Chroniques acides et amours incontrôlables. Nouvelles, poésies, roman
C'était mon temps, la plus belle époque
nous vivions dans le sable et l'acier
les notes de Satie trempaient mes éveils baroques
je dévorais des empires entiers
de mélancolies, de mécaniques absolues
d'émotions et de techniques
certains attendaient l'iPhone 5
d'autres la libération de la Lybie
C'était mon temps, la plus belle époque
en attendant la révolution cybernétique
l'amour huilait mes os.
C'était mon temps que je voyais filer
comme un joli bas de femme
mes yeux remontaient, lubriques
jusqu'à l'essence, le temps X primordial
C'était mon temps j'en guettais la césure
la bifurcation des forces
des langues à deux bouts
corps et esprit
contact
quand le plafond de nos têtes s'éclaire de rose et de violet
quand les monstres ont du style
quand les routes deviennent des boyaux fantastiques
C'était mon temps, la plus belle époque
nous la vivions ensemble.
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C'est ainsi que les hommes vivent
Je me suis longtemps interrogé
sur la poésie
sur l'orgasme des femmes
sur l'astrophysique
sur la manière de réaliser une amortie parfaite au tennis
Une nuit qu'il devait faire chaud
et que mes congénères pourrissaient patiemment
la mort me questionna
et j'eus soudain très, très froid.
Il parait que la mort c'est comme une tarte aux fraises,
mais quand il n'y en a plus.
Aujourd'hui il m'arrive de "faire" de la poésie
de faire jouir des femmes
l'astrophysique reste la plus belle part de mystère
je réussis quelques amorties
et j'aime toujours autant les tartes aux fraises.
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Scénette de 11h00
Sur le bitume encore tiède
l'eau ondule et traine
toutes les odeurs et les ordures
les danses et les pensées de la veille
Un soleil glacé fond et goutte au derrière des nuages
Je suis moi un petit individu
spectateur, je ne sais pas, je ne sais plus
ce que j'ai fait hier
je regarde l'eau qui ondule et se traine
Ma conseillère Anpe vient de m'appeler
et de m'engueuler
je me suis retenu d'être méchant car elle n'y est pour rien
si l'eau entraine mes forces et mes pensées au loin.