Libérez Ma-doff! Libérez Ma-doff! Ho je sais par cette revendication combien je vais choquer d'ovins hystériques bêlants de haine dans le troupeau de la vindicte, laquelle vindicte est directement téléguidée par de lumineux experts, les mêmes que ceux qui couraient il y a encore peu après les rendements exeptionnels proposés par Bernard Madoff. Alors tant pis si la singularité de mes positions m'aliène la sympathie de la masse des panurgistes, déjà bien aliénée elle aussi. Libérez Ma-doff!
Et il y a deux bonnes raisons à cela, dont chaque est suffisante seule. Primo: c'est un Robin des Bois qui vole aux très riches afin d'enrayer la pauvreté, la sienne, d'accord, mais si tout le monde faisait comme lui... Secundo: Madoff n'est pas plus un escroc que n'importe quel Etat, et particulièrement l'Etat Français, mais je vais m'expliquer.
Un beau jour de Septembre Deux mille huit, car les sales histoires prennent toujours pour origine un jour sup- -posément beau, c'est pour le contraste, un beau jour de Septembre Deux mille huit donc, la vue fut rendue aux analystes financiers américains. Alors qu'il s'éclataient jusque là comme des bossus aveugles et hilares dans les vastes cathédrales de l'insouciance spéculative en s'échangeant des titres plus pourris que le royaume d'Angleterre, les uns après les autres, pris d'une subite pandémie de vertu, décidèrent que ce n'était plus possible de continuer comme cela. Et hop.
Il n'en fallait pas plus pour précipiter la planète dans un grabuge pas imaginable. Partout à la télé surgissent des tronches de six pieds de long qui nous racontent le nez dans les chaussures comment c'est possible de pas voir deux couilles de diplodocus flotter dans un potage. Ce fut l'avènement des couilledediplodocussologues à rebours.
Ils expliquaient ces gens, comment l'enfant sauvage du capitalisme, la spéculation galopante, s'était laissée emporter par sa folie: une obsession boulimique de croissance exponentielle dopée par des méchants beaucoup moins scrupuleux que nous autres, les gentils français pas mercantiles pour un sou. La recherche du profit à tous crins serait le moteur de le ruine. Mais, l'objectif d'un profit personnel n'est-il pas le Graal du capitalisme? Je n'étais pas preum's de ma classe en économie, mais tout de même, faudrait voir à pas trop nous prendre pour du canard laqué d'élevage.
Quel est le crime au fond de cet ancien maître-nageur, dont la ressemblance avec Droopy n'aura échappé à personne? Comment passer en quelques jours du statut d'icône intouchable, de grand timonier de l'investissement à qui l'on aurait donné, sans confession, les derniers centimes de sa vieille maman, à celui, plus médiatique mais moins enviable, de charogne du siècle obligée de déformer ses chemises à huit mille dollars avec des gilets-par-balles pour rester en vie? Comme disait Icare, "plus dure sera la chute".
L'année 1882 fut une année exécrable pour le bordeau, à cause de ce satané mildiou, qui est à la vigne ce que la droite sarkoziste est à la culture: à savoir son prédateur naturel. Elle fut en revanche propice à la musique, au théâtre et aux militaires espagnols. Stravinsky y poussa son premier soupir, Giraudoux nacquit hors de la Grèce Antique, et Franco qui ne s'appelait pas encore Franco, y songeait déjà. Or, tous ces grands noms venus au monde cette même année ne sont rien dans leur discipline respective par rapport à ce que fut Charles Ponzie pour le capitalisme encore juvénile du XIXè siècle.
En réalité, Ponzie, pourtant industrieux, n'inventa ni les pyramides, ni le fil à couper le beurre, ni même l'eau chaude, que le Britanniques conservaient jalousement à l'abri dans un thermos de thé volé aux Hollandais trois-cents ans plus tôt. Non, l'immigré Italien se contenta de reproduire une escroquerie improvisée à la hâte par un ancien patron à lui, mis en déroute par de fumeux investissements. Là réside tout son génie.
Déshabiller Pierre pour habiller Paul, parole injustement attribuée à l'enfant Jésus supposément troublé devant ses playmobils, alors qu'elle est de Mickaël Jackson courant après sa plaie mobile, fut le leitmotiv du jeune Charles Ponzie, leitmotiv qui le rendit pharaoniquement riche en six mois à peine.
L'escroquerie pyramidale, qui procède d'une fuite en avant dans le remboursement des investisseurs afin de payer les premiers grace à l'arrivée des derniers était née, testée, et approuvée.
Bon, mais ce système est délictueux, donc, me direz-vous, pourquoi exiger une telle clémence pour Madoff, qui en plus d'être un bandit, n'est qu'un plagiaire dénué de génie?
L'absence de génie n'est, hélas, pas un chef d'inculpation retenu par les tribunaux, qu'ils soient Américains, ou même Français.
Et quand on se penche un tout petit peu sur le mode de fonctionnement des échanges financiers de part le monde, de la gestion économique véritable des flux monétaires, de ce que se vendent et s'échangent les sociètés en titres, en warrent et autres obligations, et plus particulièrement comment font les états comme la France pour rembourser leur dette en empruntant à d'autres, on en vient à se dire que le système capitalistique dans son ensemble, est une gigantesque pyramide de Ponzie à l'échelle planétaire.
C'est pourquoi je réclame, en premier, la libération immédiate et sans condition de Bernie Madoff que je verrais bien au ministère des finances, et en second lieu, le prix nobel d'économie, à titre posthume, pour Charles Ponzie dont le schémas dit de la pyramide est le modèle d'investissement le plus répandu au monde, et pour la raison que rien de neuf n'a été inventé depuis.
Il y a dans cet article prétentieux au moins deux plagiats et un trait de génie, à vous de découvrir lesquels. Merci pour eux.