Chroniques acides et amours incontrôlables. Nouvelles, poésies, roman
Je suis nul très souvent, extrait de mes draps sales,
avec la queue trop raide, mes cheveux de clochard,
sans me sentir vivant, paumé dans le hasard
de mes pensées si laides face au monde idéal
Café, ordinateur, et le contact lointain
de la vie engourdie défile sur mes yeux
je suis même étranger à mon corps fastidieux
quelque chos' dans la vie, quelque chos' me retient
Protégé de l'espoir par la lucidité
comme un bagnard en taule est soustrait à la ville
je prends mon déjeuner dans cet étrange asile
où l'horrible soleil m'inflige sa beauté
Il y a le savoir, Google, Wikipédia,
un fatras moderne pour reboucher les trous,
d'anciennes méthodes lorsque le sexe bout;
et le jour décline sur des lueurs sépia.
Le soir ! le soir enfin me crache à la fenêtre
son lavis rassurant ; et ma saloperie,
sans jamais s'oublier, se détend, assoupie
dans la grâce nocturne et demain va renaître.