Chroniques acides et amours incontrôlables. Nouvelles, poésies, roman
Litanie de l'éloignement
Loin de moi la perfection
la beauté destructrice
qui fanent les yeux en avançant
loin de moi mes frères
l'amour et tous les tremblements
Je serai comme nous tous
cercueil alvéloaire
connecté en vain
sur le vin de la terre
et ses disparitions
Loin de moi le lointain
les pleurs rampants
les portes dimensionnelles
les inutiles réincarnations
loin de moi le futur et son salut
Nous sommes chez dieu la vipère
au venin patriarcal
de foutre ambassadeur
sur nos guerres viscérales
nous habitons chez la peur
Loin de moi la consubstantialité
le bonheur advenu
craché depuis le plafond
qui s'effondre de sentiments
du masochiste parvenu
Nous sommes dans la science
nous sommes dans le savoir
nous sortons de la conscience
nous sortons de nos dépotoirs
et moi je m'y complais.
(A la A.A)
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Epître aux survivants
Dieu, démons, stars de télé-réalité
caniches nains mal découpés
vous êtes meilleurs que nous
copulez, croissez et multipliez
dans le lit de notre jalouse indifférence
sperme vitrifié
mer de pus et tsunami de charogne galopante
je trace au sol des absurdités invisibles
ésotériques pour me protéger du réel
des dieux, démons, stars de télé-réalité et caniches nains
je ne suis pas si différent, je n'en ai pas envie
les cadavres en fuite essayent de retrouver les origines
d'une religion complètement débile
ooooohhhhhh mais si! le paradis est là
sous nos yeux écrasés,
il est là, éclipsé par des considérations anthropomorphiques
il est là, millimétré
il est là, immense dans le fond d'un vieux corps palpitant et ivre
il est là, nullissime et insipide
paradis, bonheur, raison ultime, justification
maelström de rien
en pales viandardes d'hélicoptère vissé au sol
l'enfer? bullshit de poète, bullshit de prêtre, de guignol
non non, c'est bien le paradis des
dieux, démons, stars de télé-réalité et caniches nains
et c'est bien ça le DRAME
que l'enfer n'existe pas et qu'un autre paradis soit inimaginable
les nuages s'enfoncent dans la tragédie qu'il faut bien décrire:
épaisse comme un sexe de baleine
rugueuse et tapissée d'ergots
avec des petits Graals à la base pour recueillir le sang
de nos danses hystériques
je chante, je chante, aussi bien qu'un pot d'échappement
ô vapeurs criardes et étouffantes
ô pollution verbeuse
ô machination bigleuse
je préfère encore jouir sur des femmes inexistantes
sur les dieux, démons, stars de télé-réalité et caniches nains;
dans les poèmes ça nous fera des hybrides.
Au bout de ce long tunnel viscéral: rien rien rien
plus de caniches nains, plus de stars, plus de dieux
juste notre futur blanc comme le paradis pâle de nos songes interrompus
pas de désespoir, pas de langage vrai
un peu de sensualité et de feuilles de salade pour la digestion
arrosés d'une vinaigrette champagne aux reflets de bitume sous la pluie
aux reflets de nos regards envieux de merveilles
nos regards pluriels
aux cils cristallisés
sous un ciel banal
masque d'algorithmes indéchiffrables
de mouvements cachés
si beaux, si parfaits
dans un vide trompeur
et enivrant.