Chroniques acides et amours incontrôlables. Nouvelles, poésies, roman
Confrontation
Toujours pas d'océan sous ces orbites
est-ce la débâcle des émotions?
Pourtant dans la rue ces pavés pas carrés
des visages mal foutus
Une périgrination lourde de serpent alcoolique
quelques flics pour veiller sur nous
J'entends bien des notes de piano; tout n'est pas moche
loin de là! dans mes tripes gélifiées, ça remue
Un peu qu'on peut y voir de quoi emporter
les voiles outrées du désir d'au-delà
Ailleurs que dans la baise
de la perfection incarnée, malaise
Et je vois, encore
et me déssèche
Petit à petit ce vent embarque
des notions sur un navire empire
Je crois qu'en fait
je n'ai rien à vous dire de crucial
C'est foutu pour nous
les sortilèges à nous emboîter la machine sous des fils phosphorescents
Putain! mes amours...
je n'ai pas obtenu EXACTEMENT ce pouvoir...
La recherche n'est pas vaine
gratter la lune de ses ongles sales
Elle est pas vaine
elle est juste très éloignée de l'idéal.
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Petite déception
J'ai été dehors
liesse entourloupée
un sacré confiteor
ou j'ai tout loupé
à ça
Comme j'en ai voulu
au monde
de ne pas être là
quand j'ai passé ma gueule
à travers
Ma mère non plus
n'a rien compris
charivari
et poil au cul
des pervers
Pourtant c'est chaud
les lignes des réverbères
greffés au sol
géométrie, univers
précieux
Je vois pas pourquoi
ça ne suffit pas
inadapté
calamiteux absolu
absent
Ma rage
aux dents, peut-être
mais quand les astres
plastronnent
pas vilain
Eau, terre, feu
parois roses
mouillées
passage facile
et puis: rien
Comme j'en ai voulu
au monde
de ne pas être là.
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En nuit
Sans nuit
le pauvre, pauvre petit
qui gît
dans son jeu fielleux
à encenser le vide
toujours gras et plein
comme dans cette nuit
les formes stupides
accrochées en vain
au film qui s'enfuit
Mais c'est
la nuit, l'oeuvre
de la pieuvre
essaie
d'excreter le fluide
sur mon tissu engin
inutile ennui
et je suis flaccide
autant que le malin
qui brille et me nuit
Or gane
me palpite, pépite
mon crâne
agite pour rien
d'autres calamités
inconnues et sèches
kalinité revêche
mon chat est un chien
mon noir un blanc
mon tout, néant.
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Spiritu sancti
Blablabla
force et mouvement
féroce illusion
salvatrice
de rien
dieu parle
c'est bien le seul
il se branle sur Nous
qui avons les mains tendues
déchirant notre petit corps flasque
de cette tension vers l'infini
trompeur comme un dentiste
et qui fait du bien
comme un dentiste
parfois
la vie se manifeste
même devant le supermarché
sur nos papilles
aux confins de nos pensées grotesques
des lianes et linéaments
arborescentes, foutresque
théorie des cordes
la clodote dit un truc pas con
un saumon savoureux supure de gras
le Tout vient nous ensemencer
quelqu'un nous trouve
sympa
Jésus
a crevé pour nous
son destin grandiose
Achille vécut son apothéose
et les peuples se conchient, sûrement qu'au fond
ils aiment ça
(pourtant je ne crois pas trop en l'Amour).
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Rugueux contraste
En rapport
aux fleurs qui puent
Sans effort
ce monde tue
et autant
les détritus
dans le vent
crachent un jus
Comparons
les mimosas, le blé et les rhododendrons
le cèdre et le chardon à cent volubilis
catharsis
Dans l'air pie
des sacs plastiques géants, des capotes mal nouées
et cartons anoblis, et cellophanes troués
sois ravi!
En rapport
aux quelques hics
un trésor
de symbolique
oui, creusons
aux fleurs fangeuses
un béton
de mort rageuse.
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Sonnet irrégulier sans rime (et débile)
J'ai bu mon imperfection
scabreuse et striée du suif gluant
de ma race de champions, c'est beurk
suée de cent mille maquerelles
jetées là par capt'ain Kirk
sous l'espace mystérieusement
si parfait alors que nous, poubelle
on trouvera bien un recyclage
un camion ordure comète
aérophage, un golem de pus
pour pourrir les races supérieures
peut-être que je bois trop
aux fêtes inutiles et indues,
dans la glace brille un étrange ailleurs.