Chroniques acides et amours incontrôlables. Nouvelles, poésies, roman
Une nuit
Les choses sont mortes dans un gargouillement
intestinal; le soir impose son linceul.
Repas nécrophage, détrituvore, zombi
chomp chomp chomp chomp chomp chomp, un chien mange une main.
J'ai prêté des sentiments à la charpie
la voyant s'apesantir sur le monde éteint
il n'était pas tard, mais les choses étaient mortes.
La ville accouchait d'un grand cimetière.
Les ombres inertes vaquaient en entrechocs
lugubres et piaillaient leur folie noctambule
sur les boyaux salis semblant à des ridules
la nuit, la nuit, crépi-tait en éléctrochocs.
Et puis, le dernier râle à l'heure du grand rien
la brume descendit sur le suaire urbain.
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Noir océan
La lune se balançait dans le ciel
comme un doute
et la nuit prenait en otage
nos envies, les nuages
épris de rouge
et des rouages des voyages sans retour
Sur les toits nimbés de vagues
la lupuline léchait la voûte
jusqu'aux aubes cristallines
traversées de zinc et de soleil sodium
Enfoncés dans les vitrines
entre les étoiles fouettées par le vent
nous crûmmes entendre comme un chant:
une fuite, un appel à la déroute.