Overblog Tous les blogs Top blogs Littérature, BD & Poésie
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU

Chroniques acides et amours incontrôlables. Nouvelles, poésies, roman

Publicité

Sous peine d'en avoir

 

 

  Au fond du verre à pied, les paroles ont cristallisé
avant d'être bues
petit lait vitriol
j'arrose mes détritus d'un espoir critique
enchâssé dans une cérémonie redite, et redite

  Communions dans l'esprit des temps foireux
face-à-face avec nos idoles hirsutes
vendues comme des petits pains bénis
par nos Américains
anciens maîtres de monde
qui n'ont laissé qu'une trace hertzienne, pas même numérique

  Au fond du verre à pied, nos paroles ont perdu toute métrique
après qu'on les a lues
petit lait vitriol des poètes enfouis sous le sable de l'incompréhension
arrosons nos ordures, ensemble, cultivons
notre regard cynique
encroûté dans notre cellulose flaccide

  Chantons, car nous sommes ivrognes
enivrés de ziklon Bizarre
bizarre ce qu'on a appris à l'école
à l'école du "par coeur", où il est clair que notre race est pourrie
jusqu'à l'os
des plus anciens aux futurs
prions qu'on enseigne toujours les saloperies, au moins!

  Au fond du verre, l'évidence flétrie, pas de quoi pleurer cependant
la lumière des ampoules économiques produit quelques avatars
prismatiques, avec ça
et quelques Chinois, on sauvera un bout de la planète
c'est pas si bête pour
deux ou trois enfants difformes

  Apprenons-leur combien nous fûmes lâches
accrocs au bonheur, à la mode qui meurt aussitôt
combien nous nous laissons infliger de moratoires
par incapacité à lever les bras

  N'oublions pas les Egyptiens esclavagistes, les Grecs barbares, les latins
voluptueux, les Croisades diffamatoires et inquisitrices, les Incas
hémoglobineux

  Et levons le coude à nos poursuivants
qui déshydrateront nos souvenirs glorieux

  Sic.

____________________________________________________

 

 

  Sixième point de suture

 

  (VI)

  Jamais
je n'ai cru que derrière le mur verdâtre de ma possible identité
se trouvait le sentier arboré de la communication
vers l'au-delà
est-ce un crime?

  Nous pouvons être les bourreaux
au courroux dévastateur
celui qui découpe les matières vivantes sises face à notre amour
cette possibilité n'est pas de celles à écarter
après la constatation de notre impuissance
qui sait ce qu'il restera de la fabuleuse humanité

  Demain
je serai meilleur
j'aurai fait mes 70 pompes
écrit une ode à la gloire de tout ce que je ne vois pas
demain
je serai humain

  Mais
cette nuit est unique
dedans mes alvéoles,
des choses à ne pas voir réclament leurs droits de l'homme
une lame me fait de l'oeil
la lumière s'y prélasse
cette dualité ne doit pas être un cercueil

  Débattons
de la substance ondoyante sous le derme
ce souffle crétin et bondissant
qui enveloppe le peu qui nous reste
c'est à hurler
n'hurlons pas

  Enfin!
L'esprit contestable hoquette
quand il se regarde
la chair hagarde

  Et pourtant
cette inflexion de notre atrocité
s'ingénie à démontrer l'amour, son existence
le dieu qui s'accorde à briller
dans nos souterrains puants

  Mais voilà
mais voilà
l'obscurité est écrasée sous le poids intense
d'une promesse
crédible comme le jour.

 

______________________________________________

 

 

  Loterire


  Moi, j'ai tout eu
les dons, l'intelligence, une force, la beauté
les Muses sur mon berceau ont bien ricané
peut-être avaient-elle bu

  Sentier de chagrins sincères
les pleurs d'une mère
des tas de jouets, une cour de récré à envahir
l'Amérique scintillante à découvrir

  Des adjectifs en cascade;
existence vraiment sympa
j'ai aussi hérité d'un solide palais de déglutition
une amitié avec le whisky

  De bons génies m'ont confié quelques secrets de réussite
des tours de passe-passe

  Qu'en ai-je fait?
un ramassis fantasmagorique
des cosmogonies étriquées
c'est un peu pathétique, je vous l'accorde.

  Dans l'arène, je revêts une armure de Héros
leurs armes sont incroyablement lourdes
les ennemis minuscules
pour les empaler
c'est ridicule

  Peut-être n'y a-t-il pas d'ennemis
pas plus d'arène non plus
que de beurre au cul
des fistules

  Je ne peux donc rien conquérir?
Et dire
que j'ai tout eu
les Muses se sont bien foutues de ma gueule.

Publicité
Retour à l'accueil
Partager cet article
Repost0
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article
N
<br /> Re. Mon digitus a fourché: je voulais mettre "bousculée", mais en fait, bascule, c'est pas mal. J'ai l'impression d'être une funambule. Un désespoir ancien, voire natif auquel s'ajoute un profond<br /> pessimisme actuel, est contrebalancé par une joie profonde que j'ai appris à cultiver, qui me donne un grand sentiment de liberté, qui m'empêche de sombrer dans je ne sais quelle déprime ou folie -<br /> de lucidité aussi qui, c'est vrai n'arrange pas les choses. Bref, je ne me sens pas capable d'écrire là dessus. Mais j'apprécie qu'on le fasse, et bien. Bonne journée.<br /> <br /> <br />
Répondre
I
<br /> <br /> je m'étais douté, mais "basculée" ça sonnait très bien! J'aime bien aussi quand l'écriture permet de partager des choses pas reluisantes... à bientot<br /> <br /> <br /> <br />
N
<br /> Salut. J'aime tes textes désespérés. En même temps ils me basculent par leur lucidité sans complaisance.<br /> <br /> <br />
Répondre
I
<br /> <br /> Sourire, j'espère ne pas avoir le désespoir trop communicatif (en fait, je mens là... rire)!<br /> <br /> <br /> <br />