Chroniques acides et amours incontrôlables. Nouvelles, poésies, roman
Pas de poésie, pas de poésie, pas de poésie
une nuit sur la ville
pardon mais je ne sais pas parler, on m'a tout pris ou j'ai tout donné
je regarde un unique rouage, un unique nuage capé de rouge
une tête d'épingle brillante
que ça dans le ciel
que ça
et le noir mourant, envahi de jour lointain
tombé de l'espace, pour bientôt
je ne sais pas ce que ce jour donnera
peut-être une angoisse
Pas de poésie, pas de poésie, pas de poésie
une matinée viendra s'échouer sur nos solitudes
belle brune salope laissée
à d'autres
à d'autres la poésie et la matinée échouée dans le lointain tout près
dieu donne-moi, donne-nous tout ce qu'on ne peut aller chercher
une nuit sur la ville
une nuit sans lendemain abandonné
une nuit salope en talons pour épingler le ciel
donne-nous de la solitude en couleur
un anxiolytique
Pas de poésie, pas de poésie, pas de poésie
c'est encore la nuit sur la ville
une nuit bleu-ciel pour autant que je m'en rappelle
les gens crèvent après des songes précieux étouffés
dieu donne-nous
une longue respiration au matin
une salope échouée qui t'appelle étalon
dans le noir mourant
dans la nuit qui s'efface
pour infliger encore un jour à la ville
peut-être un des derniers
Mais dieu n'existe pas et il nous laisse
la poésie, la poésie
des jours et des nuits
des matinées échouées
et des pains au chocolat.