Chroniques acides et amours incontrôlables. Nouvelles, poésies, roman
Je suis la poésie
nulle
"je" n'existe pas
roulement de nous
introduction
c'est une petite fille qui fait chialer son père
agonisant après le travail
oh la la "je" sais pas
trop d'émotion en "vous"
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Labora et invenies
C'est un poème qui a tué la vie,
qui l'a supplantée
les levers de soleil déroulent un rideau blanc
les vents esquivent toute forme
la pluie est devenue silencieuse
et la nuit n'héberge plus rien.
Il l'avait écrit par amour,
sans penser à mal
et le mal était advenu
comme l'étoile absinthe tombée du ciel
avait pollué les eaux des mers et des rivières,
les licornes avaient perdu leur corne.
C'est un poème qui a tué la vie
le sang est devenu pâle et froid,
les portes s'ouvrirent sur le vide.
Il l'avait écrit par amour
son petit poème lumineux
et le monde se changea en ombre.
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Janis et les yeux noirs sans mer
J'ai vu une fille aux yeux noirs
nous ne sommes pas allés à la mer
mais Janis chantait dans un amour en cage
sa folle électricité
et brûlait l'eau de nos peaux
sombre regard brillant
quand nous avons glissé sur le trottoir
je n'étais plus whisky
tu étais la fille aux yeux noirs
chair intensité
quelques braillards
chimères des sables
aux yeux noirs
ô béton affalé sous le figuier
lune perchée
absolue
c'était ça, le hasard
c'était ça, pulpe et promesses
entendre ces souvenirs matinaux rejaillis
de Janis revenue pour une heure
avant de me fusiller dans tes yeux noirs
de goûter aux murs
planté dans tes pupilles
jusqu'à ce que la nuit nous dévore
qu'on en demande encore
du sel, de l'écume perlée aux paupières
et pourtant
nous ne sommes même pas allés
à la mer.
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Presque plus de lumière
tuiles pissent et dansent
devant d'inutiles réverbères
poussière des eaux qui se balance
note le vide entre les piques
c'est assez frissonnant, non?
prends les silences entre les mots
les absences au couteau
Presque plus de lumière
aube verte apocalypse
chevaux pluie de gypse
galop touille la terre
je suis protégé par la musique
avec Dieu derrière ma vitre
à contempler les rivières mystiques
le monde effondré à notre pupitre
Presque plus de lumière
alors qu'il est si tard ce matin
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Nous rejoindrons nos frères les anges
dans un silence gothique
abandonnant nos envies humaines, lassées
l'hypothétique bonheur de se baigner dans la fange
D'ici-là, je vais pas vous mentir
même les cachets ne calment pas mes angoisses
de ne pas être dans votre bouche
de passer au travers d'un regard
Les forces vont et viennent comme un sexe
comme la mer envahit et se retire
et ce qu'elle laisse parfois...
des déchets opaques sur le sable...