sais, qui nous sommes
abreuvés de beautés acides
quand nous marchons dans les musées
d'Avignon, d'Athènes ou de Rome
Je ne sais plus, tu sais, qui nous sommes
pourtant la vie est là qui ronfle
entre les dents d'un lendemain
tout baveux de succès informes
Je ne sais plus, tu sais, qui je suis
quand le soleil rampe à nos pieds
et que ton regard s'alvéole
d'autant de cristaux que la nuit
je ne sais plus, tu sais, qui nous sommes
je ne sais plus, tu sais, qui je suis
ce sont peut-être les symptômes
de la plus belle des agonies.