Chroniques acides et amours incontrôlables. Nouvelles, poésies, roman
qui vous roulent tous dessus
je suis l'amour du plus petit virus
pour le plus grand organisme
je suis le sel
je suis la vision de la plaie la nuit
sous le faisceau luminescent d'un réverbère
je suis la dent de lait cassée
par un songe matériel au matin
quand les monstres fuient par dessous la porte et qu'à la fenêtre scintille un monde
dans sa concrétude
je suis maman éplorée, papa violent
je suis le rire des idiots sur leur yacht de location
en rade de Toulon et dont le ponton crache des vocables harmonizés
à polluer des décharges de jeunes gens gominés
je suis la poudre de la philosophie
répandue par les cheminées de la Shoah
je suis le soleil éteint qui givre la calotte des glaciers
je suis la maladie qui nous tient
par la peau du cul
je suis le dentier constellé d'algues pantelantes dans la bouche d'une vielle
femme blessée, revancharde
je suis la mythologie grippe-sous
le daltonien affamé qui observe la lune-roquefort pourrissant parmi les astres
je suis le jaune brûlant,
décadent, du désespoir, de la solitude,
le nerval noir et psychotique de l'océan peau de chagrin
la marée qui rampe en-dessous
l'absence masticatrice
le sang incertain, la guerre victorieuse et sans conquête
je suis le souffle abscons
je suis tout comme vous,
je suis l'humanité.