Chroniques acides et amours incontrôlables. Nouvelles, poésies, roman
Nous, ensemble, ici et là-bas
séparés par nos cils, mâchoires fermées de nos yeux
quand on ne voit que ça, ces phosphènes de consciences
en nous l'interminable errance
on peut toujours se rassurer
en se rappelant qu'on nous vend pour bientôt
la toute fin de l'humanité
toi, ta soeur, ton coiffeur et mon épicier
ce type qui rôde au bas de la rue
nous aurions pu, nous aurions pu
mais non, ça ne s'est pas passé
nous, ensemble, ici et là-bas
souvenons-nous quand il n'y avait qu'un continent
il était si fréquent de se toucher
on me parle d'agrafes imperceptibles
plus légères que l'air
pour tout rabibocher
un autre continent sous-jacent
aujourd'hui, je m'y suis promenené
et j'ai ressenti, c'est vrai, interne et nette
la multitude ici et là-bas
quel dommage, cette histoire de fin de cycle
on était si près
on était si près, de se reconstituer
à coup d'agrafes, une gueule présentable
pour l'humanité
pour le siècle
quel dommage...