Chroniques acides et amours incontrôlables. Nouvelles, poésies, roman
Hasards ambulatoires
Petit truc accroché
sur notre inconvenance
tous les pas allumés
dans la joie de l'errance
de but en but et de but en blanc
chaque trottoir défloré
chaque bonjour foré
de la main tirée du flanc
nous mène impatients
d'un autre côté
d'un axiome exaltant
où le soleil est tombé
peut-être un trésor
qui nous aura nourri
et aussitôt évanoui
une pépite de remord
Oh les sourires seconde
les révélations flash
l'abrupte blonde
encouragent la marche
du petit truc accroché
à notre inconvenance
que toutes ces évanescences
poussent à trimballer...
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Pensées dépensées dans la danse
Je suis l'absurdité roulante de la nuit
mêlé à une oeuvre collective
que je ne comprends bien sûr pas
Je suis l'absurdité roulante de la nuit
florilège massacré de mauvaises intentions
au coeur de saletés qui ne peuvent pas parler
Je suis l'absurdité roulante de la nuit
fasciné par le mal et les horreurs cachées
les fonctions maladives et les retournements
dans le sexe, sous la pluie et les étoiles vomies
Je suis l'absurdité roulante de la nuit
quand nos organes jouent du pipeau
et que la mort fuit pour un temps
Et la joie du bourreau
et le chant des ancêtres
et dans le rouge océan d'un soir enchevêtré
je suis l'absurdité roulante de l'ennui
Mes amis inhumés d'un souffle horizontal
dansent les harmoniques lacrymales d'une Noire obsédante
nous dissonons jusqu'à l'éclatement
notre âme est convertie à des exploits stériles
Il y a, piano, nos rêves rampants
sur un sable étanche craché de nos yeux
et ce sable en tourbillon siffle au mieux
un doux et langoureux ensevelissement
Pourtant nous sommes des anges imbibés de bonté
dans nos regards idiots courent des éternités
mais la peur des espaces mais nos membres ballants
quand le rythme est perdu le sol devient collant
Pourtant nous sommes des anges imbibés de bonté
salis et incarnés dansant sous le divin
qui n'a encore rien dit des espoirs de demain
peut-être après tout que nous dansons pour rien
Nous roulons dans la nuit nos incongruités
nous roulons nos tissus avec peu d'élégance
scannant de-ci de-là quelques appartenances
Avec la race d'en haut débarrassée de vie
pour accepter l'idée de gueuler l'évidence
"je suis l'absurdité roulante de la nuit".
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Morosité du mannequin démodé
Je ne connais ni la chair, ni l'or
ni les espaces illimités
Ni l'amour qui remplit d'aise
notre tendance à exister
Je n'ai jamais vu la mort
rien qui sortît de la glaise
Et sur le chemin nuageux
aucun aile ne m'a transpercé
Flocons noirs de neige sale
sur ma cellulose infâme
Mille femmes contemplent
depuis la vitrine du purgatoire
Ce balancement de nos constituantes
et comment dire ces quelques amantes
Défigurées de lèvres radicales
me rappellent aux abattoirs.