Il convient ici de faire toute sa place à un mot splendide qui ne s'utilise qu'au beau milieu d'une tragédie:
-L'épithalame, nm.
L'épithalame est beau, c'est une chose que l'on ne peut contester sans s'attirer au minimum mon inimitié, et au maximum quelques coups de pied au derche.
Avant de se faire latiniser, le mot enchantait déjà les mariages grecs. Les amis des convolants y composaient d'émouvants chants nuptiaux en l'honneur des nouveaux mariés.
D'après mon dico étymologique, le mot est devenu rare à la suite de l'abandon du genre. Je ne sais pas bien si le genre en question est la poésie en particulier ou le mariage en général.
Toujours est-il que l'épithalame recèle -et en toute légalité- une mélodie interne touchante, une musicalité de miel à mes oreilles et si je ne me retenais, nul doute que j'en chialerais; mais je suis pas une gonzesse.
Pour ce qui est des cris de joie poussés lors de la promulgation d'un divorce, il s'agit-là d'un cri de joie qui ne porte aucun nom particulier.
Voilà pour l'épithalame, qu'il s'envole comme s'envolent les belles paroles.
J'ai beau lire et relire le bon ouvrage de ce cher Professeur Rollin, qui vient au secours des mots en danger (ce qui fait de votre serviteur le plagiaire d'une autre célébrité), et à la stupéfaction de mes yeux estomaqués, je n'y trouve aucune ligne sur "pénultième", ce qui est tellement injuste que je ne saurais trouver de repos sans vous en avoir touché quelques mots.
-Pénultième: adjectif formé du latin paene: " presque" et ultimus: "dernier", ceci n'importe quel dico le confirmera.
Pénultième signifie donc: avant-dernier. S'il vous vient comme à moi, le désir fréquent d'ésbaudir votre auditoire d'un mot rare, je vous recommande tout spécialement: "antépénultième". Voilà de quoi montrer qu'on est ni le dernier, ni l'avant-dernier, ni même l'avant-avant dernier des crétins.
Mais ce mot est très très rare. Ainsi, il n'a plus été employé depuis un sms célèbre envoyé d'un président bonsaï à sa pomponette: "Tu es la pénultième des catins, mais si tu reviens, j'annule tout."