Chroniques acides et amours incontrôlables. Nouvelles, poésies, roman
ôôôôôôôô mécréants de toutes les confessions sérieuses, en ce jour du Seigneur, je veux amener la sainte parole jusqu'à vos indignes tympans:
In nomine Patris, et Fili, et Spiritus Sancti, aaAAameeeeeeeeeeeen.
Introibo ad altare Dei.
Ad Deum qui laetificat iuventutem meam.
Mes bien chères soeurs, mes bien chers frères, je veux ici parler d'un phénomène que nous connaissons tous, et qui n'est peut-être pas si éloigné que ça de l'extase mystique, à savoir: le syndrome post-coïtal.
Oui, qui n'a pas, à la suite de langoureux et térébrants mouvements de nos anatomies apposées, éprouvé cet abattement sourd et surgit du néant visqueux dans lequel nous plongent les sombres instants post-orgasmiques?
Encore eut-il fallu que j'eusse un orgasme me répond, acerbe, ma concierge Croate, qui use et surabuse de l'imparfait du subjonctif, dans le but évident de me corrompre.
Les enfants n'ayant rien à foutre ici, abattez-les, ou faites-les régresser jusqu'à l'état embryonnaire du stade gastrula, dernier avatar de leur perfection perdue. Si le courage ou la méthode vous manquent, je ne saurais que trop vous recommander de les expédier à la paroisse la plus proche où ils découvriront qu'Opus Dei rime avec touche-pipi.
Sùscipe, sancte Pater, omnipotens aeterne Deus, hanc immaculatam hostiam,...
Pourquoi hostie sans tâche d'ailleurs? Mais je m'égare, comme la brebis du troupeau des fidèles.
La "petite Mort", oui, on appelle ça comme ça. Ce qui me pousse à rugir, lorsque sabre au clair, je lance l'assaut final: "tiens, garce, voilà tes saints-sacrements!".
Je pourrais dire "gars", mais je préfère "garce", allez savoir pourquoi. Et après ce rude et néanmoins voluptueux ébat, qui nous laisse transpirants d'émotions, après l'acme de nos vibrionantes symbioses animales, vient l'épilogue durant lequel je suis souvent hagard, comme englué dans un purgatoire, et asséché de l'intérieur; je n'ai plus nulle volonté.
Santa madona de la felizitad (c'est ma femme), elle, essaie souvent d'accrocher un quatrième ou un cinquième trophée à son tableau de chasse, avant de s'effondrer à son tour dans une ultime crispation de ses chairs.
Je lis au mur et dans l'air d'obscures prophéties, des vers impurs que je contemple et qui m'absorbent comme un bouddhiste se donne à la vacuité. Bref, je suis out. C'est le syndrôme post-coïtal. Et là, je vous préviens mesdames, il faut pas me faire chier! Je mords! Et avec moins d'à-propos que tantôt! C'est surtout que je me méfie, je sais bien que la femme, plus perfide qu'Albion, en profite à ce moment-là pour nous faire croquer dans la pomme.
Ite, missa est, Deo gratias.