Chroniques acides et amours incontrôlables. Nouvelles, poésies, roman
Et je me lève à 11h27
jour de rien, tout est arrêté
et les déplacements et le chant de la ville
dans un grand silence opéra
une avalanche est suspendue sur les toits
il pleut timidement sur les gens abîmés
Dieu est dans la télévision
le dimanche a ses propres lois
Et je chasse des instants
des nuances infimes
la machine atroce est en révision
furie sonore étouffée
quelque chose crépite encore, faiblement
comme le coeur d'un vieux disque vinyle
tout le reste s'est tu, mystique
le septième s'offre un faux néant
Et j'observe le balancement
imperceptible des anges
qui crèvent doucement au bas des rues dévitalisées
une horloge poussive éponge le temps
à midi, une nuit est passée
puis un bleu sale amorphe a traversé l'espace
qu'un moineau minuscule occupait
saint esprit des antennes archaïques
Et...
à peine un volet grince
à peine un vivant murmure
chaque homme en son tombeau entend cette expansion
de broutille
le cri de la corneille, étrange star du vide
à 15h50 ; bientôt
les morts s'endormiront sans émettre un seul son
Je ne peux m'empêcher de poser la question :
où gonfle le chaos qui rugira demain ?