Chroniques acides et amours incontrôlables. Nouvelles, poésies, roman
Béton imbibé de solitude
nous voyons les toits trempés filer lentement
dans l'entre-deux mondes opaque
l'opale a terni et lape les rues
il n'y a plus d'existence
pas un fantôme ne glisse ici-bas
quelques cristaux se disloquent
et crépitent au fond du silence
Ecoute, écoute ce vide étouffé
c'est là qu'il faut tendre les mains
retrouver les formes perdues
et danser dans l'ambre qui vient
nous voilà presque nus, isolés par les ombres
où quelque chose remue
fiché dans un verrou
nous voici presque fous parmi tous nos décombres
La ville éponge nos dettes
tout ce qu'on doit au ciel
nous sommes à la fenêtre
où s'écoulent des lueurs fanées
un souffle léger va et vient
comme un balancement dans le fracas du temps
nous nous serrons l'un contre l'autre
en face, un mur muet entend tous nos murmures.