Chroniques acides et amours incontrôlables. Nouvelles, poésies, roman
hier non plus
tu n'étais pas là.
il n'était question que de baises possibles
de trous à l'âme
l'une voulait lécher la moule de sa kiné
l'autre plonger de nouveau sur la queue de son ex
une autre, se faire le pizzaïolo, mais depuis la fenêtre
(des fois que de près il soit moins beau)
un homosexuel mâle pressait ses tétons pour nous prouver
que du lait peut en sortir
(ce qui est un phénomène dépendant de la procréation)
les pizzas ont mis longtemps à se pointer
et pendant tout ce temps
le sexe suintait sur les parois
des foufounes grimpaient aux murs
des bites couraient après
et un chat me sautait dessus.
notre terrain de jeu est si limité
je crains que seule la musique échappe à ces règles-là
en imposant les siennes
la poésie, la littérature, cherchent encore dans les mots
une copulation possible.
un type "tirait les cartes"
alors j'ai voulu savoir si ça te faisait marrer
que mon sang tourne et tourne pour les mots que tu n'as pas voulu écrire
et les cartes ont répondu :
- il est mort, ce mec.
tout le monde me paraissait fou, et débile
d'un coup, la pluie est venue frapper la ville
et je pensais "si même les morts ne se marrent plus
c'est que le sérieux a remporté la partie."
une fille a voulu rentrer avec moi
un genre de sirène
avec des yeux comme les poissons que dessinent les enfants
mais je ne voulais pas baiser.
tu vois, j'abandonne la poésie
au beau milieu de l'orage et de la nuit
d'autres la ramasseront
peut-être.