Chroniques acides et amours incontrôlables. Nouvelles, poésies, roman
Damnés, damnés, damnés
nous sommes damnés, pour vous, pour eux, pour nous
damnés dans le bleu
du présent si lointain
du futur déjà froid
damnés depuis l'origine du premier souffle vrai
du bout des doigts qui frotte les cellules écorchées
damnés de l'enfance et des ancêtres
damnés même pour le gel et les immolations
damnés comme un port
qui lance ses vaisseaux fantômes
damnés du souvenir
du retour des soupirs
damnés même dans la mort, dans l'impossible repos
damnés jusque dans l'harmonie des os
Nous nous sommes damnés pour voir
sentir et révéler
les griffures du vent, du temps
sur les plaines lointaines
le béton des choses
la beauté des ecchymoses dues aux caresses qui ne nous ont jamais rassasiés
Nous nous sommes damnés par espoir.