Chroniques acides et amours incontrôlables. Nouvelles, poésies, roman
Je suis assailli de poèmes horribles.
Des suçoirs s'abouchent à mon membre
et comme un mixer, broient la substance
en un jus épais, taché de bestioles qui grouillent de leur propre existence
appellerez-vous cela "Poésie"? certains s'y risquent.
je n'ai rien contre vous, nous nous ressemblons tant
petits filaments
organiques et putrides, vivacités échappés de l'orgie de mes pensées
un soleil boîteux
des nuages qui se désagrègent
d'une lente pénétration tentaculaire
empesée d'un souffle dislocateur
au sol un pigeon écrasé
à la télé le commentaire lumineux et simple
d'une fine plume ciselant les coutumes d'un peuple lointain
le maquillage outrancier d'une vielle à l'arrêt du bus
ma bite priapique hier matin
le cul noirci d'une masochiste
la danse de l'étoile aspirée ou bien la
conscience trou de verre aux flux hypothétiques
quoi que ce soit
quoi qui se passe autour
au-dedans: pet, bourdonnement, gargouillis
je suis sujet au fourmillement d'horribles
poèmes.
Ce trou
luisant
magma
roteur
m'empeste le cinoche interne
il faut que j'exhale, que j'expule, que j'exprime
ce zoo gesticulateur,
mon corps lui appartient,
vous appartient, tortionnaires
de mon besoin viscéral d'aimer
la multitude
et d'être
dévoré par elle.