Chroniques acides et amours incontrôlables. Nouvelles, poésies, roman
Pavés troubles
cuisses communes
et le fleuve Asphalte charrie des corps
indissociables
je croise des pigeons au regard humain
qui dévisagent les traits de mon âme
-vous savez, cette chose en fusion sous la falaise de peau
perméable et sans défense
les aiguilles pénètrent et coulent dans mes veines
pour y tournoyer comme une horloge folle
j'ai cent refuges pour y pourrir
le ciel étale
le discours confus des oiseaux
la vérité sortie des dents du piano
et quatre-vingt-dix-sept tombeaux en construction
Mon front s'est ouvert aux ténèbres
aux flaques sombres qui transforment le réel
vases communicants
cette mélasse de flux et reflux
a rongé les sourires aux balcons
ma chair fait le tour de la terre
comme un suaire navrant
Mais je ne suis pas mort !
j'aime, j'aime encore...
je sais que j'aimais
Alors, la nuit au lieu de me noyer dans le bleu obscur
je vais nager, un peu
un clope au bec
je veux croire en l'océan
aux vagues messages laissés par la lune sur l'onde
qui lâche là l'énigme en morse, éclats blanc vif
mais le sens encore me fuit et je tourne et je brasse
puis je rentre
aussi sec et idiot
alors
alors
une valse en Do dièse mineur
3mn57 où je pleure
mon océan