Chroniques acides et amours incontrôlables. Nouvelles, poésies, roman
Ce n'est rien de grave
ce n'est que le dernier combat
dans les dernières terres percées de veines de sang
ultime demeure derrière les narcisses fanés
piétinés et humiliés
le ciel y est noueux, tombe offerte aux étoiles
la Beauté gratte des doigts morts
le rebord de la plaque tectonique dont les assauts
comme un souvenir de violent coït
ressassent une promesse lézardée dans le passé
C'est un lieu béni par la hantise
l'idée de la perfection est pourriture vivante
la forme est pourriture vivante
combien la vie est lugubre!
Ce n'est rien de grave
ce n'est que le dernier combat
pour la musique épique
il y a des mouches foisonnantes et lascives
écloses des cadavres-mondes, véritables tapis de fleurs
que lèche l'horizon incertain
l'amour est ici vert foncé, vaguement luisant dans l'imagerie
mais au moins, il existe!
il faudrait être stupide pour ne pas comprendre une fois arrivé là
que des mains d'acier se crisperont au dedans des poitrines
Dans ce lieu qui est une nuit de marbre
un labyrinthe grimpe en longeant les vertèbres
et s'épanouit comme un coup de fusil
dans ce lieu, tu es perdu, tu es total
Ce n'est rien de grave
ce n'est que le dernier combat
bien sûr, l'air qu'on y respire est toxique
et le désir dégouline en horribles lambeaux grotesques
une fois que j'y ai mis les pieds
tout souvenir de femmes s'est écarté de moi
l'ensemble de la mécanique puissante s'est désintégré
comme le vampire du rêve tombe en poussière au sourire de l'aube
et la nourriture a un goût trop connu
seul le vin tient encore le choc
Et ce sont magie et mouvement, larmes d'électricité
ombre de licorne au flanc planté de banderilles
ce sont partout, des bras au bout desquels il n'y a rien
cette terre brûlante boit une vague d'effroi
Si vous passez par là-bas
rappelez-vous que ce n'est rien de grave
ce n'est que le dernier combat.